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IRAN L’annulation du jugement d’Aghajari pourrait détendre le climat politique

La décision attendue de la Cour suprême qui a cassé le verdict condamnant à mort l’intellectuel réformateur Hachem Aghajari intervient alors que réformateurs et conservateurs semblent avoir mis un bémol à leur bras de fer, notamment à cause de la situation incertaine sur le plan régional. « La majorité des juges de la Cour suprême a estimé que le verdict était contraire aux lois. Le verdict a donc été cassé. Le dossier va être renvoyé devant un tribunal de Hamédan », ville de l’ouest de l’Iran où M. Aghajari avait été condamné en première instance, a annoncé vendredi l’un des juges de la cour, l’ayatollah Seyed Mohammad Sajadi. Hachem Aghajari avait plaidé publiquement pour un « protestantisme de l’islam » et affirmé que les musulmans n’avaient pas à « suivre aveuglément (...) un chef religieux ». « Le verdict du tribunal de Hamédan était indéfendable sur le plan juridique. Il était donc normal qu’il soit cassé », a affirmé Feyzollah Arabsorkhi, membre de la direction de l’Organisation des moudjahidine de la révolution islamique, dont Hachem Aghajari est un membre imminent. « Il est inconcevable que ce tribunal condamne de nouveau Hachem Aghajari à la peine de mort, mais il pourrait en revanche prononcer une peine de plusieurs années de prison », estime un responsable réformateur, qui a requis l’anonymat. Dans un cas identique, le religieux Hassan Youssefi Echkevari avait été condamné dans un premier temps à la peine capitale pour avoir affirmé que les femmes étaient libres de porter ou non le foulard. Ensuite, après l’annulation de ce premier verdict, il a été condamné en octobre dernier à sept ans de prison. « Aujourd’hui, personne n’en parle et tout le monde se satisfait que la peine de mort n’ait pas été appliquée. Les conservateurs ont la même tactique avec Aghajari », ajoute le même responsable réformateur. « En condamnant à mort Hachem Aghajari, vétéran de la guerre irano-irakienne, qui a joué un rôle actif dans la révolution islamique, la justice s’était elle-même mise dans une situation inextricable », estime M. Arabsorkhi. « Surtout, les conservateurs ne s’attendaient pas à une mobilisation générale contre le verdict », a-t-il affirmé. En novembre, les étudiants des universités de Téhéran et dans les principales villes de provinces avaient manifesté pendant deux semaines pour dénoncer un « verdict moyenâgeux ». L’ampleur de la protestation avait surpris tout le monde. La mobilisation contre la condamnation à mort de M. Aghajari avait largement dépassé les rangs de ses amis politiques et de nombreux responsables conservateurs s’étaient joints au mouvement pour réclamer une annulation du verdict. « Cette décision montre en tout cas que les ultraconservateurs ont les mains liées et ne peuvent faire tout ce qu’ils veulent », a déclaré un diplomate occidental, sous couvert de l’anonymat. Réformateurs et conservateurs semblent en tout cas avoir décidé d’observer une pause, même momentanément, dans leur lutte qui a pris une tournure agressive depuis le dépôt, en septembre dernier, par le président réformateur Mohammad Khatami de deux projets de loi visant à limiter l’emprise des conservateurs sur les organes du pouvoir. La garde révolutionnaire appelle à l’exécution de Rushdie Quatorze ans après la publication d’une fatwa de l’ayatollah Ruhollah Khomeyni contre Salman Rushdie, auteur d’un roman jugé blasphématoire, la garde révolutionnaire iranienne a appelé à son exécution, dans un communiqué publié dans les journaux conservateurs de samedi. « La fatwa historique sur l’exécution de Salman Rushdie est irréversible, elle est basée sur des principes divins et rien ne peut la changer », affirme ce communiqué.
La décision attendue de la Cour suprême qui a cassé le verdict condamnant à mort l’intellectuel réformateur Hachem Aghajari intervient alors que réformateurs et conservateurs semblent avoir mis un bémol à leur bras de fer, notamment à cause de la situation incertaine sur le plan régional. « La majorité des juges de la Cour suprême a estimé que le verdict était contraire aux lois. Le verdict a donc été cassé. Le dossier va être renvoyé devant un tribunal de Hamédan », ville de l’ouest de l’Iran où M. Aghajari avait été condamné en première instance, a annoncé vendredi l’un des juges de la cour, l’ayatollah Seyed Mohammad Sajadi. Hachem Aghajari avait plaidé publiquement pour un « protestantisme de l’islam » et affirmé que les musulmans n’avaient pas à « suivre aveuglément (...) un chef...