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Actualités - Opinion

Albert Khayath et la crèche de Saint-Vincent de Paul

La liste des méfaits du stress est longue et affligeante. Tout un cortège de maux lui doit son origine. C’est du moins ce qu’on pense généralement. Or le stress n’est que la réponse naturelle de l’organisme à toute agression psychologique ou physique... Chien de garde de la survie, il se met en branle dès qu’une menace susceptible de perturber l’équilibre vital se profile à l’horizon... En principe, ce n’est pas le chien qui alerte qu’on combat d’habitude mais la source même de l’agression. Ce qui n’est pas toujours le cas quand il s’agit du stress, considéré ipso facto comme le principal perturbateur devant être éliminé... Sans le stress et la mobilisation de toutes les forces vives qu’il entraîne, il est fort douteux que l’homme parviendrait à soutenir la confrontation... Le stress est loin d’être une maladie, insistent les spécialistes. Il s’agit d’une mobilisation ou plutôt d’une réponse organique naturelle à toute attaque. Qu’elle soit physique ou psychologique. À peine une information alarmante reçue par le cerveau, l’hypothalamus lance à l’organisme un signal d’alarme. Réponse immédiate : le système nerveux sympathique déclenche une décharge massive d’hormones, dites «du stress» : de l’adrénaline et de la noradrénaline. Sous leur effet, le rythme cardiaque s’accélère, la respiration et la tension artérielle aussi. Le tonus musculaire augmente. Le sujet est prêt à l’action, aux aguets. Si la situation, cause de cette mobilisation, perdure, les hormones corticosurrénales interviennent à leur tour. Favorisant la synthèse des sucres dans l’organisme, elles assurent l’énergie nécessaire au maintien de cette tension. Si cet état «d’alerte» se prolonge, l’organisme s’épuise et les maux inhérents à cet état se manifestent de manière aiguë. Un soutien dans l’adversité Le rôle du stress se dessine ainsi, très clair : un allié fidèle face à l’adversité... À condition que l’état d’alerte ne soit pas trop long. Car si l’état d’urgence s’allonge, ce flot d’énergie supplémentaire n’est pas sans effets négatifs. La tension musculaire et nerveuse, les contractures, les troubles spasmodiques ressentis après une journée dépensée dans les embouteillages ou quelques travaux ingrats dans une ambiance électrisée de tension illustrent parfaitement le lien invisible entre corps et humeur ou la «somatisation» des contraintes imposées par la grande quantité d’énergie non dépensée. D’où le fait que lorsque les situations productrices de stress s’éternisent, se surajoutent ou s’intensifient le stress devient dangereusement pernicieux, voire toxique, les hormones sécrétées en grande quantité et pendant longtemps détruisent les structures organiques : ulcères, hypertension artérielle, trouble du rythme cardiaque, allergies, affections cutanées, troubles névralgiques et bien d’autres maux trouvent là leur origine. Sans parler des répercussions sur l’humeur ou du sentiment de mal-être qu’on a tendance d’attribuer à des facteurs sans véritable lien avec cet état. En attribuant au stress sa responsabilité, il est recommandé d’essayer de décrypter son action, afin d’échapper à son emprise. Même si on n’a pas de pouvoir sur ses réflexes biologiques, on peut toujours combattre et maîtriser ses réactions comportementales et psychologiques, en exerçant un plus strict contrôle sur soi-même, tout en adoptant une hygiène de vie appropriée. Avaler une demi-bouteille d’alcool pour se détendre, passer ses nerfs sur les autres, s’accrocher comme un maniaque au tapis vert n’ont jamais guéri le mal-être et les mauvais effets d’un surplus d’adrénaline et d’énergie invisible. Par contre, la relaxation, cet état d’apaisement général, peut apporter une aide appréciable. Elle entraîne, en effet, une diminution des rythmes cardiaque et respiratoire, du taux d’adrénaline et de noradrénaline, du tonus musculaire, de la pression artérielle... Mais alors que le stress constitue une réaction spontanée, innée et involontaire, on ne peut se relaxer que si on le veut. La gestion du stress Comme tout le monde se trouve aujourd’hui soumis à des tensions perpétuelles, un véritable marché de la décontraction apparaît : méthodes, techniques, ouvrages, potions, le nirvana de la décontraction, l’apaisement réénergisant, la revitalisation et autres clefs de l’équilibre. Ils sont efficaces à différents degrés et, selon les cas, l’offre ressemble à un véritable raz-de-marée... Mais aucun moyen extérieur ne peut être aussi efficace que la réforme radicale de la conduite individuelle du stress face à son supplice. En d’autres termes, l’apprentissage de la gestion du stress. Des méthodes comportementales et cognitives permettent de repérer les sources de stress et les tensions qu’elles entraînent. Puis de modifier les représentations mentales des situations stressantes. On parvient ainsi à un changement radical d’attitude face au stress : au lieu d’être sa victime on devient le principal acteur. Le déjouer, lui échapper, l’exclure. Au lieu de vociférer, ruminer, tempêter, s’épuiser de rage et de révolte, le déjouer. Reprendre possession de soi-même, de ses idées, de son bon sens. Un véritable apprentissage du comportement qui se prodigue par des stages qui s’efforcent de réformer non pas le monde mais le regard qu’on porte sur lui, comme sur soi-même...
La liste des méfaits du stress est longue et affligeante. Tout un cortège de maux lui doit son origine. C’est du moins ce qu’on pense généralement. Or le stress n’est que la réponse naturelle de l’organisme à toute agression psychologique ou physique... Chien de garde de la survie, il se met en branle dès qu’une menace susceptible de perturber l’équilibre vital se profile à l’horizon... En principe, ce n’est pas le chien qui alerte qu’on combat d’habitude mais la source même de l’agression. Ce qui n’est pas toujours le cas quand il s’agit du stress, considéré ipso facto comme le principal perturbateur devant être éliminé... Sans le stress et la mobilisation de toutes les forces vives qu’il entraîne, il est fort douteux que l’homme parviendrait à soutenir la confrontation... Le stress est...