De cette aventure, l’enfant de Gondreville, aujourd’hui âgé de 35 ans, a gardé dans son bureau une jarretière en rouge et blanc que lui avait offerte dans l’Ouest le propriétaire d’une boutique de mariés, lequel avait également honoré au passage le leader (en jaune) et le réalisateur (en vert).
Le finisseur de fdjeux.com, vainqueur d’étape à Fribourg en 1997, a refait ses comptes avec la conviction qu’il peut conserver sa belle tunique pigmentée jusqu’aux Alpes où il devra la laisser aux véritables grimpeurs.
Virenque, Mayo ou Botero
Lui, il n’est qu’un serviteur passant bien les bosses quand elles ne font pas plus de deux kilomètres. « La formule de ce classement des grimpeurs est judicieuse, car elle permet à des gens comme moi de participer, observe-t-il, sachant qu’au pied de la montagne il faudra se faire une raison. »
En attendant, il montre le maillot et apporte un peu de fraîcheur dans la trésorerie de l’équipe (« trois cents euros », croit-il savoir) qui sera partagée en dix parts à la fin du tour : « Les neuf concernant les coureurs plus une pour l’encadrement, mécanos et soigneurs. »
Éclatant dans son bel habit, Christophe Mengin est plus encore encouragé sur le bords des routes. Il y a davantage « d’allez Totoffe ». Mais, les « allez Topaloff » se font également plus fréquents. « Seuls les proches connaissent ce surnom, explique-t-il. Quand j’entends celui-ci, je sais donc qu’il y a un copain tout près de moi. »
Si tout va bien, il va en profiter jusqu’au pied des Alpes où, grand seigneur, il quittera ses atours de lumière pour rentrer dans le rang. Joyeusement. « Je sais qu’un Richard Virenque est très intéressé par le maillot, confie-t-il. Mais, il y a aussi les purs grimpeurs du style Iban Mayo et Santiago Botero. S’ils voient Lance Armstrong au-dessus du lot au classement général, ils se replieront sur celui de la montagne, c’est de bonne guerre. »
Historiques infortunes
Christophe Mengin essaiera alors de signer un 6e succès professionnel et une doublé sur le Tour qui lui avait échappé en 2002 à l’arrivée de Bourg-en-Bresse. « J’étais trop confiant. Je me voyais déjà passer la ligne en vainqueur. Thor Hushvovd m’a débordé, se souvient-il. J’ai maintenant évacué ce revers ».
Et d’expliquer sans évoquer toutefois l’emblématique Raymond Poulidor qu’il est des 2es places ou des infortunes qui marquent au plus haut point la sensibilité des mémoires. « Tout le monde se souviendra de l’échappée de Frédéric Finot reprise à deux kilomètres de l’arrivée à Sedan, lâche-t-il. Et, Eddy Merckx qui n’a jamais été aussi populaire du jour où il a perdu un tour ».
Plus modestement, Christophe Mengin est donc sorti grandi de cet échec à quelques encablures de l’abbaye de Brou.


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