« Les forces américaines ont échoué au cours des deux derniers mois à mettre sur pied une autorité intérimaire irakienne. Aujourd’hui, elles doivent réaliser que pour réussir, il est important de consulter les Irakiens », a affirmé le président du congrès, Ghaleb al-Roukabi.
Les partis politiques irakiens, a-t-il ajouté, « doivent avoir leur propre programme d’action » pour l’après-Saddam Hussein.
« La Constitution, l’ordre et la loi, l’organisation d’un congrès politique sont autant de questions dont la responsabilité incombe aux Irakiens et non aux Américains », a-t-il souligné.
Dans des recommandations adressées aux principaux partis politiques réunis au sein du Conseil des sept, les chefs de tribu les « appellent à œuvrer pour la mise sur pied de groupes de travail afin de rédiger un projet de Constitution pour l’Irak et préparer la tenue d’un congrès national élargi ».
Les participants « demandent aux forces de la coalition d’agir en priorité pour la formation, dans les plus brefs délais, d’un gouvernement provisoire, après consultation avec les partis irakiens ». La lutte contre l’insécurité figure en tête des préoccupations de la population, ont-ils souligné.
Un des intervenants a même mis en garde contre l’apparition d’un « nouveau fléau avec la prolifération de la drogue dans les quartiers, sous forme de pilules ou autres, ce qui est pire que les pillages ».
Pour un représentant de Sadr City, banlieue nord chiite populeuse de Bagdad, les « chefs des tribus ont autant de responsabilité que les agents de sécurité dans la lutte contre les actes de pillage et de vandalisme ».
Cheikh Tamimi faisait allusion à la solidarité tribale qui garantit une certaine impunité à un membre d’une tribu coupable de délits.
L’un des sujets soulevés avec insistance a été la réforme de la loi agraire, adoptée par Saddam Hussein qui, selon eux, « a saboté le secteur agricole et attribué les terres cultivables aux proches du régime ».
Les intervenants ont par ailleurs « demandé aux troupes de la coalition de respecter les coutumes et les traditions irakiennes lors des perquisitions effectuées dans les maisons ».
Le 25 juin à al-Amarah (environ 160 km au nord de Bassora), six soldats britanniques ont été tués lors d’une véritable révolte des habitants, qui s’estimaient insultés de voir les soldats perquisitionner leurs maisons avec des chiens, animaux impurs chez les musulmans, selon des témoignages de villageois.
Cette rencontre a regroupé notamment des chefs de tribu chiites originaires du centre et du sud de l’Irak, des régions oubliées sous le régime de Saddam Hussein.
M. Roukabi a fait état de l’existence d’une coopération avec les tribus kurdes du Nord, sans entrer dans les détails.
Au sujet des tribus sunnites fidèles à Saddam Hussein, il a indiqué ne pas exclure leur rôle dans la société et s’est déclaré prêt à coopérer avec certaines d’entre elles. L’Irak compte plus de 400 tribus. Les différents intervenants ont insisté sur l’unité nationale et la nécessité de serrer les rangs pour sauvegarder un Irak uni, dans ses différentes composantes ethniques et religieuses.


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