« Il est clair que ne pas respecter le calendrier international n’est pas ce que nous attendions », a déclaré M. Blatter lors d’une conférence de presse à Paris, regrettant le « manque de discipline » de la Ligue espagnole. Le comité exécutif de la Fifa, qui se réunira le 28 juin à Paris, sera donc chargé d’examiner quelle suite donner à cette affaire, a-t-il ajouté. « Ne parlons pas maintenant de sanctions », a toutefois poursuivi M. Blatter, reconnaissant aussi une part de responsabilité à la Fifa : « La Fifa, qui est chargée du contrôle du football, aurait dû avertir la Fédération espagnole en lui disant : “Attention, vous êtes dans le calendrier international”. Nous aurions dû signaler aux ligues que si elles jouaient pendant les dates internationales, elles n’auraient pas leurs joueurs. La responsabilité de la Fifa sur cette affaire est aussi engagée. »
En raison de la dernière journée de la Liga, qui aura lieu dimanche, les Français du Real Madrid Zinédine Zidane et Claude Makelele, mais aussi leurs coéquipiers brésiliens Ronaldo et Roberto Carlos, n’ont pas été convoqués par leur sélections nationales pour la Coupe des Confédérations, qui débute ce soir.
« Ouvrir les portes »
Par ailleurs, M. Blatter, qui doit assister aux rencontres France-Colombie, à Lyon, et Turquie-États-Unis, demain à Saint-Étienne, ne s’est pas inquiété outre mesure du taux de remplissage des stades (à peine 50 %), dévoilé lundi par la commission d’organisation. « Je suis certain que les organisateurs vont faire un effort, a-t-il affirmé. Il y a en France beaucoup d’amateurs de football. Il faut ouvrir les portes et laisser entrer ceux qui veulent voir du football. » Concernant ses déclarations parues dans le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 11 juin, où il affirmait qu’il pourrait solliciter un troisième mandat à la tête de la Fifa, M. Blatter s’est montré moins catégorique. « En 2007, si la Fifa est en ordre, j’arrêterai », a-t-il assuré hier, rappelant que, en vertu des nouveaux statuts dont la Fifa devrait prochainement se doter, la prochaine élection du président n’aurait vraisemblablement pas lieu en même temps que la Coupe du monde 2006, mais l’année suivante.
« En 1998 (date de sa première élection, ndlr), j’avais dit qu’un président devait faire deux mandats, a reconnu M. Blatter. J’ai été réélu en 2002 avec un vote de confiance. J’ai donné au congrès mon assurance que je voulais relancer la Fifa, sur le plan financier et sur le plan sportif. Je veux laisser la Fifa à mon successeur dans une situation saine. »
« Pas de solution miracle pour jouer à 36 »
Interrogé sur le Mondial 2006, Blatter a déclaré que la « solution miracle », qui permettrait l’élargissement à 36 équipes lors de la phase finale du Mondial 2006, en Allemagne, « n’a pas été trouvée ».
« Le dossier en est au même point, a indiqué M. Blatter. Je défie Einstein ou l’Institut des mathématiques de trouver la formule qui permettra la transparence, en évitant les groupes à trois et qui ne prolongera pas la compétition. » La polémique porte sur le système de répartition des qualifiés pour les 8es de finale dans la mesure où il y aurait neuf groupes de quatre équipes. Les meilleurs seconds ne pourraient pas être désignés le même jour, ce qui laisserait la porte ouverte à d’éventuelles manipulations. « Pour le moment, la solution n’a pas été trouvée », a-t-il ajouté, rappelant que la question serait également tranchée lors du comité exécutif de la Fifa, le 28 juin à Paris. « On a encore dix jours, mais je suis très confiant que nous jouerons la Coupe du monde dans la transparence », a poursuivi M. Blatter, évoquant le « sacro-saint chiffre de 32 ».
Le 3 mai, le comité exécutif de la Fifa s’était prononcé en faveur d’un élargissement à 36, sous réserve de pouvoir trouver une formule satisfaisante dans le déroulement de la phase finale. Cette proposition d’élargissement avait été émise le 7 mars par la Confédération d’Amérique du Sud (Conmebol, qui rassemble dix fédérations). Les Sud-Américains, s’estimant lésés par la nouvelle répartition des places en phase finale décidée en décembre et par le fait que le champion en titre (le Brésil) n’est plus qualifié automatiquement, avaient demandé que quatre équipes supplémentaires (deux sud-américaines et deux européennes) soient qualifiées pour la phase finale dès 2006. S’il estime la mise en œuvre de cet élargissement difficile, M. Blatter a laissé entendre hier que les confédérations qui s’estiment lésées pourront essayer de « s’arranger en interne entre confédérations », sans remettre en cause le format avec 32 participants. Enfin, M. Blatter a annoncé la nomination du Français Jérôme Valcke, 42 ans, à la direction de la société Fifa Marketing.


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