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L’opposition se réunit aujourd’hui à Nassiriyah, Chalabi et l’Asrii absents

Les États-Unis estiment l’Irak suffisamment pacifié pour aménager, aujourd’hui à Nassiriyah, une première rencontre entre anciens opposants à Saddam Hussein, destinée à faire émerger « sous quelques semaines » une nouvelle autorité civile sur le pays. Mais la réussite de cette réunion semble d’ores et déjà compromise, Ahmad Chalabi, le chef du Conseil national irakien (CNI), et l’Assemblée suprême de la révolution islamique en Iran (Asrii), principal groupe d’opposition chiite irakienne, ayant fait savoir qu’ils n’y participeraient pas. « Ce qui est le plus important à nos yeux, c’est l’indépendance (...) Nous refusons de nous mettre sous la férule des Américains ou de tout autre pays, car cela n’est pas dans l’intérêt des Irakiens », a expliqué le numéro deux de l’Asrii, Abdel Aziz al-Hakim. L’absence de M. Chalabi n’a par ailleurs pas provoqué beaucoup d’émois en Irak, la plupart des gens ne le connaissant pas. Interrogé sur l’impact sur la réunion de l’absence d’Ahmad Chalabi, un haut responsable a assuré que « Chalabi n’est qu’un des chefs reconnus de l’opposition, nous avons des contacts avec d’autres chefs ». Ahmad Chalabi, qui a d’ailleurs déclaré, dans une interview au Monde hier, que les Nations unies, la France et l’Allemagne n’ont pas de rôle à jouer en Irak et sont mal vues dans ce pays. La rencontre de Nassiriyah n’est censée être que la première d’une série d’autres au niveau régional, avant une réunion nationale décisive dont la tenue est espérée « sous quelques semaines », ont expliqué hier au Qatar de hauts responsables gouvernementaux américains. « Ce sera le début d’un dialogue national entre Irakiens », a assuré l’un de ces hauts responsables, affirmant que le rôle de la délégation américaine sur place et l’assistance logistique fournie par le Commandement central américain (Centcom) basé au Qatar n’étaient que de « faciliter » la rencontre, « étant donné la situation sécuritaire ». La délégation américaine sera conduite par le représentant spécial de la Maison-Blanche auprès de l’opposition irakienne, Zalmay Khalizad, qui était présent hier au Qatar. Le dirigeant kurde Massoud Barzani de son côté a invité les États-Unis à transférer aux Irakiens le contrôle de leur pays le plus rapidement possible sous peine d’être confrontés à une résistance de plus en plus forte de la population locale. Sans vouloir donner de noms, un haut responsable US a fait état de « 70 à 80 » invitations lancées à des opposants de toutes les régions d’Irak et de l’étranger, mais aussi à des responsables locaux du parti Baas. Le futur administrateur civil provisoire de l’Irak, le général américain Jay Garner, sera le « modérateur » des débats à Nassiriyah. Entre autres « coordinateurs » accompagnant Zalmay Khalizad, figureront Ryan Crocker, adjoint du sous-secrétaire d’État américain chargé du Proche-Orient, le Britannique Edward Chapman, le Polonais Ryszard Kryztoszek, ancien représentant des intérêts US à Bagdad, et l’Australien Peter Varghese. Dans tout ce processus, « il y aura un rôle pour l’Onu, mais elle ne le dirigera pas », a souligné un autre haut responsable du gouvernement américain. Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw a de son côté déclaré que les Britanniques et les États-Unis souhaitaient voir les trois autres membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu – Chine, France et Russie – aider à la reconstruction de l’Irak. Mais, a-t-il averti, si une telle coopération ne s’offre pas, « nous trouverons d’autres solutions ».
Les États-Unis estiment l’Irak suffisamment pacifié pour aménager, aujourd’hui à Nassiriyah, une première rencontre entre anciens opposants à Saddam Hussein, destinée à faire émerger « sous quelques semaines » une nouvelle autorité civile sur le pays. Mais la réussite de cette réunion semble d’ores et déjà compromise, Ahmad Chalabi, le chef du Conseil national irakien (CNI), et l’Assemblée suprême de la révolution islamique en Iran (Asrii), principal groupe d’opposition chiite irakienne, ayant fait savoir qu’ils n’y participeraient pas. « Ce qui est le plus important à nos yeux, c’est l’indépendance (...) Nous refusons de nous mettre sous la férule des Américains ou de tout autre pays, car cela n’est pas dans l’intérêt des Irakiens », a expliqué le numéro deux de l’Asrii, Abdel Aziz...