L’euro s’est effrité hier sur les marchés des changes internationaux après avoir évolué à son plus haut niveau depuis quatre ans face au dollar (à 1,0935 $), la menace d’une intervention isolée américano-britannique en Irak et l’attentat terroriste aux Philippines ayant pesé sur le billet vert dans la matinée. Ce changement de tendance a été attribué par les cambistes à la publication d’indicateurs économiques européens laissant envisager une nouvelle et sensible baisse du taux directeur de la BCE lors de la réunion, demain, de son conseil des gouverneurs. À cet égard, une baisse d’un demi-point en pourcentage de ce taux de 2,75 % à 2,25 % devrait se révéler négative pour l’euro, sans pour autant amorcer de grands mouvements baissiers sur son marché. De fait, la monnaie unique européenne a commencé à perdre le terrain qu’elle avait gagné plus tôt dans la journée en Europe, après la publication par Eurostat d’une baisse des ventes de détail de 1,1 % en décembre par rapport à novembre dans la zone euro, risquant de peser sur la consommation, dont les dépenses constituent la locomotive de toute croissance. Ce sentiment a été renforcé après l’annonce par l’Insee de la chute du moral économique des ménages français en février à son plus mauvais niveau depuis plus de cinq ans (de -22 à -26) ainsi que par la remontée du chômage dans la zone euro de 8,5% de la population active en décembre à 8,6 % en janvier (définitif). Il en est de même de la mise en garde lancée hier par l’institut allemand de conjoncture IFO que la première économie européenne risque de connaître un phénomène de déflation si les problèmes qui pèsent actuellement sur sa croissance persistent. Dans ce contexte, les opérateurs ont ignoré la hausse de 1,3 % du commerce de détail en Allemagne en janvier ainsi que l’annonce par le cabinet conseil Challenger, Gray & Christmas que les suppressions d’emplois dans les entreprises américaines auraient augmenté de 5 % en février, à 138177, leur niveau le plus élevé depuis novembre 2002, procédant à des ventes sur l’euro au profit du dollar. En effet, celui-ci devait se négocier à New York sur un ton résistant à 1,0885 pour un euro contre 1,0895 la veille, à 1,5815 pour un sterling contre 1,5790, à 1,3395 FS contre 1,3375 et à 117,90 yens contre 117,60. Les Bourses dans le rouge En Bourse, les marchés américains des actions sont restés ancrés dans le rouge hier encore, souffrant toujours d’un contexte géopolitique défavorable et de mauvaises nouvelles économiques. De plus, la décision de General Motors de réduire sa production a pesé sur la cote, surtout après l’annonce par Autodata d’une baisse de 6,9 % des ventes automobiles aux États-Unis en février. Il en est de même de la déclaration de Warren Buffett, selon lequel l’attractivité des actions américaines ne s’est guère améliorée après trois années de baisse des cours. Finalement, Wall Street a reperdu 1,7 % et le Nasdaq 0,95 %. De leur côté, les Bourses européennes ont elles aussi accusé le coup, perdant les maigres bénéfices qu’elles avaient engrangés en trois séances de hausse. Leur tendance a été dominée par le risque de guerre en Irak et les inquiétudes terroristes. En clôture, le CAC 40 a cédé 3,22 %, l’Extra Dax 1,91 % et le Footsie 1,61 %. À Beyrouth, le marché des changes et la Bourse étaient fermés hier en raison du chômage officiel à l’occasion du nouvel an de l’Hégire. Élie KAHWAGI
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’euro s’est effrité hier sur les marchés des changes internationaux après avoir évolué à son plus haut niveau depuis quatre ans face au dollar (à 1,0935 $), la menace d’une intervention isolée américano-britannique en Irak et l’attentat terroriste aux Philippines ayant pesé sur le billet vert dans la matinée. Ce changement de tendance a été attribué par les cambistes à la publication d’indicateurs économiques européens laissant envisager une nouvelle et sensible baisse du taux directeur de la BCE lors de la réunion, demain, de son conseil des gouverneurs. À cet égard, une baisse d’un demi-point en pourcentage de ce taux de 2,75 % à 2,25 % devrait se révéler négative pour l’euro, sans pour autant amorcer de grands mouvements baissiers sur son marché. De fait, la monnaie unique européenne a...