Une victoire méritée, vu la piètre performance des basketteurs français, mais totalement inespérée il y a encore une semaine alors que l’Italie sortait d’un premier tour moribond, ponctué par deux défaites contre la Slovénie et la France, son futur adversaire pour la 3e place.
Rescapée du premier tour, l’Italie a ensuite passé avec beaucoup de difficultés les écueils des barrages (86-84 contre l’Allemagne) et des quarts de finale (62-59 contre la Grèce), s’en tirant à chaque fois de justesse.
Leur présence en demi-finale avait beau relever presque du miracle, les Italiens, intrépides, ont bien failli surprendre l’Espagne qui ne les a battus que de deux points (79-81).
En course pour la médaille de bronze, synonyme de dernier billet européen pour les Jeux olympiques d’Athènes, les coéquipiers de Giacomo Galanda n’allaient pas s’arrêter en si bon chemin. Malgré l’absence de joueurs clés (Gregor Fucka, Riccardo Pittis, Carlton Myers), ils ont compensé par un mental apparemment à toute épreuve.
Grâce à ce succès, l’Italie renoue avec le podium européen qu’elle avait quitté sur la plus haute marche en 1999, enchaînant ensuite un mauvais résultat à l’Euro 2001 (9e ex aequo), suivi d’une absence au Mondial 2002.
L’ultime match de l’Euro a opposé, dans la plus pure logique sportive, les deux seules équipes invaincues depuis le début du tournoi. Avant les demi-finales, la France partageait ce privilège, avant d’être battue par les futurs champions lituaniens.
Force collective
Modèles d’efficacité offensive, ces derniers affichent à l’issue de la compétition la meilleure moyenne de points marqués (90,2 points), et, signe de la richesse de leur jeu collectif, celle du nombre de passes décisives (17,2 par match).
Si aucun Lituanien ne figure dans le top cinq des plus gros marqueurs, ce sont deux des leurs qui terminent en tête du classement des passeurs (Sarunas Jasikevicius, MVP de l’Euro) et des contreurs (Eurelijus Zukauskas).
Une force fondamentalement collective qui a fait notamment défaut aux vice-champions olympiques français, trop dépendants du seul Tony Parker, champion NBA avec les San Antonio Spurs, pour prétendre à une récompense.
À l’inverse, l’Espagne a confirmé son statut de valeur sûre du basket européen, après une médaille d’argent en 1999 et une de bronze en 2001. Avec un joueur comme Pau Gasol, meilleur en moyenne de points par match (23,8), 2e meilleur marqueur (119 points) et 3e meilleur contreur, l’avenir, en l’occurrence les JO, peut être envisagé sereinement.
Une sérénité perdue provisoirement par la Serbie-et-Monténégro, championne du monde en titre et d’Europe en 2001, seulement 6e derrière la Grèce. Déjà qualifiés pour Athènes, les Serbo-Monténégrins ont montré un pâle visage aussi bien au premier tour que pendant les phases finales. Autre déception, l’Allemagne et sa vedette NBA Dirk Nowitzki n’ont pas confirmé leur médaille de bronze du Mondial 2002, ne terminant qu’à la 9e place ex aequo.


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