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Médecine légale La science médicale alliée de la justice(photos)

«La criminalistique constitue l’ensemble de la science du crime qui regroupe un grand nombre de domaines et de spécialités, tels que la toxicologie, l’étude de l’ADN, la balistique, l’étude des empreintes génétiques, celle des taches biologiques et autres ainsi que celle des tissus et des fibres. Mais également l’analyse des documents (lettres manuscrites, billets de banque, chèques, photocopies, etc.)», explique le Dr Naji Souaiby, médecin réanimateur, chef de service des Urgences à l’hôpital St-Charles, médecin légiste, membre de la Société de médecine légale et de criminologie de France. Selon cet éminent spécialiste, l’objectif de la médecine légale n’est autre que la recherche de la vérité, à l’aide du savoir scientifique. «Son efficacité reflète le niveau démocratique et moral d’un peuple, d’une nation», selon le Pr Eric Bassinet, président de l’Association internationale de la médecine légale. «Cette attestation définit parfaitement l’importance que revêt cette science», indique le Dr Souaiby. L’étude des violences «La victomologie, poursuit le Dr Souaiby, est l’étude clinique des violences, qu’elles soient volontaires ou involontaires. En étudiant les lésions, leur répercussion fonctionnelle, leur mécanique, le médecin légiste définit “la réparation juridique du dommage corporel”.» En d’autres termes, l’évaluation des conséquences fonctionnelles en vue d’une indemnisation proportionnelle au préjudice subi. «Le rôle du juriste, indique-t-il, consiste à la détermination de ce qu’on appelle “l’imputabilité médico-légale”. C’est-à-dire le fait de déterminer si le préjudice subi par la victime est effectivement la conséquence de la violence subie, en qualifiant le préjudice et en l’évaluant selon des normes précises établies.» L’étude post mortem La thanatologie est l’étude post mortem (ou autopsie) d’un corps. Elle peut être scientifique, servant à la formation de futurs médecins ou de recherches d’ordre scientifique, ou médico-légale. Son objectif serait alors de déterminer la cause du décès et de préciser son origine (naturelle, accidentelle, criminelle ou volontaire (suicide). L’autopsie peut encore avoir pour but d’identifier le corps, son sexe, son âge. Ou bien la cause précise de sa mort et la date de son décès. «Il s’agit, précise le Dr Souaiby, d’une branche de la médecine légale majeure, où une grande expérience est requise. Il est important de savoir si une contusion ou une blessure sont survenues avant ou après la mort du sujet. Ou bien si une noyade a été réellement la cause du trepas et que le corps ne fut pas jeté à la mer après l’assassinat pour camoufler le crime. Certains signes permettent au médecin légiste de répondre avec précision à ces interrogations, parfois d’une complexité extrême.» Le champ d’action du médecin légiste Le médecin légiste est désigné par une autorité judiciaire ou autres, pour accomplir une mission d’expertise ou donner un avis scientifique basé sur sa compétence. Un champ très vaste, où compétence, savoir et sens de responsabilité scientifique et morale se trouvent intimement liés et sollicités... Dyslexie et géographie Pour quelle raison certains pays, tels que l’Italie ou la Belgique, accusent moins de cas de dyslexie. Il y a 50% moins de dyslexiques en Italie qu’aux États-Unis. Or les mécanismes cérébraux impliqués dans ce trouble du langage sont exactement les mêmes. C’est là la conclusion d’une enquête internationale dont les résultats ont été publiés dans la revue scientifique Science. La question n’est pas restée sans réponse. Selon des travaux récents, certaines langues sont plus faciles à lire que d’autres. Et il en est de même pour leur écriture. En anglais, on compte 120 combinaisons (graphèmes) pour écrire les 40 sons utilisés en parlant (phonèmes). En français, on compte plus de 190 graphèmes pour les 35 sons de la langue de Molière... En italien, qualifié de langue «régulière» (par opposition à celles mentionnées plus haut), 33 graphèmes s’avèrent suffisants pour représenter les 25 sons utilisés. Fait curieux, toutefois, des tests réalisés auprès d’un nombre d’élèves (72) dyslexiques ont montré que tous, quand ils lisent, accusent une activité cérébrale réduite, dans la même région cérébrale (lobe temporal gauche). Conclusion: le trouble en question n’est ni purement psychologique ni purement génétique, comme le prétendent certains chercheurs. Mais probablement une combinaison des deux. Les études, toutefois, se poursuivent. Andrologie Voix grave et virilité Selon Sarah Collins, spécialiste néerlandaise du comportement, les femmes au moment du choix de leur partenaire mâle sont très influencées par la fréquence vocale masculine. Or, cette femme de science a démontré qu’il n’existe aucune corrélation entre le timbre de la voix et les caractéristiques physiques des 34 hommes qui ont accepté de se soumettre à son expérience. Cependant, lorsque Sarah Collins a demandé aux femmes de classer l’apparence supposée de ces hommes en fonction des enregistrements de leurs voix, la quasi unanimité a opté pour les hommes à voix grave. «L’imagination joue un rôle décisif dans ce domaine», a expliqué cette femme de science. La voix grave évoque pour les participantes, comme pour les femmes en général, un homme fort, grand et surtout viril. Même si dans la vie courante on ne choisit pas un partenaire sur simple enregistrement vocal, Sarah Collins estime que l’importance de la voix joue un rôle inavoué ou inconscient. Il ne faut donc pas mésestimer son poids. Pour elle, la voix révèle une information indéniable sur la masculinité du sujet. Cette dernière comprise comme l’aptitude à la domination. Morale à retenir: les femmes rêvent d’être dominées, ne serait-ce que par autosuggestion. La masculinité comprise comme l’aptitude à imposer la suprématie masculine, la voix grave devient atout de séduction majeure. Il ne reste plus aux hommes qu’à cultiver leurs notes mâles. Même si, en principe, on ne choisit pas un partenaire à partir de ses cocoricos... Adolescence Une période dure à vivre Pour trouver une place autant au sein de sa propre famille qu’au sein même de la société, l’enfant d’hier qui n’est pas encore l’adulte de demain cherche, souffre et fait souffrir... Agressif, souvent violent, l’adolescent met tout en question. Il cherche les raisons de chaque contrainte qui lui est imposée, pose des quesitons, se révolte face à chaque interdiction, refuse et conteste chaque obligation, devoir ou ordre... D’où la difficile et ingrate tâche de lui réapprendre le sens des interdits... Même si son attitude affiche ennui et réprobation, il est du devoir des parents d’insister à transmettre au jeune rebelle principes et valeurs, et à expliquer les interdits. Les bêtises, les faux pas et l’insolence font certes partie de cette période critique. Mais les parents bon gré mal gré doivent accepter que «jeunesse passe». Et comme l’adolescent qui n’écoute jamais quand on lui parle, il entend quand même ne jamais se lasser de lui répéter l’essentiel... Les règles fondamentales, le «pourquoi» des interdictions, la raison de tout refus doivent lui être expliqués. Cela n’empêchera ni bêtises ni faux pas. Mais installera des barrières qui lui serviront de garde-fous à l’âge adulte... Interdits de protection, frontières morales et références l’aideront malgré lui à construire son profil adulte. Qu’en est-il des sanctions? La sanction, dont le prix doit impérativement être annoncé d’avance, a un rôle à jouer, elle désigne les limites de la permissivité: il existe des comportements intolérables. À éviter, toutefois, humiliation et persiflage, tout en lui indiquant indirectement le moyen de réparation ou de rachat... Plus efficace qu’une raclée, une lourde sanction ou une punition sanglante, ce système aide à consolider un code moral et une personnalité. Même si l’adolescent n’est pas disposé à écouter, il entend quand même et le discours transmis n’est jamais perdu... Si, par malheur, il se montre violent, mieux vaut faire appel à un spécialiste (psychologue). Lui saura comprendre les difficultés autant du sujet que de sa famille. Il saura aussi indiquer les moyens permettant de sortir de l’impasse, en attendant que «jeunesse (et crise) passe»... RUBRIQUE RÉALISÉE PAR Claire Gebeyli
«La criminalistique constitue l’ensemble de la science du crime qui regroupe un grand nombre de domaines et de spécialités, tels que la toxicologie, l’étude de l’ADN, la balistique, l’étude des empreintes génétiques, celle des taches biologiques et autres ainsi que celle des tissus et des fibres. Mais également l’analyse des documents (lettres manuscrites, billets de banque, chèques, photocopies, etc.)», explique le Dr Naji Souaiby, médecin réanimateur, chef de service des Urgences à l’hôpital St-Charles, médecin légiste, membre de la Société de médecine légale et de criminologie de France. Selon cet éminent spécialiste, l’objectif de la médecine légale n’est autre que la recherche de la vérité, à l’aide du savoir scientifique. «Son efficacité reflète le niveau démocratique et moral d’un...