Le vol de trésors archéologiques serait l’œuvre de trafiquants organisés
le 18 avril 2003 à 00h00
Le pillage du musée de Bagdad a été une opération « planifiée », réalisée par des bandes organisées qui ont bénéficié de facilités, a affirmé, jeudi à Paris, McGuire Gibson, professeur à l’université de Chicago et spécialiste du patrimoine irakien. M. Gibson a précisé que, lors de l’incendie de la Bibliothèque de Bagdad, plusieurs collections de manuscrits avaient été détruites. Au ministère des Awqaf (ndlr : biens religieux), « une bibliothèque de Corans anciens a également brûlé », a-t-il dit. Selon lui, avant le pillage, le musée archéologique était « l’un des endroits les plus sûrs pour les objets d’art » puisqu’il n’avait subi aucun bombardement. Il y a eu, a-t-il encore déclaré, deux sortes de pillages : le premier était « organisé », le second était le fait « de gens en colère ou d’adolescents ». « De cette deuxième catégorie de vols », espère-t-il, « des objets vont peut-être réapparaître ». Enfin, il a indiqué que la collection de tablettes cunéiformes en argile, témoignages des écritures babyloniennes et sumériennes, avait été « perdue ». L’Unesco crée un fonds spécial pour le patrimoine culturel irakien Le directeur-général de l’Unesco, Koïchiro Matsuura, a annoncé hier à Paris la création d’un « fonds spécial pour le patrimoine irakien » et proposé la mise en place de « mesures d’urgence ». Ce fonds spécial, a précisé M. Matsuura à l’ouverture d’une conférence regroupant une trentaine d’experts internationaux, sera alimenté par les contributions de nombreux pays dont l’Italie, « qui a été la première à offrir une contribution de 400 000 dollars », et d’autres pays « dont la liste grandit chaque jour » émanant d’États comme le Qatar, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Égypte et diverses institutions. « Des mesures d’urgence s’imposent, comme la mise en place par les autorités sur place, et sur tout le territoire irakien d’une police du patrimoine chargée de veiller sur les sites et institutions culturels, y compris les bibliothèques et les bâtiments abritant des archives », a affirmé M. Matsuura. La réunion d’hier au siège de l’Unesco intervient une semaine après le pillage notamment des musées de Bagdad et Mossoul (Nord), au lendemain de la chute de Bagdad et des principales villes irakiennes aux mains des troupes américaines. « Le plan d’action d’urgence devra bien entendu être élaboré en coordination avec le plus grand nombre possible de partenaires et d’institutions (...) La situation est très certainement confuse en Irak, mais nous avons déjà hélas des certitudes préoccupantes : le pillage des musées de Bagdad et de Mossoul, l’incendie de la bibliothèque nationale. Sans parler des dommages subis par nombre de sites patrimoniaux et de leur pillage », a souligné M. Matsuura.
Le pillage du musée de Bagdad a été une opération « planifiée », réalisée par des bandes organisées qui ont bénéficié de facilités, a affirmé, jeudi à Paris, McGuire Gibson, professeur à l’université de Chicago et spécialiste du patrimoine irakien. M. Gibson a précisé que, lors de l’incendie de la Bibliothèque de Bagdad, plusieurs collections de manuscrits avaient été détruites. Au ministère des Awqaf (ndlr : biens religieux), « une bibliothèque de Corans anciens a également brûlé », a-t-il dit. Selon lui, avant le pillage, le musée archéologique était « l’un des endroits les plus sûrs pour les objets d’art » puisqu’il n’avait subi aucun bombardement. Il y a eu, a-t-il encore déclaré, deux sortes de pillages : le premier était « organisé », le second était le fait « de gens en...
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