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Du partenaire à Oslo à l’ennemi n° 1 d’Israël (photo)

Leader incontesté des Palestiniens et symbole depuis plus de 40 ans de leur lutte pour l’indépendance, Yasser Arafat est redevenu la bête noire d’Israël, dix ans après les accords d’Oslo qui l’avaient pourtant transformé en partenaire de l’État hébreu.
À 74 ans, l’ancien guérillero, élu en 1996 à une écrasante majorité président de l’Autorité palestinienne, demeure très populaire parmi les siens, comme en témoignent les manifestations de soutien à travers les Territoires après la décision « de principe » du cabinet de sécurité israélien de « se débarrasser » de lui. Ses méthodes autocratiques et la corruption qui ronge l’Autorité sont critiquées par les Palestiniens, mais toute contestation est oubliée quand le « vieux », comme l’appellent affectueusement ses proches, est dans la ligne de mire d’Israël.
Après les accords d’Oslo sur l’autonomie palestinienne, signés le 13 septembre 1993 et qui lui ont valu le prix Nobel de la paix l’année suivante, M. Arafat était devenu le partenaire du Premier ministre israélien de l’époque, le travailliste Yitzhak Rabin, dans la recherche d’un règlement négocié du conflit entre les deux peuples. Mais l’assassinat de Rabin en 1995 par un extrémiste juif, les obstacles rencontrés sur le terrain pour appliquer les accords et une série d’attentats-suicide palestiniens en Israël changent la donne.
Dès l’éclatement de la deuxième intifada, fin septembre 2000, le gouvernement israélien commence à prendre ses distances avec M. Arafat, qu’il accuse de ne rien faire pour empêcher les attentats.
Arrivé au pouvoir en mars 2001, le Premier ministre Ariel Sharon le déclare « hors jeu » et décide de ne plus traiter avec lui. Deux jours après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, il compare même M. Arafat à Oussama Ben Laden. Petit à petit, Washington s’aligne sur la position israélienne, au point que le 24 juin 2002, le président George W. Bush fait de son départ la condition sine qua non de la proclamation d’un État palestinien.
À l’exception d’un voyage d’une journée dans trois autres villes de Cisjordanie en mai 2002, M. Arafat n’a plus quitté, depuis décembre 2001, Ramallah, où il a été assiégé à deux reprises pendant de longues semaines par l’armée israélienne.
M. Arafat a démontré toute sa vie une capacité hors du commun à se sortir des situations les plus dramatiques, répétant toujours à ses interlocuteurs : « Ô montagne, le vent ne t’ébranlera pas. »
Né Mohammed Abdel Raouf Arafat al-Qoudwa al-Husseini le 4 août 1929 au Caire, il rejoint à 17 ans les groupes armés palestiniens qui luttent contre la création d’un État juif en Palestine, alors sous mandat britannique, et participe aux combats de 1947-48 entre Juifs et Arabes, puis à la guerre de 1948 qui suit la création de l’État d’Israël. Brisé par la victoire israélienne, il retourne à l’Université du Caire, où il étudie le génie civil et s’implique davantage dans les milieux politiques palestiniens.
Il part ensuite au Koweït, où il crée en 1959 le mouvement Fateh pour lutter contre Israël. En février 1969, Yasser Arafat, connu sous le nom de guerre d’Abou Ammar, est élu président du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et se fait alors connaître sur la scène internationale par son keffieh à damier et son treillis vert olive.
Après avoir été expulsé une première fois de Jordanie par les troupes du roi Hussein en 1970 puis du Liban par l’armée israélienne en 1982 au terme d’un siège long et éprouvant, son odyssée le mène en Tunisie. À la suite de son renoncement à l’option militaire et du déclenchement en 1987 de la première intifada, qu’il inspire et contrôle, Arafat opte pour des négociations avec Israël. En juillet 1994, moins d’un an après la signature des accords d’Oslo, Arafat effectue un retour triomphal dans les territoires palestiniens.
Son rêve reste cependant de retourner dans le secteur arabe de Jérusalem, annexé en 1967 par Israël, et de prier dans la mosquée al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam. Musulman sunnite, M. Arafat s’est marié en 1992 à son assistante, Souha Tawil. Une fille, Zahwa, est née de leur union.
Leader incontesté des Palestiniens et symbole depuis plus de 40 ans de leur lutte pour l’indépendance, Yasser Arafat est redevenu la bête noire d’Israël, dix ans après les accords d’Oslo qui l’avaient pourtant transformé en partenaire de l’État hébreu.À 74 ans, l’ancien guérillero, élu en 1996 à une écrasante majorité président de l’Autorité palestinienne, demeure très populaire parmi les siens, comme en témoignent les manifestations de soutien à travers les Territoires après la décision « de principe » du cabinet de sécurité israélien de « se débarrasser » de lui. Ses méthodes autocratiques et la corruption qui ronge l’Autorité sont critiquées par les Palestiniens, mais toute contestation est oubliée quand le « vieux », comme l’appellent affectueusement ses proches, est dans la ligne...