Première collection de poche française avec 18 millions d’exemplaires vendus en 2002, le Livre de poche (Hachette), qui a célébré le 9 février son 50e anniversaire, s’expose à partir de demain mercredi au Centre Pompidou, en collaboration avec la Bibliothèque publique d’information (BPI).Jean-Louis Lisimachio, PDG de Hachette Livre, et Bruno Racine, président du centre (bâtiment qui vient de fêter ses 25 ans), inaugureront ce soir cette exposition qui s’achèvera le 5 mai, parrainée par Daniel Filipacchi, fils du créateur du Livre de Poche, Henri Filipacchi. Elle raconte l’existence de cet « enfant de Gutenberg et du XXe siècle » dont près d’un milliard d’exemplaires ont été produits depuis l’origine, en expliquant quels ont été les précurseurs de la collection, dans quel contexte économique elle est née et comment elle a évolué. Le lieu d’accueil de l’exposition n’a pas été choisi au hasard. Les organisateurs expliquent que les fondateurs du Poche voulaient appliquer à la littérature les techniques d’impression et de diffusion jusque-là réservées au roman populaire. « Or, poursuivent-ils, à cette époque (les années 50) se multipliaient les politiques d’accès à la culture et au livre, notamment par le développement du réseau des bibliothèques publiques et, bientôt, par l’idée novatrice d’un très vaste espace pluridisciplinaire qui devait s’incarner dans la BPI.» Dans l’esprit d’Henri Filipacchi, le Poche était « le fer de lance d’une ambitieuse politique éditoriale, fondée sur la solidarité entre les nombreux éditeurs contractants, le traitement sur une maquette uniforme des textes les plus divers et sur des principes inédits de diffusion. » L’exposition propose l’ « écorché » d’un exemplaire pour montrer les procédés qui lui donnent naissance, les sous-séries spécialisées (poche pratique, historique, classique, policier, exploration, etc). Elle rappelle les débats entre les «pro » et les « anti »-poche (notamment dans Les temps modernes au début des années 60), évoque la concurrence (comme Folio dans les années 70 créée par Gallimard ou J’ai lu, créée par Flammarion, etc). Elle présente enfin ses grands succès ainsi que les couvertures qui ont connu plusieurs métamorphoses graphiques en accord avec les tendances de l’esthétique. Une brochure éditée par la BPI sera mise à la disposition des visiteurs. Le 9 février 1953, trois titres sortaient à 150 francs l’unité (un livre normal coûtait alors environ 600 francs) : Koenigsmark de Pierre Benoit, le numéro 1, Les clefs du royaume de A.J. Cronin en deux volumes et Vol de nuit de Saint-Exupéry. Le succès fut immédiat. Guy Schoeller, alors époux de Françoise Sagan, succède à Henri Filipacchi, décédé en 1961. La maison s’étoffe. D’autres séries sont alors lancées comme celles sur Jules Verne (un grand succès), sur les arts, dirigée par André Fermigier, les dictionnaires bilingues, etc.
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