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Abbas coincé entre Arafat, Sharon et les groupes armés

La situation qui a amené le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas à menacer de démissionner illustre la position d’extrême faiblesse dans laquelle il se trouve dans son propre camp, au sein duquel il apparaissait hier plus isolé que jamais.
Désavoué par son propre mouvement, le Fateh, qui l’accuse de ne pas être assez ferme dans ses négociations avec Israël, M. Abbas (Abou Mazen) dispose toutefois de deux atouts décisifs qui devraient lui permettre de surmonter cette crise : le soutien des États-Unis, qui ont tout misé sur lui, et le fait qu’il n’y a personne pour le remplacer.
« Abou Mazen est confronté à une mission impossible », explique l’analyste palestinien Mahdi Abdel Hadi.
M. Abbas se trouve pris en sandwich entre les mouvements palestiniens qui attendent de lui notamment qu’il négocie la libération des prisonniers détenus en Israël, et le gouvernement israélien d’Ariel Sharon, qui fait le moins de concessions possible et exige au contraire de lui qu’il « démantèle » les groupes armés.
En outre, M. Abbas est affaibli par le fait qu’il fonctionne sur le plan intérieur dans un système de « cohabitation » avec Yasser Arafat, qui ne l’a nommé à son poste que contraint et forcé.
Or, malgré les efforts américains et israéliens pour le mettre sur la touche, M. Arafat reste le « patron » au sein de l’Autorité palestinienne, comme le montre la crise actuelle.
Car les responsables palestiniens qui ont lancé un violent assaut contre M. Abbas lundi soir, l’accusant de mollesse vis-à-vis d’Israël, lors d’une réunion de la direction palestinienne présidée par M. Arafat, étaient des proches de celui-ci.
Depuis son entrée en fonctions, le 30 avril, M. Abbas a opté pour une stratégie du dialogue avec les groupes armés palestiniens, parvenant, avec l’aide de l’Égypte, à convaincre la plupart d’entre eux de proclamer une trêve.
Mais en contrepartie, souligne M. Abdel Hadi, ces groupes ont des exigences, notamment la fin des opérations militaires israéliennes et surtout la remise en liberté de quelque 6 000 Palestiniens. Le problème est que cela ne dépend pas de lui, mais de M. Sharon.
« La trêve sera très fragile s’il (M. Abbas) ne peut pas satisfaire leurs exigences », commente cet analyste basé à Jérusalem-Est, qui rappelle que le gouvernement israélien a tout juste accepté dimanche le principe de la libération de 350 prisonniers.
Pour un autre analyste palestinien, Ali al-Jerbaoui, de l’université de Bir Zeit, près de Ramallah, la balle est dans le camp israélien, car « la manifestation de la crise est palestinienne, mais son contenu est israélien ».
Israël, explique-t-il, « ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre ». « Vous ne pouvez pas continuer à construire des colonies, à avoir le bouclage (des Territoires), les barrages militaires et tout le reste et prétendre qu’il y a un processus de paix et que les Palestiniens sont contents. »
Bref, les Palestiniens estiment qu’ils ont fait ce qui était demandé d’eux par la « feuille de route », ce plan de paix international lancé par le président George W. Bush le 4 juin à Aqaba (Jordanie), mais que M. Sharon tarde à tenir ses engagements.
Pour cela les États-Unis ont accru leurs pressions sur Israël.
Outre ces pressions américaines, M. Abbas sait aussi qu’il dispose d’une carte maîtresse. « Il a compris qu’on a besoin de lui, qu’il n’y a pas de remplacement immédiat pour lui et que (s’il s’en va) ce sera le chaos » et une crise « régionale et internationale », assure M. Abdel Hadi.
Autant d’arguments qui lui permettront sans doute de rester au pouvoir jusqu’à une prochaine crise.
La situation qui a amené le Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas à menacer de démissionner illustre la position d’extrême faiblesse dans laquelle il se trouve dans son propre camp, au sein duquel il apparaissait hier plus isolé que jamais.Désavoué par son propre mouvement, le Fateh, qui l’accuse de ne pas être assez ferme dans ses négociations avec Israël, M. Abbas (Abou Mazen) dispose toutefois de deux atouts décisifs qui devraient lui permettre de surmonter cette crise : le soutien des États-Unis, qui ont tout misé sur lui, et le fait qu’il n’y a personne pour le remplacer.« Abou Mazen est confronté à une mission impossible », explique l’analyste palestinien Mahdi Abdel Hadi.M. Abbas se trouve pris en sandwich entre les mouvements palestiniens qui attendent de lui notamment qu’il négocie la...