La directrice du théâtre Monnot, Aimée Boulos, et son directeur artistique Paul Mattar ont tenu hier une conférence de presse, rue de l’Université Saint-Joseph, pour l’annonce du programme de la saison culturelle 2000-2001. Une saison presque entièrement bouclée (à 80 %), une poignée de spectacles restant en négociation. Car «le marché du théâtre au Liban n’est pas encore tout à fait professionnalisé, et l’un des buts de notre théâtre est de contribuer à la professionnalisation du métier de la production théâtrale», comme l’a souligné Paul Mattar. Démarrage en beauté, mardi 3 et mercredi 4 octobre, du programme de la grande salle du Monnot, avec un spectacle d’une grande originalité, Pièces courtes de Samuel Beckett, par la prestigieuse compagnie française le théâtre du Shaman (Lyon). Il s’agit de cinq «dramaticules» qui ont été rarement interprétées dans le monde, et dont une (Impromptu d’Ohio ) sera jouée en arabe par l’Égyptien Ahmah el Kaii. Dans le cadre du festival Les Portes de la Méditerranée (Italie), un groupe d’étudiants libanais, italiens, tunisiens, albanais et français – ayant participé à un long travail de stage dirigé par le metteur en scène italien Marco Baliani – présenteront, les 14 et 15 octobre, Sakrificë. Un spectacle tout en mouvement, à cheval entre théâtre, danse et arts plastiques, coproduit par l’Iesav et par l’Ente Theatralo Italiano. Ikhraj éd aa’ili (extrait d’état civil familial) de Lina Saneh est une adaptation du Retour au désert de Bernard-Marie Koltès. La pièce sera interprétée du 26 octobre au 5 novembre par Rabih Mroueh, Abla Khoury, Raëd Yassine, Mounzer Baalbaki et Maya Zbib. Le Deuxième festival des musiques maqâmiennes-2000, dirigé par Nidaa Abou Mrad, se déroulera au théâtre Monnot et à l’Université du Saint-Esprit, Kaslik. Au programme : Illumination, un oratorio soufi de Nidaa Abou Mrad (Liban), les mercredi 1er, mercredi 8 et mercredi 15 novembre et Maqâm irâqi (chant et ensemble) avec Sahar Taha (Irak), mardi 21. Entre le 8 et le 16 décembre, la Compagnie de danse contemporaine lyonnaise Hallet Eghayan – qui organise chaque année des ateliers dans des écoles du Liban– présentera Le Secret de la clé. Un spectacle conçu et chorégraphié par Michel Hallet Eghayan et qui sera interprété par des artistes français mais aussi libanais, comme May Ogden-Smith. Rendez-vous avec Wajdi Mouawad Un des grands rendez-vous de l’année du théâtre Monnot sera la rencontre du public avec Wajdi Mouawad, jeune auteur, acteur et metteur en scène canadien d’origine libanaise, qui n’est plus à présenter et dont on peut être fier. Entre le 3 et le 18 février 2001, il présentera sa pièce Littoral qui avait obtenu un énorme succès critique et populaire depuis sa création en 1997 à Montréal, et lors de ses nombreuses tournées au Festival des francophonies en Limousin, au Festival d’Avignon et dans plusieurs pays d’Europe. Émotion garantie. Des conteurs de France, de Suisse, d’Inde, d’Italie, de Syrie et du Liban se relaieront sur la scène du Monnot, du 20 au 25 février, pour le Festival international du conte et du monodrame 2001 organisé en collaboration avec la Maison des cultures du monde (Paris). Cet événement sera clôturé par un spectacle collectif, Le Concours des Menteurs. Par ailleurs, des débats et des rencontres avec les conteurs seront proposés au public les après-midi, en même temps qu’il pourra visiter, sur place, un «Souk du conte». Là seront exposés divers accessoires de conteurs, notamment des objets africains utilisés par les griots. Des projections de films (du Centre de documentation de l’Institut du monde arabe) portant sur d’anciens conteurs sont également prévus au programme. Début mars, une mise en scène de Berge Fazlian, Le Crapaud d’Alexandre Najjar. Une pièce dédiée à ceux qui ont été confrontés à la «décadence effroyable de la justice». Acte 1 est une «opération Iesav» commencée en 1998 et qui consistait en des ateliers de lecture de textes de dramaturges français contemporains, animés par Nabil el Azan. En 1999, Le Renard du Nord de Noëlle Renaude avait été élu meilleur texte par le public présent lors de la «manifestation théâtrale» au cours de laquelle des extraits de plusieurs pièces de théâtre avaient été lus. Du 13 mars au 1er avril 2001, un groupe d’acteurs libanais – d’anciens étudiants qui avaient participé à ces ateliers de lecture – présentera cette pièce de Renaude, traduite et adaptée par Abdo Wazen et mise en scène par Nabil el-Azan. Marcel Maréchal et Jacques Weber Entre le 3 et le 8 avril, Marcel Maréchal donnera trois interprétations de la superbe pièce de Marcel Jouhandeau Lettres d’une mère à son fils. Avec, aussi, la voix de Madeleine Renaud. On se souvient du grand succès de la pièce On ne peut pas toujours être en apnée de la troupe Alias, présentée l’an dernier au Théâtre Monnot, dans une scénographie impressionnante. Les acteurs de cette incroyable troupe suisse nous reviendront, du 10 au 14 avril, dans une nouvelle création de danse-théâtre. Du 24 au 28 avril, Jacques Weber sera Seul en scène, comme l’indique le nom de sa performance. Il interprètera des textes de La Fontaine, de Duras, de Devos, de Rimbaud, de Courteline et de bien d’autres auteurs, selon que l’inspiration le lui soufflera. Hiya fi iyab al hob wal maout de Michel Jabre avait été interprétée il y a quatre ans, à l’Act du Monnot, par Carole Samaha et Joe Kodeih. Cette pièce sera reprise, du 1er au 20 mai, toujours avec Carole Samaha, mais pas forcément avec Kodeih. De fin mai à début juin, la Tunisie sera à l’honneur avec la Quinzaine culturelle tunisienne. Au menu : spectacles de danse, de chant et de théâtre ; musique, projections vidéo, expositions de peinture et de photographies. Toutefois, cette manifestation étant «lourde» côté budget, elle pourrait être remplacée par une pièce de théâtre tunisienne ou par une autre manifestation libano-tunisienne. D’autres spectacles pourraient allonger la liste des «festivités» du Théâtre Monnot. La direction est notamment en pourparlers avec la troupe arménienne Knar pour un spectacle de danse folklorique ; avec Nada Kano pour une nouvelle création de danse contemporaine et avec Rita Daccache, pour la mise en scène d’une pièce de Dostoïevski. Enfin, l’actrice et metteur en scène Françoise Guinoie est attendue – dans le courant de l’année – à l’Iesav, où elle dirigera un workshop de technique vocale. À cette occasion, elle pourrait aussi présenter au Monnot Les Contes de Maupassant. La petite salle du Monnot (théâtre de poche baptisé L’Act) a elle aussi son programme. Trois confirmations seulement pour le moment : Gilgamesh, spectacle d’expression corporelle basée sur «l’écologie de la performance», dans une chorégraphie et une mise en scène de Roger Ghanem (du 28 novembre au 10 décembre) ; Zoo de nuit de Walid Abou Serhal (à partir de la mi-décembre) et Pour un homme seul (texte de Thérèse Aouad Basbous) mis en scène par Pierangelo Summa et interprété par Georges Hachem (février 2001). Enfin, pour les cinéphiles, le vidéo-club débutera fin octobre. Un programme chargé, de qualité, qui fait un bon équilibre entre production locale et ouverture sur les autres. À suivre, au jour le jour.
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