Les années soixante ont vu bien des changements et bien des remises en question dans de nombreux domaines. L’impact de cette évolution sur le design et la perception de l’environnement fut spectaculaire. La notion même d’un « establishment » devint la cible favorite de ces nouveaux affranchis des pays à forte croissance économique : jeunes des villes, nouvelles classes moyennes et classes ouvrières pleines d’ambition. Il n’y avait plus de place pour la tradition paternaliste du bon goût tel que l’imposaient quelques privilégiés. Une grande partie de la population réclamait une gratification visuelle immédiate, de la nouveauté, du changement, du provisoire. Le ton était donné pour que naisse cette sensibilité visuelle qu’on a coutume de qualifier de « pop ». L’artiste pop anglais Richard Hamilton a pu dire que les ingrédients de cette esthétique nouvelle étaient : « Le populaire, le provisoire, le transformable, le bon marché, le produit de série, le sexy, le brillant et le “big business”.» La culture populaire devint le matériau d’inspiration des artistes pop qui s’intéressaient à « l’argot visuel », plein de vitalité, aux produits d’usage courant, à la bande dessinée, à l’art de la publicité, aux banalités criardes du conditionnement des produits, au clinquant des films, de la musique pop et de la télévision. L’orgie visuelle qui intriguait tant les artistes pop naissait de la rue et des médias populaires. C’était essentiellement un idiome naïf dont les inventeurs étaient, pour la plupart, d’obscurs artistes commerciaux.
Le style pop consistait à être moderne d’une façon différente mais non exclusive, d’une modernité accessible à tous, d’une modernité désinvolte, frimeuse, superficielle, qui se placardait sur les murs et dans les supermarchés, et qui donnait le sentiment de faire partie d’un fantasme collectif, fait de gadgets, de conditionnements bigarrés, de « pub » et de mode. Le design pop faisait partie intégrante de « l’American Dream », conception matérialiste de la vie qui, au début des années soixante, régnait en maître en Occident. La culture pop s’abreuva à de nombreuses sources, mais elle créa aussi ses héros d’un jour et son iconographie. La jaquette de l’album des Beatles Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967) de Peter Blake résume parfaitement l’esthétique de l’époque.
Pop-art et cinétique
Une chose était chère au cœur de bien des artistes de ces années effervescentes : parvenir à impliquer le public dans le processus de création, abolir la distance qui le séparait de l’œuvre, à faire de lui un participant à part entière. Il fallait que si le spectateur bouge, l’œuvre change. On réalisa donc des constructions tridimensionnelles au travers desquelles on pouvait passer ou des œuvres qui donnaient l’illusion de la profondeur par des ruses d’optique ou des jeux de lumière. C’est ainsi que l’on en arriva au situationnisme, à l’op-art et à l’art cinétique. Les effets hallucinants de l’op-art allaient devenir extrêmement utiles aux designers de tissus et semble-t-il de toute surface bidimensionnelle censée être « à la mode ». Ces motifs dramatiques en noir et blanc se retrouvèrent partout. En France, Victor Vasarely poursuivit cette recherche, élargissant ainsi le répertoire de l’op-art, et à leur tour, ses œuvres alimentèrent le design « dans le vent ».
Trente ans après, nous voici à nouveau demandeurs de sensations visuelles fortes. Il est vrai que la mode se nourrit de ses propres fantômes, mais il y a dans l’air comme la certitude que cette vague n’a pas fini de nous éclabousser.
Tendances
La ceinture envahit la taille
La ceinture est pour le styliste un accessoire formidable. Cette lanière qui ne devait servir, à l’origine, qu’à retenir les vêtements à la taille, est devenue un élément indispensable pour définir une ligne. Qu’on la hausse ou qu’on la baisse, elle transforme une silhouette et modifie l’esprit d’une création. Les jeunes filles des années cinquante, à qui l’on enseignait le maintien, se souviennent encore de ce chapitre sur l’élégance qui fustigeait la mode de l’entre-deux-guerres où l’on voyait les robes cintrées au niveau de la cuisse. Les bien nommées années folles avaient voulu tout déstructurer, révolutionner les normes établies, bousculer jusqu’aux principes élémentaires de l’anatomie. Une guerre plus tard, un conservatisme bon teint a voulu tout remettre en place, et d’abord, établir un B.A.-BA de l’élégance en ramenant la ceinture à la taille pour laquelle elle avait été créée. Le style Empire l’avait haussée au niveau des seins, créant des plissés en cascade inspirés des caryatides. Les grands couturiers des années trente l’avaient posée en cerceau à mi-cuisses pour mieux faire bouger la robe au rythme des premiers fox-trot. Aussi, la ceinture a connu toutes les hauteurs et ne se formalise plus des déplacements les plus incongrus.
L’hiver prochain, c’est à sa largeur que s’en prendront les maisons de couture. Elle se fera corset, armure, enserrera toute la taille jusqu’au bord de la poitrine, s’attachera avec des lanières multiples ou, à la japonaise, avec des cordons comme une ceinture de kimono. Avec des agrafes de couturière sur matières satinées, elle jouera la lingerie fétichiste pour le plus grand plaisir des amateurs. Elle permettra aussi de rentrer le ventre, de rectifier l’attitude et de gonfler les seins, mais aussi d’amplifier le haut du buste sans l’aide des hideuses épaulettes vues en 80. Madonna, porte-étendard de tous les caprices de la mode, en arborait un beau spécimen lors d’un concert récent. Mais il fut occulté par le baiser sensuel dont elle gratifia sa partenaire Britney Spears.
La bonne tête
Votre coiffeur est votre meilleur conseil. Cependant il est important de connaître les règles de base pour avoir la tête que vous aimez.
– Front haut : une frange ou une coiffure séparée sur le côté feront miracle.
– Visage carré : encadrez votre visage avec un «bob» (une coupe au carré dont les pointes sont arrondies vers l’intérieur) ou une coiffure qui s’arrondit près des lèvres ou des pommettes. Vos traits s’adouciront ! Même chose avec des cheveux longs, mais attention : séparée au centre, une longue chevelure peut facilement vieillir les traits. Pour donner des proportions plus harmonieuses à votre visage, ajoutez du volume au sommet : la forme carrée de votre visage semblera instantanément plus ovale. Évitez les franges épaisses et les coupes... au carré !
– Visage rond : privilégiez les cheveux longs ou mi-longs, qui encadrent le visage de lignes qui en minimiseront la rondeur. Privilégiez les coupes effilées, surtout si vos cheveux sont minces. Pourquoi ne pas séparer vos cheveux sur le côté ou adopter une coupe asymétrique?
– Visage long : créez des effets de volume sur les côtés de la tête et dégagez le visage avec des styles qui donnent plus de volume sur les côtés et sont lisses au sommet. Évitez les cheveux longs et préférez les coupes effilées ou dégradées qui donneront l’impression de cheveux plus épais.
– Visage en cœur : encadrez les joues et donnez plus de volume de chaque côté de la mâchoire pour équilibrer les proportions du visage.
Une semaine placée sous le signe de la mode internationale
au Biel, du 15 au 18 septembre
Beyrouth, capitale de la mode, du 15 au 18 septembre. En effet, et pour la deuxième année consécutive, en collaboration avec Unilever NAMET, la chaîne télévisée MBC, qui va se charger de retransmettre l’événement en différé, et Nathalie’s Agency, qui offre ses plus beaux mannequins, Lux Fashion World 2003 va se tenir au Biel, à Beyrouth, considérée par tous comme la capitale de la mode du monde arabe. Durant quatre soirées consécutives, de grandes marques internationales et locales feront défiler leurs dernières créations dans le cadre d’un événement qui se veut à la hauteur, sinon encore mieux que le précédent, qui eut lieu l’an passé. C’est au cours d’une conférence de presse, qui s’est également tenue au Biel, hier, qu’ont pris la parole, respectivement, Nihal el-Maly, directrice marketing de la société Unilever Mashreq, Michel Malkoun, directeur régional de MBC, et enfin Johnny Fadlallah, directeur général de Nathalie’s Agency. On a appris ainsi que deux défilés sont prévus par soir, le premier à 19h30 et le second à 21h00, avec un intermède entre les deux, un mini-défilé de bijoux et autres diamants. Que le programme sera comme suit : le 15 septembre, défilé de Khaled el-Masri, jeune créateur libanais, suivi de deux signatures internationales, Jean-Paul Gaultier et Christian Lacroix, on nous promet la présence du premier au Liban pour le show. Le 16 septembre, le couturier égyptien Hany el-Bouhairy sera suivi de la grande marque allemande Escada. Le 17, place à la Saoudienne Amina el-Jassim, qui fait défiler ses créations pour la troisième fois au Liban. Et l’on clôture la soirée en beauté avec la collection Chanel. Le quatrième soir va réunir six designers libanais, Dany Atrash, Rony Richa, Imad Karam, Camille Chamoun, David Abi Khalil et Basil Saoda. Une belle soirée en perspective placée sous le signe de la beauté, du luxe et du glamour.
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR FIFI ABOU DIB


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