La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon sont montées au créneau hier pour rassurer les marchés financiers qui restent nerveux en raison des incertitudes sur la durée de la guerre en Irak. « Le conseil des gouverneurs (de la BCE) a procédé à un nouvel examen de la situation économique compte tenu des tensions géopolitiques. Il se tient prêt à agir en cas de nécessité », a-t-il souligné à l’issue d’une réunion prévue de longue date. En particulier, « les marchés de capitaux peuvent compter sur un approvisionnement suffisant en liquidités, même dans des circonstances exceptionnelles, comme ce fut le cas dans le passé », a-t-il indiqué. À l’époque, l’institut monétaire avait procédé à une injection exceptionnelle de plusieurs dizaines de milliards d’euros de liquidités dans le circuit bancaire pour assurer la stabilité du système financier. C’est précisément ce qu’a fait la Banque du Japon dès hier en injectant en urgence 1 000 milliards de yens (7,9 milliards d’euros) sur le marché monétaire à court terme. La Banque centrale « se tient prête à faire tous les efforts nécessaires, dont l’apport de liquidités supplémentaires, afin d’assurer la stabilité du marché financier », a indiqué le nouveau gouverneur japonais Toshihiko Fukui. Il a dans la foulée fait entrevoir la possibilité d’un nouvel assouplissement monétaire pour lutter contre la déflation. Une position qui rejoint celle de la BCE. « Dans une période de fortes tensions, il est extrêmement important que les autorités assument leurs responsabilités, afin de réduire les incertitudes et de renforcer la confiance. Dès lors, dans le cadre de son mandat, la BCE continuera à examiner de manière approfondie l’évolution de la situation », souligne son conseil. Toutefois, elle refuse de céder à la panique à ce stade, faute de visibilité sur l’impact de la guerre. « Il est impossible, à ce stade, d’évaluer avec précision ses répercussions à court et à moyen terme sur la zone euro », a-t-elle fait valoir. Il y a un an et demi, moins d’une semaine après l’effondrement des tours jumelles du World Trade Center, la banque avait réduit son principal taux d’intérêt en coordination avec la Réserve fédérale américaine, pour redonner confiance aux marchés financiers. Elle semble à présent vouloir attendre un peu, deux semaines seulement après avoir déjà réduit son taux principal d’un quart de point à 2,5 %. En cela, elle est au diapason de la Fed, même si la situation de départ est différente puisque le taux directeur aux États-Unis est de moitié inférieur à celui de la zone euro (1,25 %). Mardi, la Banque centrale américaine a ainsi adopté un statu quo attentiste en soulignant combien l’ampleur des risques géopolitiques rendait difficile toute prédiction sur l’évolution de l’économie. De surcroît, les attentes d’assouplissement monétaire sur les marchés financiers ont paradoxalement décliné ces dernières semaines sur les marchés financiers. « Il y a deux semaines, les marchés pariaient sur une détente agressive de la part des banques centrales. À présent, ils misent plutôt sur un conflit bref et couronné de succès (pour les États-Unis) et jugent donc qu’il n’y a pas besoin d’autres baisses de taux », estime Adolf Rosenstock, économiste de Nomura.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Banque centrale européenne (BCE) et la Banque du Japon sont montées au créneau hier pour rassurer les marchés financiers qui restent nerveux en raison des incertitudes sur la durée de la guerre en Irak. « Le conseil des gouverneurs (de la BCE) a procédé à un nouvel examen de la situation économique compte tenu des tensions géopolitiques. Il se tient prêt à agir en cas de nécessité », a-t-il souligné à l’issue d’une réunion prévue de longue date. En particulier, « les marchés de capitaux peuvent compter sur un approvisionnement suffisant en liquidités, même dans des circonstances exceptionnelles, comme ce fut le cas dans le passé », a-t-il indiqué. À l’époque, l’institut monétaire avait procédé à une injection exceptionnelle de plusieurs dizaines de milliards d’euros de liquidités dans le...