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UNION EUROPÉENNE Une baisse des taux d’intérêt se profile en zone euro

Les ratés de la reprise économique en Europe semblent avoir convaincu la Banque centrale européenne d’abaisser ses taux d’intérêt, peut-être dès jeudi prochain, malgré le danger inflationniste que représente l’actuelle flambée des prix du pétrole. Après avoir longtemps temporisé, l’institut monétaire est désormais prêt à faire un geste en faveur d’une conjoncture de plus en plus léthargique. Le changement de cap a été amorcé par son président Wim Duisenberg lors de la récente réunion à Paris des ministres des Finances des pays du G7/G8. « Quels que soient les événements dans ce monde d’incertitudes, si nous recevons de nouvelles informations et que nous faisons une nouvelle évaluation de la perspective à moyen terme pour la stabilité des prix et l’économie, nous n’hésiterons pas à agir », a-t-il déclaré. Le changement de ton est notable dans la mesure où au début du mois encore, le Néerlandais avait justifié l’attentisme de la BCE sur les taux précisément par l’environnement trop incertain. Depuis, tous les signaux envoyés par les gardiens de l’euro vont dans le même sens, celui d’une détérioration de la conjoncture. La BCE a donc fini par se rendre à l’évidence : la reprise qu’elle escomptait n’est pas au rendez-vous. M. Duisenberg a revu en baisse ses prévisions, en estimant que la zone euro ne serait plus en mesure d’atteindre cette année son « potentiel de croissance » (entre 2 % et 2,5 %). Hausse du chômage Avec une croissance de seulement 0,8 % l’an dernier, contre 2,5 % aux États-Unis, la zone euro n’a pas de quoi pavoiser. Le chômage remonte, l’Allemagne est au bord de la récession et l’économie française fragilisée par un dérapage de ses déficits publics. « Si la BCE ne réagit pas bientôt, cela pourrait avoir de lourdes conséquences : une forte hausse du nombre de demandeurs d’emploi, des difficultés supplémentaires pour le secteur financier et probablement une déflation en Allemagne », met en garde Julian Callow, économiste de Credit Suisse First Boston. Levier monétaire Privés de marge de manœuvre budgétaire, les gouvernements européens n’ont pas les moyens de financer un vaste plan de relance à l’« américaine » et ne peuvent donc compter en l’état que sur le levier monétaire pour soutenir leur conjoncture. L’inflation étant globalement sous contrôle, une ouverture des vannes du crédit dès la réunion jeudi prochain de la BCE paraît donc envisageable. « Nous tablons à présent sur une réduction de 50 points de base du taux directeur de la BCE le 6 mars. Le changement de ton de M. Duisenberg laisse présager une nouvelle évaluation de la situation économique, qui devrait être suivie d’une détente monétaire », estime vendredi la banque UBS Warburg dans une étude. Ce taux directeur est fixé depuis décembre à 2,75 %, soit plus du double de celui de la Réserve fédérale américaine. Deux facteurs pourraient encore convaincre la BCE d’attendre avant d’agir : d’une part les libertés prises par l’Allemagne et la France avec le Pacte de stabilité européen, et surtout l’envolée des prix du pétrole qui ont atteint jeudi leur plus haut niveau à New York depuis octobre 1990, juste avant la guerre du Golfe. Cette flambée risque de faire déraper l’inflation, que la BCE a pour mission première de contenir. Mais dans le même temps, elle va aussi peser sur l’activité économique européenne. Dans le contexte actuel, c’est ce dernier aspect qui pourrait être privilégié par l’institut.
Les ratés de la reprise économique en Europe semblent avoir convaincu la Banque centrale européenne d’abaisser ses taux d’intérêt, peut-être dès jeudi prochain, malgré le danger inflationniste que représente l’actuelle flambée des prix du pétrole. Après avoir longtemps temporisé, l’institut monétaire est désormais prêt à faire un geste en faveur d’une conjoncture de plus en plus léthargique. Le changement de cap a été amorcé par son président Wim Duisenberg lors de la récente réunion à Paris des ministres des Finances des pays du G7/G8. « Quels que soient les événements dans ce monde d’incertitudes, si nous recevons de nouvelles informations et que nous faisons une nouvelle évaluation de la perspective à moyen terme pour la stabilité des prix et l’économie, nous n’hésiterons pas à agir...