En fin d’après-midi hier, les quartiers de Kanyosha, Musaga et Kinanira étaient toujours le théâtre d’affrontements féroces entre les FNL, qui utilisaient des mortiers, et l’armée, qui répliquait avec des canons de blindés et des mitrailleuses lourdes.
« Les rebelles sont entrés de nouveau ce matin dans les quartiers de Musaga, Kinanira et Kanyosha, nous sommes occupés à les repousser », a commenté dans l’après-midi le porte-parole de l’armée, le colonel Augustin Nzabampema.
Lundi, les FNL d’Agathon Rwasa, deuxième mouvement rebelle en importance, avaient lancé une offensive qui avait fait, dans la journée, au moins 28 morts, selon un bilan provisoire : au moins 17 rebelles et deux soldats, le reste étant probablement des civils.
En début d’après-midi lundi, les combats avaient cessé et l’armée assurait qu’elle avait chassé les rebelles de la capitale.
Mais dès hier à l’aube, les FNL, qui avaient visiblement reçu des renforts en hommes et en mortiers, déclenchaient une nouvelle attaque, notamment à partir de Kanyosha.
Des dizaines de milliers d’habitants de ces trois quartiers ont fui depuis lundi ces affrontements et se sont égaillés dans un premier temps dans le centre-ville, avant d’être canalisés par les gendarmes, vers des zones proches du sud de la ville mais assez éloignées des combats.
« Nous voulons éviter la pagaille et le désordre dans le centre-ville, nous voulons éviter qu’ils ne sèment la panique parmi les autres habitants », a expliqué un officier de gendarmerie.
La peur a quand même gagné peu à peu les habitants des autres quartiers de Bujumbura, qui voient affluer les déplacés et qui assistent, de loin, à la guerre aérienne que mène l’armée, dont les avions et les hélicoptères pilonnaient les positions rebelles.
Aucun bilan des combats d’hier n’était disponible en soirée.
Le principal des deux mouvements rebelles encore combattant, les Forces pour la défense de la démocratie (FDD), a prêté main-forte aux FNL hier matin à Kanyosha et Musaga, a accusé Jacques Bigirimana, responsable administratif de Kanyosha, et un officier de haut rang, sous le couvert de l’anonymat. « C’est faux, nous ne sommes pas dans cette bataille, nous ne sommes pas avec les FNL car nous n’avons pas les mêmes objectifs », a rétorqué le porte-parole des FDD, le major Gélase-Daniel Ndabirabe.
Les FNL sont le seul des mouvements rebelles hutus à avoir toujours refusé de négocier avec le gouvernement de transition, dont les portefeuilles sont partagés équitablement depuis 20 mois entre la minorité tutsie, qui dirigeait jusqu’alors le pays, et la majorité hutue.
La guerre civile, entamée en 1993 entre l’armée dominée par les Tutsis et la rébellion hutue, a fait plus de 300 000 morts depuis, essentiellement des civils, selon l’Onu.


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