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Actualités - Chronologie

El-Guerrouj, prince au coeur d'enfant (photo)

Hicham el-Guerrouj, le prince du 1 500 m, est redevenu un enfant aux yeux rougis par la détresse après sa défaite dans la course olympique dont il rêvait depuis quatre ans. L’impensable s’est produit au stade de Sydney. À 30 m de l’arrivée, le Marocain a vu Noah Ngeny, son rival kenyan, le dépasser au sprint. Le champion du monde, maître de la distance depuis 1996, est battu à la stupéfaction générale. Comme le Danois Wilson Kipketer sur 800 m. Un autre el-Guerrouj, un fantôme, franchit la ligne, applaudit machinalement, s’assied sur la piste pour délacer ses chaussures. Incrédule encore, à peine conscient de l’étendue du malheur qui s’abat sur lui et sur son peuple. Dans les tribunes, la colonie marocaine peinturlurée aux couleurs nationales se tait, touchée au cœur. Un adversaire vient le féliciter, les deux Kenyans qui seront à ses côtés sur le podium l’étreignent. Les minutes s’écoulent. Hicham se relève. Il salue. La tête haute, il quitte la piste, défile dans le couloir de la zone mixte entre les haies serrées de journalistes et va rejoindre le coin réservé aux athlètes, dans les entrailles du stade. Hicham s’assied, près de son sac de sport. Il pleure. Le rêve attendu pendant quatre ans s’est brisé tout d’un coup. Atlanta 1996, sa chute à un tour de l’arrivée de la finale, le cauchemar, tant de fois ressassé, s’est reproduit. Pas d’excuse Quand il lève la tête, il voit sur l’écran de télévision le tour d’honneur de Noah Ngeny. Il souffle, hésite à penser à ce qui l’attend. On lui pose une poche de glace sur la cuisse gauche, une petite blessure survenue après la demi-finale dont il se refusera ensuite à se servir comme excuse. Son entraîneur, Abdelkader Kaba, s’approche. Hicham se prend la tête entre les mains. Il éclate en sanglots et pleure tout le malheur du monde. À cet instant, Hicham est un enfant. Le temps des explications viendra plus tard. À la conférence de presse, dans une salle pleine à craquer, le détenteur du record du monde (3’26’’00 en 1998) reconnaîtra la difficulté de supporter l’énorme pression née de ses exploits et de l’attente de tout un peuple. «Au Maroc, tout le monde attendait que Hicham soit champion olympique. Le roi aime l’athlétisme, le public suit les athlètes. À chaque fois que je téléphone, on m’en parle. Malheureusement, je n’arrive pas à gérer cette pression. Avant de venir au stade, j’ai commencé à pleurer». Pathétique, il montre sa médaille d’argent, dit que «c’est une très belle médaille». Puis, l’orgueil du champion se rebelle. «Je reste toujours Hicham le plus fort. Malheureusement, je n’étais pas dans un grand jour. Je vous donne rendez-vous l’an prochain sur 5 000 m. Je change de spécialité. Je suis capable de battre les records du monde, du 1 500 au 5 000 m. Même un 4 000 m si les organisateurs veulent en monter un». Hicham el-Guerrouj ne cherche pas d’excuse à son malheur du jour. Il félicite Noah Ngeny, évoque encore ses propres projets. Mais l’émotion culmine quand il parle de sa famille : «J’ai appelé maman avant-hier. Elle m’a dit de ramener l’or. Mais, aujourd’hui, je n’étais pas...». Sa voix se brise. À cette heure, el-Guerrouj, 26 ans, est redevenu un enfant.
Hicham el-Guerrouj, le prince du 1 500 m, est redevenu un enfant aux yeux rougis par la détresse après sa défaite dans la course olympique dont il rêvait depuis quatre ans. L’impensable s’est produit au stade de Sydney. À 30 m de l’arrivée, le Marocain a vu Noah Ngeny, son rival kenyan, le dépasser au sprint. Le champion du monde, maître de la distance depuis 1996, est battu à la stupéfaction générale. Comme le Danois Wilson Kipketer sur 800 m. Un autre el-Guerrouj, un fantôme, franchit la ligne, applaudit machinalement, s’assied sur la piste pour délacer ses chaussures. Incrédule encore, à peine conscient de l’étendue du malheur qui s’abat sur lui et sur son peuple. Dans les tribunes, la colonie marocaine peinturlurée aux couleurs nationales se tait, touchée au cœur. Un adversaire vient le féliciter, les...