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Actualités - Chronologie

Dans le monde Vus à Venise (2) : les Indépendants (photos)

La sélection de Venise 2000 était très diversifiée mais n’a suivi aucune tendance particulière. Bien que le cinéma ait été à l’honneur dans le palmarès, la qualité des films n’était pas supérieure. Aucun long métrage, même parmi les films lauréats, n’était exceptionnel. Raya Abi Rached parle des films européens et asiatiques. l Sade, de Benoît Jacquot. L’adaptation d’un épisode de la vie du marquis de Sade est aussi difficile que celle qui permet de porter à l’écran un livre de Marcel Proust, et on ne peut pas dire que Benoît Jacquot ait été à la hauteur du défi. Le film est plat de bout en bout, on ne comprend pas vraiment le personnage qu’était Sade, car même Daniel Auteuil n’a pas su rendre la complexité du caractère du marquis. On attend vainement qu’il se passe quelque chose d’épice et, soudain, on voit apparaître le générique de «fin». Ce qui n’aide pas, c’est que la promotion donne une toute autre impression sur l’orientation suivie par l’histoire. Véritablement décevant. l La vie est tranquille, de Robert Guediguian. Le réalisateur de Marius et Jeannnette nous avait habitués à des films parlant de gens ordinaires vus dans d’extraordinaires circonstances. Ici, il pousse les limites trop loin, vu que les circonstances ne sont plus extraordinaires, elles deviennent absurdes, gênantes et peu crédibles. Les personnages ne sont même pas attachants, le spectateur s’en désintéresse totalement. En plus de ces défauts, La vie est tranquille souffre du même grippage que de nombreux films actuels : il est beaucoup trop long. l Merci pour le chocolat, de Claude Chabrol. Le film est une agréable surprise : il est réalisé à la manière d’une pièce de théâtre avec toutes les règles de la scène, les personnages jouent de manière théâtrale, plus comme des comédiens que des acteurs. De plus, Isabelle Huppert est formidable et très bien dirigée dans le rôle de la belle-mère quasi meurtrière. Le scénario est original, le contexte aussi. Et Jacques Dutronc, dans le rôle principal, est fameux. l Brother, de Takeshi Kitano : on attendait avec impatience ce film de Kitano qui avait remporté le Lion d’or pour son film Hana-Bi depuis quelques années à Venise. Hana-Bi était un film émotionnellement acide, violent mais bien dosé. Ici, Kitano semble avoir perdu la tête ; à force de vouloir dénoncer la violence, il l’a poussée tellement à l’extrême qu’il en fait presque la promotion. On voit trop de sang, trop de morts, trop de violence, et c’est déplaisant. Certains moments ressemblent au Reservoir Dogs de Quentin Tarantino, mais la subtilité qu’on peut apprécier dans les films de ce dernier manque ici à l’appel parce que la violence peut facilement être mal interprétée. Brother est un film qui frise le mauvais goût, on va même jusqu’à en oublier le talent de Kitano. C’est dommage. l The Man Who Cried, de Sally Potter. C’était l’un des films les plus attendus du festival, donc l’opinion critique est tombée de haut. La distribution avait contribué à la bonne réputation du film avec Johnny Depp, Christina Ricci (réunis encore une fois après Sleepy Hollow de Tim Burton), Cate Blanchett et John Turturro. Ce sont ces derniers qui sont excellents grâce à un talent comique appréciable : ils interprètent deux artistes excentriques et loufoques ! Ricci par contre est mièvre et un peu déplacée dans sa prestation, le film dure deux heures mais aurait transmis le même message s’il était de trente minutes ! Une véritable déception... Hélas !
La sélection de Venise 2000 était très diversifiée mais n’a suivi aucune tendance particulière. Bien que le cinéma ait été à l’honneur dans le palmarès, la qualité des films n’était pas supérieure. Aucun long métrage, même parmi les films lauréats, n’était exceptionnel. Raya Abi Rached parle des films européens et asiatiques. l Sade, de Benoît Jacquot. L’adaptation d’un épisode de la vie du marquis de Sade est aussi difficile que celle qui permet de porter à l’écran un livre de Marcel Proust, et on ne peut pas dire que Benoît Jacquot ait été à la hauteur du défi. Le film est plat de bout en bout, on ne comprend pas vraiment le personnage qu’était Sade, car même Daniel Auteuil n’a pas su rendre la complexité du caractère du marquis. On attend vainement qu’il se passe quelque chose...