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Championnat d’Europe welters Frédéric Klose, le salaire de l’effort

À 33 ans, le boxeur Frédéric Klose savait depuis longtemps le prix de l’effort, mais après son couronnement européen en welters face à l’Ukrainien Alexander Vetoux, jeudi soir à Levallois-Perret, il en apprécie maintenant les vertus et les joies.
Le Normand n’est pas de ces jeunes premiers que la seule insolence du talent porte sur les cimes.
Il connaît tout des souffrances, des doutes et des déceptions de la boxe. « Je ne rêve plus depuis longtemps », assurait-il avant ce combat qui consacre son abnégation. « C’est encore trop tôt pour dire ce que je ressens », glisse-t-il après, empli d’un bonheur sans emphase. Avec seulement dans le regard la fierté d’avoir comblé ses proches.
« C’est un énorme plaisir pour ma famille, mes amis, les supporteurs qui me suivent depuis mes débuts. » Klose aura mis dix années d’une lente et pénible ascension pour graver son nom aux côtés des quatre autre Français actuellement champions d’Europe : David Guérault (coq), Mahyar Monshipour (super coq), Cyril Thomas (plume) et Affif Djelti (super plume).
Venu à ce sport à 17 ans, le natif de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine) a goûté à tous les genres, de la boxe thaïlandaise au kick-boxing. Ses séjours dans la moiteur des salles thaïlandaises pour des combats aux règles incertaines et des bourses de trois sous l’ont endurci.
En 1993, champion du monde de kick-boxing, il s’impose dans le Tournoi de Paris en boxe anglaise. La voie relevée du professionnalisme s’ouvre à lui. Mais trois revers, tous litigieux, en un an et demi, le poussent début 1997 vers le précipice.
Son épouse Dany Rocca, également championne du monde de kick-boxing, à la présence rassurante jeudi dans le coin avec l’ami Jean-Paul Mendy, 3e du championnat du monde amateur en 1997, le dissuade alors de renoncer.
La chance se présente ensuite une première fois à lui en janvier dernier. À Essen (Allemagne), déjà pour ce titre européen des welters, Klose maltraite l’Allemand Michel Trabant aux yeux de tous, hormis des juges, qui le donnent perdant.
Son promoteur Michel Acariès posera même une réclamation contre le verdict. La bonne fortune ne l’abandonne cependant pas, Trabant, retenu par la WBA pour un titre mondial, devant délaisser sa ceinture. Klose, qui réside près de Vire (Calvados), a su se l’accaparer face à cet Ukrainien qui n’avait encore jamais connu la défaite en 22 combats et s’était même très souvent montré expéditif (18 KO). Mais celui qui professe l’esquive a, pour cela, dû accepter d’aller « à la guerre ». « Heureusement, mes enfants (Keanu, 7 ans, et Killiam, 2 ans et demi) n’auront pas vu ça. La boxe, c’est un sport magnifique mais aussi un environnement extrêmement dur », soupire le nouveau champion, qui devra boxer sous trois mois l’Italien Michele Piccirillo, ex-champion du monde IBF.
Éducateur sportif au chômage depuis que la ville de Bondy (Seine-Saint-Denis) a rompu son contrat en début d’année, Klose n’a, pour un temps, plus à se préoccuper d’une reconversion vers laquelle un échec l’aurait poussé. Il peut jouir en silence des fruits de l’effort.
À 33 ans, le boxeur Frédéric Klose savait depuis longtemps le prix de l’effort, mais après son couronnement européen en welters face à l’Ukrainien Alexander Vetoux, jeudi soir à Levallois-Perret, il en apprécie maintenant les vertus et les joies.Le Normand n’est pas de ces jeunes premiers que la seule insolence du talent porte sur les cimes. Il connaît tout des souffrances, des doutes et des déceptions de la boxe. « Je ne rêve plus depuis longtemps », assurait-il avant ce combat qui consacre son abnégation. « C’est encore trop tôt pour dire ce que je ressens », glisse-t-il après, empli d’un bonheur sans emphase. Avec seulement dans le regard la fierté d’avoir comblé ses proches. « C’est un énorme plaisir pour ma famille, mes amis, les supporteurs qui me suivent depuis mes débuts. » Klose aura mis dix...