Le gouvernement et les Affaires étrangères ont cependant signifié que la République islamique n’était pas liée par la date du 8 septembre.
« Nous avons une semaine jusqu’au 8 septembre » et la réunion du Conseil des gouverneurs, l’exécutif de l’agence chargée de veiller pour l’Onu à la non-prolifération nucléaire, « alors attendez avec nous pour voir si l’Iran va signer ou pas », a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi.
L’Iran est pressé de toutes parts de signer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), ce qui permettrait à l’AIEA de procéder sans préavis à des inspections poussées des sites iraniens, déclarés ou non à l’AIEA, et garantirait plus fortement qu’il ne construit pas de bombe atomique.
Le Conseil des gouverneurs ouvrira de nouveau à partir du 8 septembre le dossier iranien, sous la pression des États-Unis qui voudraient obtenir une saisine du Conseil de sécurité de l’Onu, avec à la clé de possibles sanctions contre l’Iran.
Malgré cette menace et le surcroît des pressions internationales, Téhéran n’a cependant jamais dit qu’il se déclarerait d’ici au 8 septembre. « Aucune date butoir ne nous a été fixée. La République islamique décidera en fonction de ses intérêts nationaux », a dit M. Assefi. « Il n’y a pas d’après nous de date spécifique pour signer ce protocole », a insisté lors d’une autre conférence de presse le porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh.
M. Assefi a affirmé la « bonne volonté » iranienne, tandis que M. Ramezanzadeh a redit « l’approche positive » du protocole par Téhéran.
Les deux hommes ont ainsi expliqué l’embarrassante découverte par l’AIEA de traces d’uranium enrichi, matériau ne figurant pas dans l’inventaire déclaré par les Iraniens et pouvant entrer dans la fabrication de l’arme nucléaire, par la « contamination » d’équipements d’importation. Confronté à une apparente contradiction puisque l’Iran a dit que sa technologie nucléaire était purement nationale, M. Ramezanzadeh a laissé entendre que ces importations remontaient à une date lointaine.
Pour preuve de la bonne foi iranienne, M. Ramezanzadeh a rapporté que les Iraniens avaient donné accès aux sites incriminés alors qu’ils savaient à quels griefs ils s’exposaient. Lui et son collègue se sont aussi prévalus de la récente décision d’engager des négociations en vue d’une éventuelle signature du protocole.
Mais M. Ramezanzadeh a laissé entendre que l’un des soucis des Iraniens était de ne pas paraître céder à la pression, notamment celle des Américains. M. Ramezanzadeh a rappelé les propos du président Mohammed Khatami selon lesquels les Iraniens voulaient « gagner la confiance » mais ne se plieraient pas au « vacarme politique ». L’Iran attend des autres pays « qu’ils ne permettent pas que la décision du Conseil des gouverneurs soit politisée », a insisté M. Assefi.
M. Ramezanzadeh a ainsi répliqué au haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, qui avait prévenu l’Iran samedi qu’il s’attirerait « des ennuis » s’il ne signait pas le protocole additionnel. M. Solana, qui avait parlé de « conseil d’ami », avait ajouté que l’Iran ne devait attendre aucune contrepartie parce qu’il n’y avait pas lieu ici à « marchandage ».
« Nous voulons aussi savoir quel profit nous retirerons » de la signature, a répondu M. Ramezanzadeh, dont le pays s’inquiète pour sa souveraineté nationale. Le droit à l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins « pacifiques (...) ne se marchande pas » et « les amis n’ont pas l’habitude de se menacer les uns les autres », a-t-il ajouté.


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