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Actualités - Chronologie

Forte action diplomatique des Etats-Unis pour arrêter l'escalade

La passe d’armes entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et la présidence française constitue le dernier avatar des relations franco-israéliennes, qui s’étaient pourtant améliorées ces derniers mois, mais restent toujours délicates en raison de la politique traditionnellement proarabe de Paris. M. Barak a accusé le président Jacques Chirac d’avoir encouragé «un regain de terrorisme» en appuyant l’exigence palestinienne de mise sur pied d’une commission d’enquête internationale pour déterminer les responsabilités dans les émeutes qui ensanglantent les territoires palestiniens depuis le 28 septembre. Mais au-delà, c’est toute l’attitude de la France – qui exerce actuellement la présidence de l’Union européenne – depuis le début du soulèvement palestinien qui explique cette extraordinaire attaque publique de M. Barak contre le chef d’État d’un pays réputé ami. La France a, en effet, pris dès le début une position en pointe à ce sujet, qu’il s’agisse de son président, qui est gaulliste, ou de son gouvernement, qui est socialiste. Sans nommer quiconque, M. Chirac avait dès le départ imputé la responsabilité des émeutes, qui avaient déjà fait samedi près de 90 morts, à «une provocation irresponsable», une référence limpide à la visite du leader de la droite israélienne, Ariel Sharon, le 28 septembre sur l’Esplanade des mosquées. Le ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, un socialiste, avait été encore plus brutal, puisqu’il avait condamné «sans réserve la provocation délibérée accomplie par Ariel Sharon, pour des raisons de politique intérieure, au moment le plus sensible des négociations de paix». On est bien loin de la position d’Israël – celle du gouvernement comme de l’opposition –, qui considère la révolte palestinienne comme le fruit d’un complot du président palestinien Yasser Arafat pour faire pression sur l’État juif et obtenir de lui par la force ce qu’il ne peut obtenir à la table des négociations. On ignorait si cet incident – sans doute le plus sérieux entre les deux pays depuis la visite mouvementée du président Chirac à Jérusalem, en octobre 1996, sous le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu – compromettra les progrès enregistrés dans les relations bilatérales depuis quelques mois. Traditionnellement difficiles depuis la guerre des Six-Jours de juin 1967, les relations franco-israéliennes avaient, en effet, connu une embellie certaine depuis l’arrivée au pouvoir de M. Barak, en juillet 1999, et surtout depuis la visite en Israël du Premier ministre français Lionel Jospin, en février. Les propos de M. Jospin sur le mouvement chiite libanais Hezbollah – dont il avait qualifié les attaques contre l’armée d’occupation israélienne au Liban-Sud de «terroristes» – avaient agréablement surpris les Israéliens, qui, pour la plupart, ont de la France l’image d’un pays systématiquement proarabe et hostile à leurs intérêts. Cette déclaration explosive, qui avait provoqué une onde de choc dans le monde arabe, avait valu à M. Jospin d’être chassé à coups de pierre de l’université palestinienne de Bir Zeit et avait été à l’origine à Paris d’une crise dans la cohabitation. Les propos de MM. Chirac et Védrine, l’appui sans réserve de Paris à M. Arafat pour obtenir la création d’une commission d’enquête internationale et enfin la position en flèche de la France au Conseil de sécurité de l’Onu pour faire condamner «l’acte de provocation» de M. Sharon, tout cela a rappelé furieusement aux Israéliens la France dont ils ont l’habitude, celle qui prend toujours partie contre eux. Cette polémique a aussi ravivé dans une partie de la population des sentiments antifrançais très vivaces et qui restent à fleur de peau. La voiture de la chaîne de télévision française TF1 à Jérusalem a ainsi été vandalisée durant la nuit de vendredi à samedi, le nom de M. Chirac, ainsi que plusieurs étoiles de David, étant marqués dans le métal et plusieurs pneus crevés.
La passe d’armes entre le Premier ministre israélien Ehud Barak et la présidence française constitue le dernier avatar des relations franco-israéliennes, qui s’étaient pourtant améliorées ces derniers mois, mais restent toujours délicates en raison de la politique traditionnellement proarabe de Paris. M. Barak a accusé le président Jacques Chirac d’avoir encouragé «un regain de terrorisme» en appuyant l’exigence palestinienne de mise sur pied d’une commission d’enquête internationale pour déterminer les responsabilités dans les émeutes qui ensanglantent les territoires palestiniens depuis le 28 septembre. Mais au-delà, c’est toute l’attitude de la France – qui exerce actuellement la présidence de l’Union européenne – depuis le début du soulèvement palestinien qui explique cette extraordinaire...