Tout va être mis en œuvre pour faire de la cérémonie la « fête de toutes les fêtes ». Il y a toutefois un accroc dans le dispositif, l’arrivée inopinée de l’indésirable Stifler (Seann William Scott), le tocard de la bande de copains de Jim, misogyne, homophobe, obsédé sexuel notoire. Cette dernière caractéristique est toutefois assez largement partagée par l’ensemble des protagonistes mâles de cette nouvelle déclinaison de la franchise American Pie, qui vient de glaner 80 millions de dollars en trois semaines d’exploitation outre-Atlantique (sortie française le 15 octobre).
Réalisé par Jesse Dylan (un des fils de Bob Dylan, dont un autre rejeton, Jakob, signe une des chansons de la B.O.), American Pie 3 constitue l’archétype de ces « sequels » (suite) de films à succès que Hollywood prépare à la chaîne (Dumb ß Dumberer ; Charlie’s Angels, Full Throttle ; 2 Fast 2 Furious...). Une succession de gags régressifs qui provoqueront, selon les goûts, le rire ou la consternation. Rigoureusement interdit aux plus de 16 ans.
Changement de registre avec Le divorce (sur les écrans hexagonaux le 15 octobre) : James Ivory abandonne les brumes de l’Angleterre du 19e siècle pour le pavé mouillé des quais de Seine d’aujourd’hui. « On croit souvent que nous ne produisons que des films d’époque, déclare Ismaël Merchant, le partenaire et producteur de toujours du cinéaste américain. En vérité 50 % des films que nous avons faits ensemble en 41 ans sont des histoires modernes. »
Celle-ci se déroule à Paris. Isabel (Kate Hudson, remarquée en groupie de musiciens dans Presque Célèbre/Almost Famous de Cameron Crowe) atterrit à Paris pour tenir compagnie à sa sœur Roxeanne (Naomi Watts, la blonde héroïne de Mulholland Drive de David Lynch) qui est sur le point d’accoucher.
Le jour de son arrivée, l’inconstant Charles-Henri, le mari de Roxeanne (Melvil Poupaud), quitte le foyer pour vivre une nouvelle passion. « Drôle de Français », semble penser Isabel, californienne bon teint qui va s’efforcer de comprendre les subtilités de la « French way of life », où une discussion sur les qualités d’un fromage tombe à propos pour esquiver des sujets de conversation qu’on ne saurait aborder sous peine de gâcher la tranquillité d’un déjeuner dominical.
Partagé entre le 6e arrondissement et la campagne normande, Le divorce offre une prestigieuse distribution franco-américaine riche en seconds rôles : Glenn Close en romancière francophile, Leslie Caron en matriarche décidée à préserver les apparences, Thierry Lhermitte en séducteur quinqua cynique, Romain Duris et Melvil Poupaud comme symboles de ces Français charmants mais un peu inconséquents.... James Ivory propose quelques élégantes cartes postales sur la capitale. On pourra également voir dans son film une allégorie sur les rapports complexes qu’entretiennent depuis toujours la France et les États-Unis, le vieux monde et le nouveau continent.


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