Une envolée durable des prix du pétrole, scénario envisageable en cas de guerre en Irak, tomberait au plus mal pour une économie mondiale encore en convalescence. Les prix de l’or noir flambent depuis des semaines sous l’effet conjugué des crises en Irak et au Venezuela. Ils montaient encore vendredi en dépit de l’annonce par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’elle pourrait accroître sa production. Or deux des principales zones économiques de la planète, le Japon et la zone euro, sont engluées dans une quasi-stagnation dont il est difficile d’apercevoir le bout. Quant à la locomotive mondiale américaine, son économie envoie des signaux contradictoires, mais un plan de relance budgétaire sera demain dévoilé par le président George Bush. Pour tenter de quantifier les effets d’une guerre en Irak, les experts se réfèrent à la guerre du Golfe en 1991, tout en faisant remarquer que la situation de départ diffère. « En 1991, les États-Unis étaient en train de sortir d’une récession classique. Là, c’est une toute autre situation, l’économie est très décevante depuis l’éclatement de la bulle boursière il y a bientôt trois ans. On a créé des surcapacités, et c’est beaucoup plus difficile d’en sortir », relève Philippe d’Arvisenet, chef économiste chez BNP-Paribas. L’Asie reste très dépendante de ses importations de pétrole. Pour le Proche-Orient, le risque est celui d’une déstabilisation générale : le ministre jordanien de l’Économie nationale, Samer Tawil, a déjà averti qu’une guerre aurait un effet « désastreux » pour son pays. Du même avis, l’agence de notation financière Standard and Poor’s a estimé qu’« une invasion américaine de l’Irak augmenterait les risques d’abaissement des notes de la dette souveraine des pays de la région » du Golfe. « La confiance disparaîtrait et le coût du crédit augmenterait. Les capitaux privés fuiraient Israël et de nombreux pays arabes », selon l’agence. Le Fonds monétaire international (FMI) avertissait récemment qu’une hausse durable de 5 dollars du cours du baril de brut coûterait 0,3 point de croissance à l’économie mondiale : elle affecterait avant tout les États-Unis et la zone euro, avec une perte de 0,4 point du produit intérieur brut. Les responsables européens pour le moment ne semblent pas vraiment s’émouvoir du danger. Pour le ministre grec de l’Économie Nicos Christodoulakis, l’économie européenne « est en mesure de surmonter n’importe quelles conséquences » d’une guerre en Irak. Quant au président de la Banque centrale européenne, Wim Duisenberg, il vient d’annoncer une reprise de la croissance dans la zone euro en 2003, « peut-être même déjà dans le courant du premier semestre ». Beaucoup d’analystes reconnaissent avoir préparé plusieurs scénarios de dénouement du conflit, mais privilégient généralement une issue rapide et favorable aux États-Unis. Leur supériorité technologique et l’importance de l’engagement militaire consenti incitent beaucoup d’économistes américains à parier sur un rapide reflux des primes de risques et même sur un « effet coup de fouet », explique Pascal Blanqué, chef du département des études économiques au Crédit Agricole.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une envolée durable des prix du pétrole, scénario envisageable en cas de guerre en Irak, tomberait au plus mal pour une économie mondiale encore en convalescence. Les prix de l’or noir flambent depuis des semaines sous l’effet conjugué des crises en Irak et au Venezuela. Ils montaient encore vendredi en dépit de l’annonce par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qu’elle pourrait accroître sa production. Or deux des principales zones économiques de la planète, le Japon et la zone euro, sont engluées dans une quasi-stagnation dont il est difficile d’apercevoir le bout. Quant à la locomotive mondiale américaine, son économie envoie des signaux contradictoires, mais un plan de relance budgétaire sera demain dévoilé par le président George Bush. Pour tenter de quantifier les effets d’une...