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Birmanie Le parti d’Aung San Suu Kyi durement réprimé par le pouvoir

Pendant que l’opposante Aung San Suu Kyi était arrêtée et mise au secret, une chape de plomb s’est abattue sur son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), aujourd’hui moribond.
Grâce à la levée un an plus tôt de l’assignation à résidence de sa charismatique dirigeante, qui s’était attelée à sa reconstruction, le principal parti d’opposition avait rouvert des centaines de permanences dans tout le pays, ravivé la flamme de ses militants et repris des couleurs en dépit de l’absence de progrès politiques.
Mais après les violences meurtrières du 30 mai avec l’embuscade tendue par la junte au convoi de Mme Suu Kyi, l’opposante a été arrêtée ainsi que son numéro deux, Tin Oo. Les autres dirigeants du parti ont été placés en résidence surveillée – hommes armés devant chez eux et téléphone coupé –, des dizaines de militants arrêtés et le siège de Rangoun et toutes les permanences de la Ligue fermés.
« L’opposition, elle n’existe plus ! » estime un diplomate à Rangoun. « Tous nos interlocuteurs sont arrêtés ou assignés à résidence, on ne peut pas les voir, le siège du parti est fermé, les militants sont en prison ou pourchassés. » Un cadre de la Ligue confie que « avec les dirigeants arrêtés et les permanences fermées, on ne peut pas faire grand-chose. Et les militaires continuent de rafler des militants ». « Tout ce que je peux dire c’est que la répression continue, confirme un militant NLD, toute personne assez folle pour manifester serait immédiatement arrêtée. » Selon les diplomates à Rangoun et la dissidence en exil, la répression contre l’opposition se poursuit en effet, et les arrestations continueront jusqu’à ce que la junte estime que la situation est « normalisée ». Pour l’heure, « la préoccupation essentielle (des militants) est d’échapper aux poursuivants », note le diplomate qui admet : « Nous n’avons aucune idée du nombre de gens arrêtés. »
Le Conseil national de l’Union birmane (NCUB), l’un des groupes dissidents en exil, fait état de « patrouilles en armes, coupures de lignes téléphoniques, installation de barrages » à l’entrée des localités et d’arrestations de militants. Le NCUB a aussi donné cette semaine des informations, invérifiables, sur l’arrestation et la torture pendant 24 jours d’un député de la LND, Soe Win. Avare comme toujours d’explications, la junte s’est bornée à indiquer dans un éditorial du New Light of Myanmar qu’elle avait choisi « la voix la mieux adaptée » pour s’assurer du maintien de la loi et de l’ordre « souhaité par la majorité ». Des « mesures préventives » ont été prises contre les « éléments destructeurs », a expliqué le numéro trois du régime, le général Khin Nyunt. D’ailleurs, Mme Suu Kyi elle-même n’est-elle pas détenue au terme de la loi de protection de l’État contre les éléments destructeurs ? Vu l’anéantissement dans lequel se trouve la LND, d’aucuns n’excluent pas à terme une interdiction pure et simple du parti prodémocratique.
Pendant que l’opposante Aung San Suu Kyi était arrêtée et mise au secret, une chape de plomb s’est abattue sur son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), aujourd’hui moribond.Grâce à la levée un an plus tôt de l’assignation à résidence de sa charismatique dirigeante, qui s’était attelée à sa reconstruction, le principal parti d’opposition avait rouvert des centaines de permanences dans tout le pays, ravivé la flamme de ses militants et repris des couleurs en dépit de l’absence de progrès politiques.Mais après les violences meurtrières du 30 mai avec l’embuscade tendue par la junte au convoi de Mme Suu Kyi, l’opposante a été arrêtée ainsi que son numéro deux, Tin Oo. Les autres dirigeants du parti ont été placés en résidence surveillée – hommes armés devant chez eux et...