« Je ne vais pas démissionner, même si j’ai le cœur lourd », a-t-il souligné.
Le président de la Commission européenne Romano Prodi, à qui l’on demandait si le pays allait maintenant perdre de l’influence au sein de l’Union européenne, a répondu: « Sans aucun doute, oui. » La fin de la campagne avait été bouleversée par le meurtre, mercredi de la ministre des Affaires étrangères Anna Lindh, fervente avocate du « oui » à la monnaie européenne.
Des sondages réalisés après sa mort indiquaient qu’un certain nombre d’électeurs étaient enclins à exprimer un vote de sympathie avantageant l’euro. Une enquête d’opinion publiée samedi avait même donné le « oui » en tête.
Mais il n’y a pas eu d’« effet Anna ». La ville où elle avait élu domicile, Nykoeping, a même voté « non » à 53,1 %.
La victoire du « non » est écrasante: seuls deux départements, Stockholm et la Scanie (extrême Sud), ont voulu abandonner la couronne.
Ces 14 points de retard pour les partisans de la monnaie unique n’avaient été avancés que par quelques sondages parmi les plus pessimistes.
« J’ai choisi de voter “non” à cause des conséquences économiques. Je crois que nous ne sommes pas encore prêts » pour la monnaie unique, estimait Mia, jeune infirmière de Boraas (Sud-Ouest). « Mais en fait, c’est très difficile pour les gens de comprendre vraiment et de décider. » Noyé par des études annonçant tout et son contraire, l’électeur suédois était souvent un peu perdu.
Le camp du « non » à l’euro a mis en relief pendant la campagne les risques qu’aurait pris une Suède plutôt bien portante à lier son destin à une zone euro en nettement moins bon état. Qu’aurait notamment pu faire le royaume en cas de crise grave après la perte du contrôle de sa politique monétaire si la Banque centrale européenne (BCE) avait estimé que son seul cas ne valait pas la peine de prendre des mesures ? Plus généralement, les arguments du « non » ont pu refléter le refus de voir la Suède s’intégrer davantage à l’Union européenne, accusée d’être trop bureaucratique, corrompue et inefficace, alors que certains partenaires tels que la France et l’Allemagne semblent bien peu enclins à tenir leurs engagements, notamment en termes d’orthodoxie budgétaire.
Argument également beaucoup repris, les adversaires de la monnaie européenne soutenaient que les prix ont passablement augmenté dans la Finlande voisine, lors du passage à l’euro en 2002. Alors que les résultats du référendum devenaient certains dimanche soir, la couronne s’est affaiblie sur les marchés des changes. Le patron des patrons suédois Goeran Tunhammar a d’ores et déjà réclamé des « mesures compensatoires rapides » du gouvernement.


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