Le projet des États-Unis de déclencher la guerre contre l’Irak, accusé par Washington de détenir des armes de destruction massive, soulève une vague de protestation qui sera marquée pendant cette fin de semaine par une série de manifestations dans le monde entier. En France, où une grande majorité de l’opinion, selon les sondages, rejette cette guerre dont les motivations réelles n’apparaissent pas clairement, une quarantaine de partis politiques et d’organisations diverses appellent à manifester samedi à Paris et dans une quarantaine de villes. Les autorités défendent une approche multilatérale passant par la prééminence des Nations unies dont les inspecteurs en désarmement poursuivent leur mission en Irak. Le président Jacques Chirac a été prié par les organisateurs des manifestations « de tout mettre en œuvre pour éviter cette aventure », alors que la France préside jusqu’à la fin janvier le Conseil de sécurité de l’Onu. Ils demandent aussi aux autorités françaises de refuser « tout soutien logistique » aux forces armées américaines, qui poursuivent leur encerclement de l’Irak et d’user du droit de veto dont dispose tout membre permanent du Conseil de sécurité de l’Onu « en cas d’une nouvelle résolution faisant le choix de la guerre ». Diverses manifestations sont prévues en Espagne, notamment dimanche autour de la base militaire américaine de Torrejon, près de Madrid. En Allemagne, plusieurs manifestations sont prévues à l’initiative notamment des jeunes sociaux-démocrates (SPD) du parti au pouvoir du chancelier Gerhard Schröder et des Verts. Quatre-vingt-un pour cent des Allemands estiment qu’une guerre serait injustifiée. Alors que l’aile gauche du SPD et des Verts a appelé le gouvernement « à donner l’instruction aux représentants allemands au Conseil de sécurité de l’Onu de tout faire pour empêcher l’autorisation d’une guerre contre l’Irak », 70 % des adhérents de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), principal parti d’opposition, sont aussi opposés à un conflit. Des manifestations sont aussi prévues à Bruxelles et dans d’autres capitales d’Europe du Nord. Aux États-Unis mêmes, des dizaines de milliers de manifestants sont attendus cette fin de semaine à Washington pour exprimer, dans ce qui apparaît être le plus important mouvement contre le militarisme américain depuis la guerre du Vietnam dans les années 70, leur refus d’une intervention militaire en Irak. Les manifestations ont débuté hier avec un rassemblement de femmes devant la Maison-Blanche pour culminer aujourd’hui par un rassemblement devant le Capitole. Les organisateurs, qui vont manifester le jour où est honorée la mémoire du dirigeant noir Martin Luther King, apôtre de la non-violence, espèrent réunir plus de 200 000 participants à Washington et 100 000 à San Francisco (Californie, Ouest). Pour Jane Carr, porte-parole de Peace Action, une organisation pacifiste, l’objectif est de montrer à ceux qui veulent la guerre que « comme d’habitude, ce sont des enfants, des femmes, des vieillards qui vont mourir ». « Toutes les ressources diplomatiques doivent être épuisées avant que les États-Unis ne lancent cette guerre. Or, nous n’avons pas l’impression que le président Bush souhaite coopérer avec le reste du monde », a ajouté Mme Carr. Une soixantaine d’universités achemineront des jeunes à Washington pour participer au rassemblement contre cette guerre. Aujourd’hui, des podiums seront installés sur la pelouse entre le Capitole et le mémorial Abraham Lincoln. Des dirigeants noirs, comme le révérend Jesse Jackson, et des parlementaires prendront la parole. Au Japon, quelque 10 000 personnes sont attendues à une manifestation aujourd’hui dans le centre de Tokyo, après une grande marche aujourd’hui à laquelle une trentaine d’associations diverses ont appelé à participer. D’autres manifestations sont prévues au Proche-Orient, notamment en Égypte, et en Amérique latine.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le projet des États-Unis de déclencher la guerre contre l’Irak, accusé par Washington de détenir des armes de destruction massive, soulève une vague de protestation qui sera marquée pendant cette fin de semaine par une série de manifestations dans le monde entier. En France, où une grande majorité de l’opinion, selon les sondages, rejette cette guerre dont les motivations réelles n’apparaissent pas clairement, une quarantaine de partis politiques et d’organisations diverses appellent à manifester samedi à Paris et dans une quarantaine de villes. Les autorités défendent une approche multilatérale passant par la prééminence des Nations unies dont les inspecteurs en désarmement poursuivent leur mission en Irak. Le président Jacques Chirac a été prié par les organisateurs des manifestations « de tout mettre en...