Cinq titres comme les cinq anneaux olympiques. C’est l’objectif visé par l’Américaine Marion Jones dont la campagne animera les épreuves d’athlétisme des Jeux de Sydney, vendredi, dès la journée d’ouverture. 100 m, 200 m, longueur, relais 4x100 et 4x400 m : ce pari énorme, jamais réalisé par une femme aux Jeux, fera évidemment de l’ombre. À l’ex-King, son compatriote Carl Lewis, qui du fond de sa retraite supporte mal que «Little Marion» puisse surpasser ses quatre médailles d’or de Los Angeles en 1984. Mais aussi aux stars actuelles du tartan, les «fusées» américaines que sont Maurice Greene et Michael Johnson, et même Cathy Freeman qui porte sur ses épaules l’espoir de l’Australie en général et des Aborigènes en particulier. Même le classement des nations passera au second plan, une lutte dont les représentants de la bannière étoilée devraient une nouvelle fois sortir vainqueurs. Pour parvenir à son but, Jones devra œuvrer durant six jours : enchaîner les séries, quarts, demis et finales en sprint, goûter au sautoir de la longueur pour enfin recevoir le témoin et compléter victorieusement les relais. Pas de quoi troubler pourtant son sommeil. L’actuelle reine du sprint est sûre de son fait : «Je vous assure qu’il n’y a pas de place au doute et à l’hésitation, affirmait-elle à son arrivée dans la cité olympique. J’ai 24 ans, ce sont mes premiers Jeux et j’ai bien l’intention d’en apprécier chaque instant». Les critiques et les sceptiques, ceux qui doutent de ses capacités à remplir sa mission, principalement en raison de ses lacunes et ses déboires sur le sautoir, elle s’en moque. Sans jamais perdre son sang-froid, elle répète qu’elle a tiré les leçons de sa mésaventure de Séville, ce «coup de foudre» qui l’avait abattue en plein 200 m des championnats du monde. Elle rappelle aussi qu’elle a déjà bondi plus loin que la majorité de ses futures rivales et qu’un seul saut lui suffit pour vaincre... Forcé par la blessure à réduire ses ambitions au 400 m, Michael Johnson, le héros d’Atlanta, souhaite quand même laisser son empreinte sur les Jeux du millénaire, ses derniers, en route vers une préretraite annoncée. La meilleure façon, il la connaît : battre son record du monde (43’’18) pour devenir le premier homme à boucler le tour de piste en moins de 43 secondes. Pour cela, le Texan à la moustache sévère chaussera des pointes encore plus dorées qu’à Atlanta puisque la nouvelle paire est tout bonnement incrustée d’éclats d’or de 24 carats ! Comme pour Johnson, la blessure a brisé les espoirs de Greene de glaner trois pépites. Pas de 200 m pour l’homme le plus rapide de la planète mais un 100 m qu’il veut transformer en «un show que vous n’oublierez jamais» avant le relais qu’il souhaite disputer avec ses «potes» d’entraînement. Plusieurs ombres figurent toutefois au tableau : les caprices du vent et l’expérience du passé qui montrent que les favoris ont chuté tant à Barcelone qu’à Atlanta. Revanches d’Atlanta À 27 ans, Freeman a enfin l’occasion d’ajouter les lauriers olympiques du 400 m à ses deux couronnes mondiales. Et d’embraser les cœurs de ses compatriotes comme elle a enflammé la vasque olympique une semaine plus tôt. Ses chronos parlent en sa faveur. Elle se dit prête pour la tâche, pour négocier ses retrouvailles avec la Française Marie-José Pérec, la gazelle qui l’avait battue à Atlanta et qui joue désormais les divas en se couvrant de mystère. Elle est même prête à défier «Madame» Jones en personne, sur 200 m et à l’arrivée du relais 4x400 m. «Je compte sur Marion pour me permettre de courir plus vite que jamais», avouait-elle avec sérénité à quelques jours de son entrée pour y affronter les regards de 110 000 spectateurs. Sydney sera également l’occasion d’adieux de quelques géants des stades, des trentenaires qui courent et sautent après leur passé. Comme le Canadien Donovan Bailey, l’homme le plus rapide d’Atlanta, et le perchiste Serguei Bubka, ex-roi des hauteurs, qui s’entêtent à croire en un dernier coup d’éclat. Autre trentenaire mais plus rapide que jamais, l’Américaine Gail Devers a toutes les chances de garnir son palmarès d’un titre olympique sur 100 m haies, celui qui lui a échappé tant à Barcelone qu’à Atlanta. Les adieux d’Ottey Moins aisée s’annonce aussi la défense du titre de Haile Gebreselassie sur 10 000 m. L’Éthiopien a la foulée moins bondissante et comptera sur des chaussures spéciales pour calmer ses douleurs plantaires. À 40 ans, Merlene Ottey fera ses adieux dans un climat très controversé depuis son retour en grâce et une sélection discutable. Mais même les problèmes de la belle Jamaïcaine, gazelle du circuit depuis 20 saisons, ne semblent pas de taille à faire de l’ombre à Jones. À moins que la chasse aux tricheurs, renforcée comme jamais, ne fasse quelques victimes de choix...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Cinq titres comme les cinq anneaux olympiques. C’est l’objectif visé par l’Américaine Marion Jones dont la campagne animera les épreuves d’athlétisme des Jeux de Sydney, vendredi, dès la journée d’ouverture. 100 m, 200 m, longueur, relais 4x100 et 4x400 m : ce pari énorme, jamais réalisé par une femme aux Jeux, fera évidemment de l’ombre. À l’ex-King, son compatriote Carl Lewis, qui du fond de sa retraite supporte mal que «Little Marion» puisse surpasser ses quatre médailles d’or de Los Angeles en 1984. Mais aussi aux stars actuelles du tartan, les «fusées» américaines que sont Maurice Greene et Michael Johnson, et même Cathy Freeman qui porte sur ses épaules l’espoir de l’Australie en général et des Aborigènes en particulier. Même le classement des nations passera au second plan, une lutte...