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Dassault Aviation, constructeur du Rafale, a dévoilé hier un projet expérimental d’avion de combat sans pilote, qui marque les premiers pas de l’avionneur français dans un domaine qui intéresse toutes les armées du monde. «Depuis longtemps, notre idée est d’avoir des flottes mixtes, avec des avions avec pilotes et sans pilotes», a déclaré le vice-PDG du groupe, Bruno Revellin-Falcoz, lors d’un point presse sur l’aéronef, surnommé «Petit Duc». L’Aéronef de Validation Expérimentale (AVE) tient, par sa taille, plus de la maquette que de l’avion: d’une envergure et d’une longueur de 2,4 m et d’une masse à vide de 35 kg, l’appareil télécommandé «a des caractéristiques de furtivité exceptionnelle», selon une plaquette de présentation du groupe. La signature équivalent radar (SER) de l’avion, le signal qui permet au radar de détecter un appareil, «correspond à un petit moineau de Paris», selon M. Revellin-Falcoz. L’AVE constitue une première étape concrète avec démonstration de vol, effectuée le 18 juillet au-dessus de Paris. Le drone a été conçu et réalisé dans le cadre d’une démarche de prototypage rapide, selon le constructeur. Le projet a été lancé au début de l’année, a précisé le vice-PDG, refusant de donner son coût. La démarche de Dassault correspond d’une part à une demande de la part du ministère de la Défense et de la DGA (Délégation générale pour l’armement), qui souhaitent «développer des radars capables de détecter des signatures connues», a expliqué M. Revellin-Falcoz. D’autre part, «nous faisons aussi la démonstration que nous pouvons réaliser tout type de mission avec des UCAV» (Uninhabited Combat Air Vehicule), terme exact désignant les avions de combat sans pilote, a-t-il ajouté. En temps de guerre, les avions non habités permettent de ne pas risquer la vie des équipages tout en permettant le tir d’armement précis, a expliqué le groupe. En temps de paix, leur intérêt consiste à réduire les coûts de maintenance et d’entraînement. «On a démontré par cette première étape que nous pourrons calibrer un avion de ce type plus gros» dans l’avenir, à même de transporter bombes et missiles, a-t-il souligné. Pour les développements futurs de drones plus grands, il faudra «qu’on discute avec le ministère de la Défense et la DGA, pour voir s’ils pourraient dégager des financements», a-t-il ajouté. Se basant sur l’analyse des conflits récents, Dassault estime que les avions sans pilote vont devenir incontournables comme complément à la flotte traditionnelle. Nés pendant la guerre du Golfe et largement utilisés pendant celle du Kosovo, les drones peuvent remplir des missions de brouillage, d’observation et d’écoute de plus en plus précises et de plus en plus lointaines. Du coup, les armées modernes leur demandent des missions très variées dans l’espace et le temps: depuis le repérage d’un blindé derrière une colline pour les micro-drones volant dix minutes, à la surveillance optique/radar tous temps, jour et nuit, pour des engins comme le «Global Hawk» développé par plusieurs entreprises américaines. Celui-ci pourra rester sur zone, à plusieurs milliers de km de sa base de lancement, pendant 24 heures à plus de 20 000 m d’altitude. Mais un avion sans pilote capable de transporter un système d’armes et de remplir des missions à risque, comme la destruction de la défense aérienne ennemie, reste encore un concept futuriste, sur lequel planche notamment Américains et Britanniques. En France, le grand spécialiste des drones est le groupe Sagem, qui en développe quatre, du plus petit et dernier-né de la gamme, le TMD3 (3 kg et une heure de vol) à l’Horus (1 tonne, endurance d’au moins 24 heures). Dans cette dernière catégorie, l’européen EADS possède le modèle Eagle.
Dassault Aviation, constructeur du Rafale, a dévoilé hier un projet expérimental d’avion de combat sans pilote, qui marque les premiers pas de l’avionneur français dans un domaine qui intéresse toutes les armées du monde. «Depuis longtemps, notre idée est d’avoir des flottes mixtes, avec des avions avec pilotes et sans pilotes», a déclaré le vice-PDG du groupe, Bruno Revellin-Falcoz, lors d’un point presse sur l’aéronef, surnommé «Petit Duc». L’Aéronef de Validation Expérimentale (AVE) tient, par sa taille, plus de la maquette que de l’avion: d’une envergure et d’une longueur de 2,4 m et d’une masse à vide de 35 kg, l’appareil télécommandé «a des caractéristiques de furtivité exceptionnelle», selon une plaquette de présentation du groupe. La signature équivalent radar (SER) de l’avion,...