En signant hier pour Birmingham City, Christophe Dugarry prend, sans doute pour la dernière fois, le pari d’un exil qui pour l’heure n’a jamais réussi à un joueur aussi talentueux que controversé. À 30 ans, l’ancien international aux 55 capes pour la France tente l’expérience d’une Premier League qui devrait convenir à son style physique et à sa force de caractère. Car l’homme qui quitte le club de ses débuts, Bordeaux, dans une nouvelle atmosphère de tension, demeure en France sujet à polémique. Entre sa participation aux violences à l’issue de la demi-finale UEFA contre Bologne avec Marseille en avril 1999 et son expulsion lors du match Andorre-France de la même année, le fantasque attaquant n’a jamais fait réellement l’unanimité. Sa sélection par Aimé Jacquet pour le Mondial 1998 alors qu’il revenait de blessure avait alimenté une controverse bien vite balayée par le premier but d’une campagne victorieuse. À Bordeaux, il était depuis deux ans capitaine, mais n’arrivait pas à remettre le club girondin dans le bons sens. Il avoue lui-même une incapacité à faire passer le message sans heurter ses coéquipiers. Une altercation avec le jeune milieu défensif brésilien Costa à la fin du match de Coupe UEFA à Anderlecht aurait précipité son départ. Christophe Dugarry, qui avait été remplacé avec succès par le Brésilien Savio au poste de milieu gauche lors de ses absences répétées (expulsions et blessures), tente donc une dernière aventure. Ce transfert, le plus important du mercato français, permettra à l’actionnaire principal des Girondins de récupérer une partie du déficit accumulé en début de saison du fait de la non-vente du Portugais Pauleta. Même si Birmingham n’est pas un des cadors de l’élite anglaise, il consitue une belle cerise sur le gâteau d’une carrière bornée par deux expériences bordelaises, et que Dugarry entend interrompre en 2005. Exils décevants Né à Lormont, dans la banlieue bordelaise, il effectue à l’USL locale ses premiers pas jusqu’en minimes, où il est recruté par les Girondins de Bordeaux. Techniquement au-dessus de a moyenne, il débute en D1 au poste d’attaquant à 17 ans, où il fait apprécier sa puissance physique, sa spontanéité et son agressivité. Vite intégré en équipe nationale en compagnie de son ami Zinedine Zidane, Dugarry connaît son heure de gloire en inscrivant deux buts contre le Milan AC lors du quart de finale retour de Coupe de l’UEFA en 1996. Il participe à la finale retour à Bordeaux contre le Bayern. À la fin de cette saison épique, Dugarry, tout comme Zidane et Lizarazu, quitte Bordeaux et prend la direction du Milan AC. Dans l’intersaison, il participe à l’Euro 96 avec l’équipe de France, inscrivant un but contre la Roumanie avant de se blesser en quart de finale contre les Pays-Bas. Ses expériences étrangères restent décevantes. En Italie, il réussit quelques coups d’éclats, mais ne s’impose pas dans un Milan qui chute au classement. Il préfère quitter le club italien pour le FC Barcelone. Une autre déception l’y attend car l’entraîneur néerlandais Louis Van Gaal le laisse souvent sur le banc de touche. Il opte alors pour l’Olympique de Marseille où il y retrouve son ancien entraîneur et ami Rolland Courbis. En 1997-1998, malgré une saison en demi-teinte et une longue blessure, Christophe Dugarry est sélectionné par Aimé Jacquet pour disputer la Coupe du monde. Sa sélection est au cœur de la polémique qui opposera certains médias à Jacquet. L’attaquant marque pourtant le premier but de la France lors du Mondial. Blessé dés le second match, il disputera néanmoins 20 minutes de la finale France-Brésil. De retour à Marseille, il participera au regain de forme éphémère de l’OM, qui dispute au printemps 1999 une finale de la Coupe UEFA perdue contre Parme et se classe 2e du championnat derrière les Girondins. Dugarry se retrouve pourtant au cœur d’une autre affaire. Suspecté de dopage à la nandrolone, il est blanchi pour vice de forme. Lontemps apprécié à Marseille pour sa combativité de tous les instants, il avait pourtant fini par quitter l’OM en 2000 en pleine tension, des supporters oublieux s’en étant pris à lui à la sortie d’un entraînement.
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