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Entrevue Émile E. Lahoud: L’ecstasy, une véritable menace pour les jeunes (photo)

Le président de la commission parlementaire de la Jeunesse et du Sport a beaucoup à faire ces temps-ci. Marié depuis près de six mois, il reste très proche des soucis des jeunes en pleine tourmente, qui ne savent plus vraiment en qui croire. Émile Lahoud pense, lui, qu’il faut promouvoir le sport, ces activités saines qui aident à voir la situation de façon positive, mais ce n’est pas toujours facile dans les circonstances actuelles. C’est ainsi qu’il aurait souhaité que la désignation du Liban pour accueillir les Jeux francophones en 2009 soit mieux mise en valeur, tout comme, à son avis, le phénomène des adorateurs du diable a été amplifié. Mais le plus important reste la situation régionale et le fait que, selon lui, la guerre est toujours négative. «La bataille n’a pas été facile. La Bulgarie et la Roumanie étaient candidates et avaient bien préparé leurs dossiers.» Président de la commission parlementaire de la Jeunesse et du Sport, Émile Lahoud a suivi de près le dossier des Jeux francophones de 2009 et il sait combien le Liban a joué serré pour obtenir le privilège de les accueillir. Car il s’agit bien d’un privilège. «Ce sera l’événement sportif le plus important de l’histoire du Liban, précise-t-il. Près de 40 délégations, dont certaines de très haut niveau, il y a de quoi être fier pour le Liban. Et je dois dire que le plus gros travail a été celui du ministre de la Jeunesse et du Sport, Sébouh Hovnanian, qui a négocié serré. Pourtant, son département est toujours une structure vide et son budget a été encore réduit de 40%.» Le jeune député déplore le fait que le gouvernement n’accorde pas plus d’importance aux installations sportives, qui pourraient pourtant éloigner les jeunes de toutes les dérives, notamment le phénomène des adorateurs du diable, mais surtout la drogue, et pour évoquer des produits légaux, de la cigarette et de l’alcool. Des taxes sur l’alcool et le tabac, pour les installations sportives La commission parlementaire qu’il préside prépare d’ailleurs un projet de loi qui prévoit le prélèvement d’une taxe symbolique sur l’alcool et le tabac, une marge vraiment dérisoire, dont les consommateurs s’apercevront à peine, mais qui permettrait, en s’accumulant, de renforcer les installations sportives. «Actuellement, dit-il, le budget du ministère est de 12 milliards de livres et, par le biais de cette taxe, il pourrait doubler, permettant d’investir dans les installations sportives, tout en taxant des produits nocifs pour les jeunes et les moins jeunes.» Selon M. Lahoud, le Liban possède toutes les capacités nécessaires et il l’a prouvé en accueillant deux importants sommets au cours de l’an dernier, «au point, précise-t-il, que certaines délégations ont demandé à rester plus longtemps sur place.» Mais ce qui manque ce sont les ressources et un plein appui du gouvernement. Au sujet des adorateurs du diable, Émile Lahoud se veut rassurant. «Des dizaines de rumeurs, les unes plus horribles que les autres, me sont parvenues et j’ai, bien sûr, mené ma propre enquête. Selon moi, le phénomène n’est certainement pas aussi étendu que le croit la population. Il existe, c’est certain, mais il n’a pas atteint des proportions inquiétantes. De plus, la plupart de ceux qui pratiquent le rituel des adorateurs du diable en ignorent la signification et la portée. C’est pour eux une sorte de mode, un moyen de contestation. Les enquêtes menées par les autorités montrent que bien peu sont véritablement engagés dans cette voie. Il n’y a donc pas lieu de paniquer. Mais la société libanaise a toujours été excessive, amplifiant les phénomènes et faisant plus travailler son affectivité que sa raison.» Émile Lahoud est convaincu que ce n’est ni l’Église, désireuse de mieux contrôler les jeunes, ni l’État, souhaitant justifier un plus grand contrôle de la rue, qui seraient derrière l’amplification du phénomène. «C’est la société elle-même, victime de sa propre tendance à l’excès, qui a donné naissance spontanément à ce phénomène. Mais, à mon avis, il n’y a pas vraiment lieu de s’inquiéter. Non, ce qui est plus terrible pour les jeunes, c’est la consommation de l’ecstasy, d’après mes informations, très répandue au sein de toutes les couches sociales. Ce serait un diable tout aussi nuisible, ainsi que la drogue, voire l’alcool.» Quelle cible après l’Irak? Selon le député, si tous ces phénomènes touchent les jeunes, c’est parce que ceux-ci constituent la partie la plus vulnérable de la société. «De plus, ils sont la force vive, l’avenir, tout en ayant du mal à trouver leur place dans la société. C’est pourquoi il faut les aider. Au cours de la prochaine réunion de la commission, nous évoquerons sans doute ce problème.» À 28 ans, Émile lahoud se considère lui aussi comme faisant partie des jeunes et proche de leurs problèmes. «J’en suis moi aussi à fonder une famille, à construire un avenir et je comprends parfaitement les angoisses des jeunes de mon âge. Si les activités politiques m’éloignent un peu de certaines réalités, au quotidien, je suis toujours un jeune qui veut se faire une place dans l’avenir.» Et les activités politiques, c’est aujourd’hui la situation en Irak, où Émile Lahoud s’est rendu il y a près d’un an. Cette visite ne lui a pas permis de se faire une idée précise de l’état d’esprit des dirigeants irakiens mais, ce qu’il sait, c’est que la guerre que comptent mener les Américains lui paraît illogique et dépourvue de légitimité. «On ne déclare pas la guerre sur base de soupçons. C’est contraire à tous les principes. J’air peur pour ces millions de gens qui vont subir les conséquences de cette guerre. Je me demande si tout cela en vaut la peine. Nul ne sortira victorieux de cette aventure et la rue arabe, et même internationale, devient de plus en plus hostile aux Américains. La politique de deux poids deux mesures a certes toujours existé, mais là elle est trop évidente et nous ne pouvons pas rester coi, en priant pour être épargnés. Nous devons aussi défendre nos principes, dire ce que nous pensons, être juste.» Émile lahoud ne croit pas que le Liban sera directement touché. «Il n’y a, ici, ni pétrole ni ressources naturelles. Nous n’intéressons donc pas les Américains. Mais je me demande, après l’Irak, qui sera la prochaine cible...»
Le président de la commission parlementaire de la Jeunesse et du Sport a beaucoup à faire ces temps-ci. Marié depuis près de six mois, il reste très proche des soucis des jeunes en pleine tourmente, qui ne savent plus vraiment en qui croire. Émile Lahoud pense, lui, qu’il faut promouvoir le sport, ces activités saines qui aident à voir la situation de façon positive, mais ce n’est pas toujours facile dans les circonstances actuelles. C’est ainsi qu’il aurait souhaité que la désignation du Liban pour accueillir les Jeux francophones en 2009 soit mieux mise en valeur, tout comme, à son avis, le phénomène des adorateurs du diable a été amplifié. Mais le plus important reste la situation régionale et le fait que, selon lui, la guerre est toujours négative. «La bataille n’a pas été facile. La Bulgarie et la...