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Caucase La campagne pour la présidentielle tchétchène s’ouvre dans un climat tendu

La campagne électorale a été officiellement ouverte hier en Tchétchénie, un mois, jour pour jour, avant la présidentielle par laquelle le Kremlin entend imposer une fin au conflit militaire qui dure depuis quatre ans dans la république caucasienne.
Témoignant d’un climat toujours plus tendu à l’approche du scrutin, la garde personnelle d’Akhmed Kadyrov, le chef de l’administration prorusse, candidat à la présidence, a pris le contrôle hier au petit jour, manu militari, de la télévision de Grozny, de la radio et des huit journaux édités dans la république, ont rapporté les médias russes.
Dans le même temps, à Moscou, le Premier ministre tchétchène, Anatoli Popov, rassurait la presse : tout se passe « sans le moindre scandale, tous les candidats se comportent avec un maximum de correction ».
La campagne étant officiellement lancée, les dix postulants au poste de président sont autorisés à afficher pancartes et slogans sur les murs et les routes d’une Tchétchénie ravagée par la guerre et dans laquelle restent mobilisés quelque 80 000 hommes des forces fédérales russes.
M. Kadyrov, 52 ans, se présente comme le grand favori, présumé avoir les faveurs du Kremlin et contrôlant les ressources financières et policières de la république. Il s’est dit certain de l’emporter dès le premier tour. « Je ne vois aucun autre candidat à part Kadyrov », a-t-il déclaré jeudi parlant de lui à la troisième personne et traitant ses adversaires de « Judas ».
Seuls deux outsiders sont en mesure de créer la surprise, surtout si le Kremlin décidait de changer son fusil d’épaule et d’abandonner l’ancien mufti : l’homme d’affaires Malik Saïdoullaïev qui a fait fortune après s’être installé à Moscou en 1992, et le député Aslambek Aslakhanov, ancien général du ministère russe de l’Intérieur, à la réputation d’intégrité.
Selon les derniers sondages, quelque 60 % d’électeurs assurent qu’ils ne voteront en aucun cas pour M. Kadyrov, très impopulaire en Tchétchénie et accusé par ses détracteurs de faire régner la terreur.
Moins de 15 % se disent prêts à voter pour lui, alors que MM. Saïdoullaïev et Aslakhanov récoltent chacun plus de 20 % des intentions de vote.
Pourtant, une majorité se dit aussi certaine de la victoire du chef de l’administration prorusse, à qui le Kremlin a confié le destin de la république rebelle depuis juin 2000.
MM. Saïdoullaïev et Aslakhanov l’ont d’ores et déjà accusé de vouloir falsifier le scrutin.
Le premier a souligné que Kadyrov avait mis en place « des brigades » dans chaque district « pour contrôler les commissions électorales ».
Le second a estimé que plus d’un tiers des noms inscrits sur les listes électorales étaient des « âmes mortes », soit quelque 200 000 bulletins potentiellement déjà dans les urnes sur une liste officielle comptant 540 000 électeurs.
La Société de l’amitié russo-tchétchène, une organisation non gouvernementale, assurait dernièrement que les milices de M. Kadyrov avait obligé, arme en main, des chauffeurs de bus à apposer sur leur véhicule des affiches appelant à voter pour leur chef.
Alors que parallèlement les états-majors de campagne des autres candidats ont les plus grandes difficultés du monde à se faire installer le téléphone, ajoutait l’organisation.
Par ce scrutin, le Kremlin espère légitimer un pouvoir prorusse et mettre définitivement les séparatistes à l’écart.
La campagne électorale a été officiellement ouverte hier en Tchétchénie, un mois, jour pour jour, avant la présidentielle par laquelle le Kremlin entend imposer une fin au conflit militaire qui dure depuis quatre ans dans la république caucasienne.Témoignant d’un climat toujours plus tendu à l’approche du scrutin, la garde personnelle d’Akhmed Kadyrov, le chef de l’administration prorusse, candidat à la présidence, a pris le contrôle hier au petit jour, manu militari, de la télévision de Grozny, de la radio et des huit journaux édités dans la république, ont rapporté les médias russes.Dans le même temps, à Moscou, le Premier ministre tchétchène, Anatoli Popov, rassurait la presse : tout se passe « sans le moindre scandale, tous les candidats se comportent avec un maximum de correction ».La campagne étant...