L’ayatollah Sistani, « protecteur » des soldats US à Najaf
le 30 juin 2003 à 00h00
Les soldats américains admirent dans la ville sainte de Najaf un des plus hauts dignitaires chiites irakiens d’origine iranienne, l’ayatollah Ali al-Sistani, qui use, selon eux, de tout son prestige pour que la coexistence avec les forces occupantes se passe bien. « J’aimerais bien dire que c’est grâce à notre action que tout se passe bien à Najaf, mais ce serait inexact. Si la ville est si stable c’est grâce à l’ayatollah Sistani », reconnaît le commandant Rick Hall, du 1er bataillon du 7e régiment de la 1re division de Marines, stationné dans la ville. Installé dans un ancien institut technologique, ce militaire et ses adjoints ne cachent pas leur admiration pour cet homme de religion, un des membres les plus éminents de la Hawza, la plus haute institution chiite. « Il est resté apolitique et il a une énorme influence. Il parle avec les gens et les pousse à rejoindre l’effort de coopération. Je ne l’ai jamais rencontré mais j’aimerais pouvoir le faire », ajoute-t-il. Cet ayatollah de 73 ans, maintenu des années en résidence surveillée par le régime de Saddam Hussein, est l’un des plus éminents jurisconsultes et ses fatwas sont respectées par les chiites, majoritaires en Irak. Dans cette ville de 250 000 habitants, où repose le corps d’Ali, premier imam des chiites, les soldats américains ont troqué leurs casques pour des chapeaux de brousse et quand ils se promènent en ville, leurs armes sont en bandoulière. Même leurs patrouilles ne suscitent pas l’hostilité et certains habitants les saluent de la main.
Un incident en deux mois Le seul incident en plus de deux mois d’occupation a eu lieu jeudi lorsqu’un soldat américain a été tué. Mais il s’agissait d’une patrouille commune avec la police irakienne pour traquer des bandits de grand chemin qui ont ouvert le feu, à 20 km au nord de Najaf. « C’est tellement inhabituel que nous avons été surpris », affirme le commandant Hall. En fait, un statu quo semble avoir été trouvé avec les autorités religieuses. Les Américains essaient d’éviter toute action déplacée, affirme Ali Abbas, un chausseur de 32 ans, dans la rue menant au mausolée d’Ali. Autre facteur de stabilité : les mauvais souvenirs du passé. « Il nous a assassinés, maltraités, nous a maintenus dans le sous-développement car nous étions chiites. Nous ne voulons plus jamais connaître ça », souligne Mohammed Ghazi, un chauffeur de taxi de 32 ans, en se référant au régime de Saddam Hussein.
Les soldats américains admirent dans la ville sainte de Najaf un des plus hauts dignitaires chiites irakiens d’origine iranienne, l’ayatollah Ali al-Sistani, qui use, selon eux, de tout son prestige pour que la coexistence avec les forces occupantes se passe bien. « J’aimerais bien dire que c’est grâce à notre action que tout se passe bien à Najaf, mais ce serait inexact. Si la ville est si stable c’est grâce à l’ayatollah Sistani », reconnaît le commandant Rick Hall, du 1er bataillon du 7e régiment de la 1re division de Marines, stationné dans la ville. Installé dans un ancien institut technologique, ce militaire et ses adjoints ne cachent pas leur admiration pour cet homme de religion, un des membres les plus éminents de la Hawza, la plus haute institution chiite. « Il est resté apolitique et il a une énorme...
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