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San Siro, cœur battant de Milan et de l’Europe

Le stade San Siro, splendide écrin et cadre unique d’une demi-finale de Ligue des champions, qui verra les frères ennemis du Milan AC et de l’Inter s’affronter pour la 254e et la 255e fois de leur histoire, est plus que jamais le cœur battant de l’Europe du football. L’enceinte, baptisée Giuseppe-Meazza, que se partagent Nerazzuri (Inter) et Rossoneri (Milan), située dans le quartier San Siro, va en effet accueillir son premier derby européen et, fait unique, sera le théâtre des deux manches d’une même demi-finale de C1, l’aller ayant lieu mercredi. Car San Siro est au football ce que le Dôme est à Milan : un symbole. Planté dans les quartiers ouest de la ville, Giuseppe-Meazza (85 700 places assises) ressemble à une forteresse imprenable avec ses hautes rampes d’accès et trois niveaux de tribune. À l’intérieur, c’est l’ébullition. « On sent le souffle de la foule, on a l’impression d’être porté par 80 000 personnes, les joueurs en sont presque agressés », juge un journaliste connaisseur de l’endroit. Chaque dimanche, jour de championnat en Italie, des cohortes de tifosi, milanistes ou interistes, viennent en procession assister aux matches de série A, où leurs équipes, malgré quelques creux, ont presque toujours fréquenté le haut du tableau (16 scudetti pour le Milan AC, 13 pour l’Inter). Le pèlerinage dure depuis 1926 pour les Rossoneri, les interistes s’y joignent depuis 50 ans. Mais si, par le passé, un clivage a pu exister entre un Milan AC (créé en 1899) aux accents populaires, et un « Internazionale » (1908) à l’image britannique et snob, entre un club de gauche et un de droite, les choses ont radicalement changé. Le déterminisme sociologique n’existe plus à Milan. Milan, club du pouvoir Ainsi, l’Inter a flirté avec l’extrême droite dans les années 60 alors qu’aujourd’hui son président millionnaire, Massimo Moratti, qui a fait sa fortune dans le pétrole, a failli être le candidat de la gauche aux dernières municipales à Milan. De même le Milan AC, soutenu à l’origine par les Milanais de souche (par opposition aux nouveaux arrivants) et les classes populaires traditionnelles, est-il devenu le club du pouvoir. Présidé par le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi (droite) et dirigé par Adriano Galliani, président de la Ligue italienne, très influent au G14, « Il Milan » véhicule une image de club privilégié et protégé. À défaut d’enracinement sociologique, et dans une Italie à forte tradition chrétienne, c’est bien la famille qui fait office de valeur de référence. À Milan, on naît milaniste ou interiste. Et comme ce déterminisme familial qui joue pour les supporteurs, l’histoire des deux clubs repose en partie sur des dynasties familiales. Celle des Maldini, Cesare le père, Paolo le fils, qui ont ainsi laissé leur empreinte au Milan AC. Comme Moratti, qui tente de rendre à l’Inter le lustre que lui donna son père Angelo, président lorsque les Nerazzuri gagnèrent leurs seules C1 (1964 et 1965), contre 5 au Milan. En près d’un siècle d’histoire commune, un seul homme est parvenu à faire le lien. Attaquant champion du monde en 1938, Giuseppe-Meazza a porté les deux maillots. À sa mort, San Siro a été débaptisé avec l’accord des deux camps.
Le stade San Siro, splendide écrin et cadre unique d’une demi-finale de Ligue des champions, qui verra les frères ennemis du Milan AC et de l’Inter s’affronter pour la 254e et la 255e fois de leur histoire, est plus que jamais le cœur battant de l’Europe du football. L’enceinte, baptisée Giuseppe-Meazza, que se partagent Nerazzuri (Inter) et Rossoneri (Milan), située dans le quartier San Siro, va en effet accueillir son premier derby européen et, fait unique, sera le théâtre des deux manches d’une même demi-finale de C1, l’aller ayant lieu mercredi. Car San Siro est au football ce que le Dôme est à Milan : un symbole. Planté dans les quartiers ouest de la ville, Giuseppe-Meazza (85 700 places assises) ressemble à une forteresse imprenable avec ses hautes rampes d’accès et trois niveaux de tribune. À...