L’objectif de ces combats qui ont démarré dans la nuit de mardi à hier et se poursuivaient mercredi midi est le pont Gabriel Tucker qui conduit au cœur de la capitale et qui serait apparemment tombé hier à la mi-journée. Selon des témoins, des combats se déroulaient dans Broad Street, la principale rue commerçante du centre-ville.
« Tout le monde est planqué chez soi, il y a une vraie guerre là dehors », a témoigné un habitant du centre-ville.
Cette reprise des combats a de nouveau provoqué un mouvement de fuite d’habitants paniqués qui tentent de s’échapper de la « nasse » que constitue la capitale libérienne adossée à la mer.
« Je n’ai pas fui, je ne fuirai pas et nous nous battrons contre la terreur », a déclaré hier le président libérien Charles Taylor dans un message radiodiffusé à la nation.
« Des rumeurs ont couru que j’avais quitté la ville. Mes chers compatriotes, je vous ai dit que ma vie n’est pas plus importante que la vôtre. Je suis bien là », a lancé le chef de l’État, alors que des combats faisaient rage pour le contrôle du pont Gabriel Tucker.
« Cet acte de terreur éhonté sera combattu jusqu’à la fin », a-t-il assuré.
Cette soudaine reprise des combats intervient une semaine après la signature, le 17 juin à Accra, d’un accord de cessez-le-feu entre le gouvernement libérien et les rebelles du LURD.
Cet accord, qui avait fait naître l’espoir de mettre fin à plus de trois ans de guerre civile, avait été salué comme un « pas important » par la communauté internationale et prévoyait à terme la mise à l’écart du président Taylor.
Malgré cette pression accrue sur la capitale, Charles Taylor a toutefois estimé que les pourparlers de paix interlibériens qui ont démarré début juin au Ghana devaient se poursuivre.


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