Quatre d’entre eux, dont le cheikh Raëd Salah, chef politique d’une des deux branches du Mouvement islamique, ont été inculpés « d’appartenance à une organisation terroriste », « de contacts avec des agents étrangers », de « complot en vue de commettre des délits criminels » et de blanchiment d’argent. La charge d’appartenance à une organisation terroriste n’a pas été retenue contre le cinquième, Souleimane Aghbariyeh, le maire de la ville arabe israélienne d’Oum el-Fahm, au nord-est de Tel-Aviv, a-t-on indiqué. Le tribunal a également requis le maintien en détention pour deux semaines des cinq accusés arrêtés à la mi-mai dernier. Leurs avocats ont annoncé leur intention de demander leur liberté sous caution.
Deux des accusés, « le cheikh Raëd Salah et son bras droit, Mahmoud Abou Samara, en charge de la trésorerie du MI, sont accusés de contacts avec Nabil Mahzomah, un agent des renseignements iraniens », a indiqué la présidence du Conseil israélien dans un communiqué. « Nabil Mahzomah (alias Abou Mohammed), 53 ans, est un Arabe israélien originaire de Nazareth et collabore au Liban avec les renseignements iraniens pour lesquels il recrute et actionne des Palestiniens et des Arabes israéliens, notamment du Mouvement islamique, pour des missions de renseignements et des opérations dans les territoires (palestiniens) et en Israël », ajoute le communiqué. « Depuis le sommet d’Aqaba (en Jordanie, le 4 juin), l’implication de l’Iran s’est intensifiée notamment par un financement accru et des pressions sur les infrastructures terroristes dans les territoires (palestiniens) pour perpétrer des attentats dans le but de torpiller le processus de paix », souligne le communiqué. Des centaines de partisans du MI ont manifesté hier aux abords du tribunal de Haïfa, brandissant des portraits du cheikh Raëd Salah. Ces Arabes israéliens sont accusés d’avoir transféré l’équivalent de 10 millions de dollars, mobilisés notamment en Allemagne et aux États-Unis par l’intermédiaire d’organisations caritatives islamistes, au profit des familles de prisonniers du Hamas et de kamikazes ayant commis des attentats-suicide en Israël. Ils ont refusé de collaborer à l’enquête et de répondre aux questions des enquêteurs. Le Hamas a nié pour sa part tout lien avec le Mouvement islamique. Le 16 mars, le Premier ministre israélien Ariel Sharon avait exprimé ses craintes sur l’implication grandissante d’Arabes israéliens dans le « terrorisme ».
La communauté des Arabes israéliens compte 1,2 million de personnes, soit 19 % de la population israélienne totale, si l’on inclut les 200 000 Palestiniens de Jérusalem-Est annexée, qui ont un statut de résident. Les Arabes israéliens sont des Palestiniens ou des descendants de Palestiniens restés sur leur terre lors de la création de l’État d’Israël en 1948.
Le Mouvement islamique a été fondé dans les années 1970. Il est représenté par deux députés au Parlement israélien et contrôle cinq municipalités. Il est partagé en deux tendances : le courant « nord », plus radical, dirigé par cheikh Raëd Salah, lui-même ancien maire d’Oum el-Fahm, qui boycotte les législatives en Israël, et le courant « sud », plus modéré dirigé par cheikh Abdallah Nimer Darouiche, fondateur du mouvement.


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