Surdoué du basket-ball à 21 ans, « TP » fils (prononcer « Tipi ») a semble-t-il de qui tenir. La presque cinquantaine élégante, Tony Parker Sr arbore une allure sportive malgré sa retraite provisoire des parquets il y a six ans.
Alors que le petit Tony tâtait de ses premiers ballons à l’âge de deux ans, son père, 48 ans aujourd’hui, avait déjà débuté sa carrière aux États-Unis puis aux Pays-Bas, où il a rencontré la mère du prodige, Pamela.
« Il a joué en High School à Chicago où il est une grande légende, raconte le capitaine de l’équipe de France. Chaque fois que je joue contre les Bulls (Chicago), on me raconte ses exploits. Il a fait quelques essais en NBA puis il est parti aux Pays-Bas où il a rencontré ma mère, puis en Belgique, avant de faire une carrière en France. » « Grand shooteur, très intelligent dans le jeu et bon défenseur selon son fils aîné », Tony Parker Sr observe en connaisseur la carrière explosive de TP, de même qu’il suit de près l’évolution de ses deux autres fils Terence (19 ans) et Pierre (17 ans), deux autres graines de star du panier.
Pilier
Si ces deux derniers affichent déjà un beau potentiel, c’est évidemment sur le plus grand que se concentre plus particulièrement son attention depuis ce jour de juin 2003 où il a remporté avec les San Antonio Spurs le titre très convoité du championnat nord-américain.
« Tout petit, je lui donnais des ballons mais je n’ai jamais pensé à cette époque qu’il arriverait là où il est aujourd’hui, estime Parker Sr. Son évolution, il la doit plus à lui-même qu’à moi. Il vit son rêve, il fait ce qu’il a envie de faire. Je suis là comme pilier, derrière lui, mais il est capable de gérer sa vie seul. »
Plus grand que son brillant rejeton, TP père a évolué au poste de deuxième arrière. Assez bien pour s’attirer les faveurs de plusieurs clubs européens, et particulièrement du nord et du nord-ouest de la France comme Denain, Gravelines, Dieppe ou Fécamp.
« J’ai fait le choix des coutumes et de l’éducation françaises que j’apprécie, se rappelle-t-il. Le choix de la France s’est fait par hasard. J’avais dû quitter la Belgique parce qu’à l’époque il n’y avait plus le droit à deux joueurs étrangers par équipe. »
Réussite
« Au début, je ne savais pas comment m’adapter à cause de la langue, avoue-t-il en français avec un léger accent américain. Mais je suis toujours prêt à relever les défis. J’ai été super bien accueilli, j’ai franchement apprécié la chaleur des gens du Nord. Le haut niveau me manquait mais j’ai fait le choix de rester en France. » Désormais résidant à Chicago avant une installation dans le Midi envisagée pour sa retraite dans quelques années, Tony Parker Sr est devenu conseiller de joueurs, qu’il cherche à aider au niveau sportif et de l’éducation, un rôle « complémentaire à celui des agents », précise-t-il.
Parmi ses protégés, son propre fils, bien sûr, dont il est assuré qu’« il ne prendra pas la grosse tête » malgré l’euphorie qui règne autour de lui depuis presque trois mois.
« Le titre NBA a changé ma vie dans le sens où je me pose plus de questions sur l’avenir de Tony, confie-t-il. J’espère que ce qu’il a fait n’est qu’une ligne dans sa carrière. Personnellement je n’ai toujours eu qu’une chose en tête, la réussite. Je veux tout gagner. » Son fils a très bien retenu la leçon.


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