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Actualités - Reportages

Les Services dans la mêlée

Répondant à une question sur les différentes pressions exercées sur les candidats, M. Abou Aoun a affirmé que «tous ceux parmi eux qui tenaient un discours n’allant pas dans le sens du discours politique actuel avaient été victimes d’atteintes et de violations au niveau des droits de l’homme», à l’exemple du général Paul Pharès dont deux proches, le cousin et le chauffeur, ont été arrêtés et les filles menacées. M. Abou Aoun a par ailleurs remarqué que même certains candidats, «pourtant intégrés au système actuel», avaient été victimes de l’interventionnisme comme MM. Hussein Yatime et Rabiha Keyrouz. «Les irrégularités ont été faites avant le jour du scrutin. Il y a eu des pressions et des violations étudiées, savamment préparées... Ils ont tiré les leçons de l’expérience de 1996», explique M. Aouad. «Beaucoup de candidats qui, en public, ont parlé d’élections intègres et équitables, nous ont dit tout autre chose en privé, se plaignant d’interventions et d’irrégularités», a-t-il indiqué. M. Aouad fait état aussi de pressions sur des citoyens, dans le cadre de leur travail. «Les services savent exactement qui vote où. On contacte certaines familles pour leur rappeler que si un certain quota de voix en faveur de tel ou tel candidat dans une urne déterminée n’est pas assuré, ils ne doivent alors s’en plaindre qu’à eux-mêmes», a-t-il poursuivi. Quant aux différents services de renseignements libanais, « une demi-douzaine», et syriens, «ils sont intervenus à différents niveaux, dans la formation des listes, en empêchant certaines alliances électorales ou en les imposant, en parachutant certains candidats dans des circonscriptions dans des buts électoraux», selon M. Achkar. «Est-ce en rapport avec la nature militaire du régime?», s’est-il interrogé. «Ces services ou des éléments individuels se prévalant de leurs uniformes sont intervenus dans tous les mohafazats du pays. À quelques exceptions près au Mont-Liban et au Sud, ils sont intervenus les uns contre les autres, les services libanais entre eux, les services libanais contre les services syriens. Il y a donc eu une neutralisation de facto, sauf dans quelques endroits comme au Metn, à Baabda-Aley, où les interventions ont été effectuées dans un même sens», a-t-il estimé. M. Achkar a par ailleurs dénoncé «l’incompréhension totale de ce que signifie le rôle de l’État, déplorant son incapacité à assurer un climat permettant à toutes les listes concurrentes, indépendamment de leurs poids, de tenir un meeting ou toute autre activité publique sans subir la terreur d’un groupe ou d’un autre». «La loi interdit aux fonctionnaires civils ou militaires d’utiliser leur fonction dans des buts électoraux. Or, M. Murr a reconnu que la loi encourageait les fonctionnaires à se comporter ainsi. L’utilisation de la fonction publique est un crime puni par la loi», a-t-il insisté. Et d’ajouter que le rôle de l’État est «de protéger les centres électoraux et les bureaux de vote qui doivent être des oasis de sécurité sous le pouvoir du chef du bureau, pour un choix libre du citoyen». «Aucune propagande à l’intérieur du bureau et des centres électoraux ne doit être permise. Il s’agit d’empêcher la monopolisation, voire la prise d’assaut des bureaux de vote par une seule partie comme à Bourj Hammoud, au Sud, à Bteghrine ou à Baalbeck-Hermel. L’État a, soit laissé faire, soit participé à ses violations», a-t-il insisté. Selon M. Abou Aoun, «des personnalités influentes au Nord ont utilisé les services publics dans le cadre de leur campagne et, d’autres, les municipalités dans d’autres régions». M. Aouad a de son côté mis l’accent sur la violation flagrante de la loi qu’est la permission octroyée aux naturalisés de voter. «Ils n’ont pas le droit de voter… Pour cela, il faut pouvoir bénéficier de droits civiques selon la loi, or les naturalisés n’en ont pas et ne peuvent en avoir que dix ans après leur naturalisation. Ils constituent une carte aux mains de certaines personnes», a-t-il affirmé. Enfin, les trois associations ont évoqué la problématique posée par les listes et les cartes électorales, et le projet de loi sur le droit de vote à 18 ans, «qu’il faut adopter à tout prix», selon M. Achkar. Selon l’ALDE, le corps électoral doit être déterminé «objectivement» au moment où les listes sont remises à jour en février et mars de chaque année. L’association souhaite aussi ouvrir le débat concernant le lieu de vote. «Le Libanais doit avoir la possibilité de voter, soit dans son lieu de résidence, soit dans son lieu de naissance», affirme M. Achkar. D’autres propositions aussi et d’autres remarques : la nécessité de magnétiser et d’informatiser tout ce qui est en rapport avec la phase du scrutin (listes et cartes électorales), de pousser les citoyens à demander des comptes à leurs représentants en fonction de leurs programmes, «inexistants», selon M. Aouad. Les transports publics devraient être gratuits le jour des élections, et l’utilisation anarchique du panneau d’affichage devrait être interdite. Le recours à l’isoloir a été moins respecté qu’en 1996, notamment au Liban-Sud, et doit faire également l’objet d’une campagne de prise de conscience, selon les associations. Enfin, l’ALDE suggère des stages de formation pour les représentants des listes par des instructeurs. «Si toutes les listes ont des représentants formés dans tous les bureaux, il n’est plus besoin d’ un organisme pour contrôler ces élections. Si, cette fois, il y a peu de recours en annulation devant le Conseil constitutionnel et si les résultats ont été si peu contestés, ce n’est pas parce que l’État a été correct... Quand il y aura des représentants de toutes les listes dans tous les bureaux de vote, il n’y aura plus de possibilités de fraude dans le décompte des voix. C’est là que finira une partie du travail de l’association», a conclu M. Achkar.
Répondant à une question sur les différentes pressions exercées sur les candidats, M. Abou Aoun a affirmé que «tous ceux parmi eux qui tenaient un discours n’allant pas dans le sens du discours politique actuel avaient été victimes d’atteintes et de violations au niveau des droits de l’homme», à l’exemple du général Paul Pharès dont deux proches, le cousin et le chauffeur, ont été arrêtés et les filles menacées. M. Abou Aoun a par ailleurs remarqué que même certains candidats, «pourtant intégrés au système actuel», avaient été victimes de l’interventionnisme comme MM. Hussein Yatime et Rabiha Keyrouz. «Les irrégularités ont été faites avant le jour du scrutin. Il y a eu des pressions et des violations étudiées, savamment préparées... Ils ont tiré les leçons de l’expérience de 1996»,...