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La guerre irakienne menace d’empoisonner la campagne présidentielle américaine

La guerre en Irak se transforme de plus en plus en sujet de polémique à Washington et menace d’empoisonner la prochaine campagne présidentielle pour l’élection de 2004. L’un des candidats à l’investiture présidentielle démocrate, l’ancien gouverneur du Vermont Howard Dean, a accusé hier le président George W. Bush d’avoir « trompé » les Américains sur l’existence d’armes irakiennes de destruction massive, que le corps expéditionnaire américain en Irak n’a jusqu’ici pu découvrir.
Il y a quelques jours, un autre candidat démocrate, le sénateur John Kerry, considéré comme l’un des favoris à l’investiture de son parti, avait déjà tenu des propos similaires. Conscients des disparités entre les affirmations de M. Bush et la réalité sur le terrain, les parlementaires américains ont commencé à se pencher, au sein de commissions spécialisées, sur les informations fournies par les services de renseignements à la Maison-Blanche pour voir si elles avaient été déformées pour justifier l’intervention militaire contre Saddam Hussein. Citant des confidences de parlementaires et de responsables du renseignement, le Washington Post a indiqué dimanche que M. Bush avait largement exagéré la réalité des liens présumés entre le régime Saddam Hussein et le réseau terroriste el-Qaëda d’Oussama Ben Laden. Les deux principaux membres de la commission du Renseignement du Sénat ont pour leur part indiqué sur la chaîne de télévision Fox que l’enquête prendrait plusieurs mois, ce qui risque de la placer au centre de la campagne pour l’élection présidentielle du 2 novembre 2004. « Les documents à examiner vont du sol au plafond », a déclaré le président républicain de la commission, Pat Roberts, tandis que son collègue démocrate John D. Rockfeller ajoutait que la commission avait du pain sur la planche pour au moins deux mois.
En dépit des interrogations et des doutes, une majorité d’Américains (53 %) continue d’estimer que le président Bush a eu raison d’éliminer le régime Saddam Hussein selon un récent sondage, même si un quart d’entre eux pensent que la Maison-Blanche et les services de renseignements ont exagéré le danger. Mais ces perceptions pourraient changer si la situation en Irak ne s’améliore pas rapidement. Plusieurs sénateurs, tant républicains que démocrates, ont averti dimanche que les États-Unis devraient demeurer en Irak pendant plusieurs années, et reproché au président Bush d’avoir mal préparé et mal expliqué à l’opinion publique cet engagement à long terme. « Je ne pense pas que cette Administration a très bien préparé cela », a déclaré le républicain Chuck Hagel sur la chaîne ABC, en regrettant que le gouvernement n’ait « pas non plus présenté une vision complète de la façon dont les États-Unis vont devoir s’investir en Irak ». « Cette Administration doit présenter la situation aux Américains, et je sais que la situation n’est pas parfaite, tout le monde le sait », a-t-il ajouté. Un autre républicain, l’influent sénateur Richard Lugar, a lui aussi jugé qu’il était « important (...) que le président dise qu’il s’agit d’un plan à cinq ans pour la stabilité d’un pays en banqueroute ». Pour ce sénateur de l’Indiana, qui préside la commission des Affaires étrangères, « s’en aller, comme nous le faisons habituellement, c’est laisser une situation qui constitue une couveuse pour le terrorisme, un retour à la case départ ». Le sénateur démocrate Joseph Biden a pour sa part estimé qu’« il est temps que le président présente les faits aux Américains. Nous sommes impliqués, nous parlons de dizaines de milliers de militaires pour une période longue », a-t-il dit.
La guerre en Irak se transforme de plus en plus en sujet de polémique à Washington et menace d’empoisonner la prochaine campagne présidentielle pour l’élection de 2004. L’un des candidats à l’investiture présidentielle démocrate, l’ancien gouverneur du Vermont Howard Dean, a accusé hier le président George W. Bush d’avoir « trompé » les Américains sur l’existence d’armes irakiennes de destruction massive, que le corps expéditionnaire américain en Irak n’a jusqu’ici pu découvrir.Il y a quelques jours, un autre candidat démocrate, le sénateur John Kerry, considéré comme l’un des favoris à l’investiture de son parti, avait déjà tenu des propos similaires. Conscients des disparités entre les affirmations de M. Bush et la réalité sur le terrain, les parlementaires américains ont commencé à...