Donald Rumsfeld, un dur qui a poussé à la guerre américaine contre l’Irak, ne laisse pas indifférent : autoritaire, débordant d’énergie à 70 ans, le secrétaire à la Défense est un personnage médiatique qui peut séduire par son ironie et son intellect. Poids lourd incontournable de l’Administration Bush, il est convaincu comme les autres ténors idéologues de l’aile conservatrice que « la guerre globale contre le terrorisme » doit passer par le renversement de Saddam Hussein et que l’Amérique doit défendre ses intérêts mondiaux sans complexes. À l’automne 2001, il avait supervisé la campagne militaire en Afghanistan qui a vite abouti à l’écrasement des talibans et des camps terroristes d’el-Qaëda. Multimillionnaire qui avait aussi réussi dans les affaires (pharmacie), il est rappelé à la politique en janvier 2001 par le président George W. Bush pour mettre en place un système de défense antimissile. « Don » Rumsfeld devient alors le plus vieux secrétaire à la Défense, après en avoir été le plus jeune, un quart de siècle plus tôt, sous la présidence de Gerald Ford (1974-1977). Il joue les Cassandre avant le 11 septembre en s’inquiétant des risques d’attaques de terroristes ou d’États « voyous ». Un de ses mantras, c’est la menace immense que feraient peser les armes de destruction massive (biologiques, chimiques, nucléaires, radiologiques) si elles passaient d’États voyous à des groupes terroristes. Par ses nombreuses conférences de presse au Pentagone, où il éclipse régulièrement le chef d’état-major Richard Myers, cet homme aux traits fins et à la mâchoire volontaire est devenu un chouchou des télévisions américaines. Il sait aussi charmer en privé. Mais récemment, des journaux américains et même le chef du gouvernement espagnol José Maria Aznar lui ont recommandé de « moins parler », d’éviter de jeter de l’huile sur le feu. Ses récentes déclarations sur « la vieille Europe » avaient suscité un tollé en Allemagne et en France. M. Rumsfeld, dit « Rummy », n’a pas que des amis. Des militaires, sous le couvert de l’anonymat, lui reprochent son arrogance et de trop s’impliquer dans la stratégie et la tactique, en méprisant les avis de certains généraux. Selon des experts, ce bourreau de travail a ainsi imposé au général Tommy Franks une campagne de bombardements de précision et de forces légères en Afghanistan. Il aurait aussi renvoyé plusieurs fois aux stratèges leurs plans de guerre irakienne, avant de parvenir à un compromis avec le général Franks sur l’envoi de 250 000 militaires dans le Golfe. Envoyé spécial de Ronald Reagan, Rumsfeld a rencontré Saddam Hussein en 1983 à une époque où Washington soutenait l’Irak contre la République islamique d’Iran, jugée plus menaçante. Le chef du Pentagone poursuit en parallèle une difficile entreprise de « transformation » des armées, pour en faire des forces très mobiles, hypermodernes, tout en taillant dans de coûteux programmes d’armements dépassés et dans la bureaucratie. Les parlementaires et l’establishment militaire faillirent obtenir son départ, juste avant les attentats du 11 septembre. Ancien pilote de l’aéronavale, champion de lutte, il fut jeune représentant au Congrès, puis ambassadeur américain à l’Otan de 1973 à 1974, avant de devenir secrétaire général de la Maison-Blanche sous Gerald Ford, puis ministre de la Défense pour deux ans en 1975.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Donald Rumsfeld, un dur qui a poussé à la guerre américaine contre l’Irak, ne laisse pas indifférent : autoritaire, débordant d’énergie à 70 ans, le secrétaire à la Défense est un personnage médiatique qui peut séduire par son ironie et son intellect. Poids lourd incontournable de l’Administration Bush, il est convaincu comme les autres ténors idéologues de l’aile conservatrice que « la guerre globale contre le terrorisme » doit passer par le renversement de Saddam Hussein et que l’Amérique doit défendre ses intérêts mondiaux sans complexes. À l’automne 2001, il avait supervisé la campagne militaire en Afghanistan qui a vite abouti à l’écrasement des talibans et des camps terroristes d’el-Qaëda. Multimillionnaire qui avait aussi réussi dans les affaires (pharmacie), il est rappelé à la...