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Les USA intensifient leurs pressions, mais peinent à définir une politique iranienne

Les États-Unis intensifient les pressions tous azimuts sur Téhéran, l’un des pays de « l’axe du mal » du président George W. Bush, mais semblent peiner pour définir une politique d’ensemble vis-à-vis de la République islamique.
Washington s’est engagé dans une vaste campagne diplomatique contre le programme nucléaire iranien, et multiplie les mises en garde contre toute ingérence de Téhéran en Irak et toute tentation de saper la reprise du processus de paix israélo-palestinien. Le président Bush et de nombreux hauts responsables de son Administration ont également affiché leur soutien haut et clair aux manifestations antigouvernementales en Iran.
La pression politique monte par ailleurs dans certains cercles politiques à Washington pour durcir la politique américaine vis-à-vis de Téhéran. Deux projets de loi – l’un du sénateur républicain Sam Brownback, l’autre du représentant démocrate Brad Sherman – ont ainsi été déposés au Congrès pour réclamer un soutien accru à l’opposition démocratique iranienne, et durcir les sanctions économiques contre un pays pourtant déjà soumis à un embargo économique américain quasi total.
L’intérêt provoqué par l’élection en 1997 du président réformateur Mohammed Khatami semble être retombé, ce dernier n’étant, aux yeux de Washington, pas parvenu à infléchir sérieusement la politique iranienne. « Les modérés n’ont été capables de faire des progrès qu’à la marge de leur programme. Ils n’ont pas de pouvoir en termes d’armements ou de contrôle sur l’armée ou les services de sécurité », estime Richard Murphy, ancien secrétaire d’État adjoint chargé du Proche-Orient.
Toutefois, Washington, engagé dans une laborieuse stabilisation de l’Irak, et aux prises avec un régime nord-coréen en passe de posséder l’arme nucléaire si ce n’est déjà fait, dément régulièrement envisager une possible opération militaire contre l’Iran, comme celle menée contre le régime de Bagdad. Tout en saluant les manifestations, l’Administration hésite également à définir une stratégie résolue d’appui à un « changement de régime » en Iran, que de nombreux experts américains jugent hasardeuse.
La situation géographique de l’Iran entre deux pays où Washington est fortement engagé, l’Irak et l’Afghanistan, confère également au régime de Téhéran une place originale de partenaire incontournable et d’adversaire potentiel, qui n’aide pas à définir une stratégie américaine tranchée. « Ce pays est un partenaire, sur un mode mineur, en Irak et en Afghanistan. Mais c’est aussi un pays qui se sent encerclé par les Américains et qui entend défendre ses intérêts nationaux », relève M. Murphy, aujourd’hui spécialiste de politique étrangère au Council on Foreign Relations, un institut indépendant.
« L’Administration américaine va continuer d’être prudente au sujet d’une éventuelle action unilatérale contre l’Iran, car il y a trop de choses en jeu en Irak et en Afghanistan », estime pour sa part Geoffrey Kemp, spécialiste des questions stratégiques au Nixon Center, à Washington. Le risque serait que ce régime réputé difficilement prévisible « fasse quelque chose de vraiment stupide et ne provoque les États-Unis », par des attentats terroristes notamment, estime-t-il.
Alors que les « faucons » de l’Administration poussent à la fermeté, le secrétaire d’État Colin Powell, en déplacement en Asie, s’est d’ailleurs positionné sur une note prudente en affirmant que le soutien aux manifestations de Téhéran ne signifiait pas que Washington voulait y « fomenter » des troubles. Bien qu’un discret dialogue engagé ces derniers mois à Genève soit suspendu, M. Powell a laissé comprendre que tous les ponts n’étaient pas coupés avec ce pays avec qui Washington n’a plus de relations diplomatiques depuis 23 ans.
Les États-Unis intensifient les pressions tous azimuts sur Téhéran, l’un des pays de « l’axe du mal » du président George W. Bush, mais semblent peiner pour définir une politique d’ensemble vis-à-vis de la République islamique.Washington s’est engagé dans une vaste campagne diplomatique contre le programme nucléaire iranien, et multiplie les mises en garde contre toute ingérence de Téhéran en Irak et toute tentation de saper la reprise du processus de paix israélo-palestinien. Le président Bush et de nombreux hauts responsables de son Administration ont également affiché leur soutien haut et clair aux manifestations antigouvernementales en Iran.La pression politique monte par ailleurs dans certains cercles politiques à Washington pour durcir la politique américaine vis-à-vis de Téhéran. Deux projets de loi...