La Villa Médicis s’est refait une nouvelle beauté pour fêter le bicentenaire de l’acquisition le 18 mai 1803 par l’Académie de France à Rome de l’ancienne demeure de Ferdinand de Médicis tombée en ruine.Cette nouvelle restauration, estimée à 4,2 millions d’euros, a occupé la dernière décennie du XXe siècle et a redonné à la Villa Médicis son aspect originel dont profite Richard Peduzzi. L’ancien directeur de l’École nationale supérieure des arts décoratifs et scénographe de Patrice Chéreau préside aux destinées de la Villa depuis l’été 2002.À travers des colloques, des expositions ou des conférences, la Villa est devenue un centre important de la vie culturelle romaine et promeut les échanges culturels entre la France et l’Italie.L’Académie de France à Rome prend en pension chaque année derrière sa façade mystérieuse des artistes pour un séjour hors du temps. Tous les pensionnaires, âgés au plus de 35 ans, reçoivent une bourse de 2 700 euros par mois pendant un séjour qui dure entre six mois et deux ans.Créée en 1666 par Colbert, Le Brun et Le Bernin, selon la volonté de Louis XIV, l’Académie s’était installée en 1725 près du Panthéon. Supprimée par les Révolutionnaires, l’Académie est rétablie en 1795 par le Directoire, mais il lui manque encore une résidence.Le but de l’institution était de permettre aux meilleurs artistes et architectes français, qui avaient obtenu le prix de Rome, de perfectionner leur art en copiant des œuvres de l’Antiquité ou de la Renaissance. La Villa dut être entièrement réaménagée pour accueillir les artistes pensionnaires.Le cardinal, grand collectionneur et mécène, avait eu l’ambitieux projet d’édifier son palais sur les hauteurs de Rome afin d’y exposer ses collections d’art antique. Afin d’ajouter à la splendeur du site, il fit aménager de vastes jardins et dissémina dans le parc des sculptures antiques. Mais devenu Grand Duc de Toscane, il abandonna et vida immédiatement sa demeure pour régner à Florence.En revanche, la mission artistique de sa villa fut respectée par l’Académie de France qui aujourd’hui encore accueille des artistes pensionnaires.Le prix de Rome, le plus difficile, mais aussi le plus prestigieux des concours ouverts aux artistes de l’époque, était un évènement annuel de premier plan. Il désignait les pensionnaires qui séjourneraient à Rome, et leur ouvrait bien souvent la porte à de brillantes carrières.Après plus de trois cents ans d’existence, les évènements de mai 1968 mirent fin à la grande tradition du prix de Rome. En 1971, le concours fut remplacé par une commission qui désigne les pensionnaires admis à la Villa Médicis. Il était ouvert à l’origine à quelques disciplines seulement : peinture, sculpture, architecture, estampe et composition musicale. Puis le champ s’est élargi à d’autres spécialités comme l’histoire de l’art, la photographie, le cinéma, le design, le graphisme ou l’art culinaire, plus récemment, mais sans grand succès.
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