Dans nombre de pays, les décès des suites de cancers peuvent constituer plus du quart de la mortalité nationale. « Il existe une crise silencieuse dans le traitement du cancer dans les pays en développement et elle s’amplifie chaque année », a déploré Mohammed el-Baradei, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique de l’Onu (AIEA), dans un communiqué. « Au moins 50 à 60 % des victimes du cancer dans les pays en développement peuvent profiter d’une radiothérapie qui détruit les cellules cancéreuses, mais les plus pauvres n’ont pas assez de machines pour effectuer les rayons ou pas assez de médecins spécialisés », a-t-il ajouté.
Selon l’AIEA, le nombre de cancers dans le monde devrait s’élever à 10 millions en 2015, puis 12 millions en 2020, soit deux fois plus que les six millions de cas enregistrés en 2000. La radiothérapie attaque les cellules cancéreuses avec des rayons ionisants, qui brûlent et détruisent les cellules malignes. Les gènes de ces cellules sont endommagés, ce qui les empêchent de se reproduire. « Nous pensons que le traitement du cancer doit devenir une priorité en termes de prévention », a dit le chef de l’AIEA. Quatre-vingt-cinq pour cent de la population mondiale se trouvent dans les pays en développement. Or, seulement un tiers accède à la radiothérapie, dispensée par environ 2 200 appareils de traitement. Dans les pays riches, plus de 4 500 appareils sont mis à la disposition du corps médical. Une quinzaine de pays africains et quelques-uns en Asie ne disposent même pas d’un seul appareil.
Certains facteurs, comme la hausse de la consommation de tabac, une alimentation mal équilibrée ou des maladies infectieuses, sont accusés d’accroître les cas de cancer. Afin de combattre ce fléau qui menace les pays pauvres, l’AIEA envisage notamment de leur acheter des machines thérapeutiques et de former davantage de médecins. L’agence développe aussi une collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres institutions, afin d’aider les pays pauvres à mettre en place des programmes de prévention du cancer.


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