Le Défi suisse Alinghi a enregistré sa première défaite, hier, dans la finale de la Coupe Louis-Vuitton qui l’oppose au Défi de San Francisco Oracle BMW Racing. Le voilier SUI 64, mené par le Néo-Zélandais Russell Coutts, s’est incliné de deux minutes et 13 secondes par un vent très faible et très variable. Les Suisses ont mené lors du premier bord de près (vent de face) et viré la première bouée en tête avec 39 secondes d’avance. Mais dans le bord de portant (vent arrière) qui a suivi, les Californiens ont bénéficié d’une bascule de vent qui leur a permis de prendre la tête pour ne plus la quitter. « Nous sommes ravis d’avoir marqué ce point et d’être parvenus à battre Alinghi, ce qui semblait être un problème pour nous lors des six ou sept dernières régates (Oracle s’était incliné 4 à 0 face à Alinghi en demi-finale) », a avoué le Néo-zélandais Ian Burns, navigateur à bord d’USA 76. « Les conditions étaient très tordues aujourd’hui avec des airs faibles et de nombreuses variations du vent. Ce n’était pas facile d’avoir une bonne lecture du plan d’eau », a expliqué le Néo-Zélandais Brad Butterworth, tacticien d’Alinghi. « Nous menions à la première bouée. Puis, au portant, Oracle a eu de la pression venant de l’arrière. Nous aurions dû empanner (virement de bord par vent arrière) pour le couvrir, mais comme si nous faisions route direct vers la bouée suivante et nous avons préféré garder cette route », a-t-il-précisé. Même si les cloches des supporters sonnaient à la base du Défi suisse lors du retour du voilier, l’ambiance était toutefois beaucoup plus calme que d’habitude. La déception se lisait sur tous les visages. « Ce n’est pas drôle de perdre », a reconnu le Français Christian Karcher, wincheur à bord de SUI 64. À la question de savoir comment son équipe gérait cette défaite qui n’est que la troisième depuis le début de la compétition – la quatrième étant due à un forfait des Suisses déjà qualifiés –, Christian Karcher a répondu « qu’ils cherchaient d’abord à comprendre pourquoi ils ont perdu ». « C’est celui qui fait le moins d’erreurs qui gagne. Aujourd’hui, nous en avons fait une de plus qu’eux. Quant à l’écart, il est important parce que le vent était très faible », a encore précisé le navigateur français. Les membres d’Alinghi ne semblent pas trop inquiets par cette défaite. « Il ne faut pas oublier que nous sommes en finale de la Coupe Louis Vuitton. Les deux équipes présentes ont franchi de nombreuses étapes pour y parvenir et les bateaux ont beaucoup progressé. Oracle BMW Racing a toujours eu un bon potentiel et nous les avons toujours considérés comme une équipe difficile à battre », a déclaré Brad Butterworth. « Nous avons atteint un stade de la compétition où si c’est trop facile et si l’on ne se fait pas un peu repousser dans ces retranchements par l’adversaire, on aura peu de chance pour la Coupe de l’America », a encore souligné le tacticien d’Alinghi. Les Suisses mènent par 3 à 1 dans cette finale au meilleur de neuf manches, dont le vainqueur afffrontera Team New Zealand lors de la Coupe de l’America.
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