Le parterre de journalistes présents dans la salle des Nets n’en revenait pas qu’à 21 ans, et en deux saisons dans le basket américain, Parker fasse preuve d’autant de maturité, de vision de jeu, d’adresse et de culot en n’hésitant pas à aller provoquer les « durs » comme Kenyon Martin sous les panneaux.
Le tout, en étant capable de mettre sous silence Jason Kidd (12 pts et 11 passes décisives mais 6/19 aux tirs et 4 balles perdues), son vis-à-vis, considéré comme le meilleur meneur du moment et annoncé comme possible transfert à San Antonio la saison prochaine.
« J’essaye de ne pas me mettre trop de pression. Le principal pour moi, c’est l’opposition entre les Spurs et les Nets et d’essayer d’être agressif », expliquait « T.P » avec un calme olympien, le sourire accroché sur un visage classé parmi les 50 plus beaux par l’hebdomadaire américain People.
« Beaucoup de choses peuvent se passer durant l’été, poursuivait-il. Vous savez, la NBA, c’est du business et je ne peux pas me laisser affecter par cela. Je n’ai pas le contrôle sur ce que vont faire les Spurs cet été, s’ils vont prendre Jason Kidd ou si je vais jouer avec eux. »
En attendant, « T.P » a pris une nouvelle fois le meilleur sur Kidd, surtout durant le dernier quart-temps où l’ex-Parisien inscrivait 11 pts contre 2 seulement à son rival.
Comment expliquer cet ascendant sur un membre des All-Star, champion olympique à Sydney et sélectionné dans la prochaine équipe américaine ? « Je ne sais pas, avouait le Français. J’essaye juste d’être agressif en défense tout en lui mettant la pression ». Heureux de son sort, Parker n’est pas du genre à tirer la couverture à lui seul. Il insistait ainsi sur l’importance d’avoir à ses côtés un joueur comme Tim Duncan, le « MVP » (meilleur joueur) de la saison qui fut l’objet d’une garde très rapprochée et n’a pas hésité à se transformer en passeur.
« Ça aide d’avoir Tim Duncan dans mon équipe. L’attention dont il fait l’objet m’aide à pénétrer dans la raquette, à avoir des tirs faciles », expliquait-il, n’hésitant pas à comparer son association avec Duncan aux duos célèbres tels « Shaq (O’Neal) avec Kobe (Bryant) ou Magic (Johnson) avec (Kareem Abdul) Jabbar ».
S’il ne le dit pas, Parker rêve évidemment de rejoindre ces illustres joueurs dans les annales de la NBA. D’être le premier français à inscrire son nom au palmarès du meilleur championnat de basket, exploit dont il n’est désormais qu’à deux victoires.
Il sait aussi que les Nets, bien que menés 1-2, vendront chèrement leur peau, surtout que les deux prochains matches (mercredi et vendredi), d’une série disputée au meilleur des sept rencontres, sont également prévus dans leur salle.
« Même s’ils ont peut-être une baisse de confiance, ils vont se battre. Et les finales NBA reviennent à celui qui a le plus envie de gagner », estimait Parker qui, ironie du sort, restera peut-être dans l’histoire le Français qui aura aidé les Texans à remporter la bataille NBA de 2003...


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