Croatie Le nouveau gouvernement prévoit une escalade du terrorisme politique
le 14 septembre 2000 à 00h00
La politique résolue du nouveau gouvernement croate contre les criminels de guerre lui fait courir le risque de réactions des extrémistes qui ont prouvé qu’ils pouvaient recourir à la violence en assassinant fin août un homme ayant accusé l’armée croate de crimes commis contre des civils serbes. Le Premier ministre Ivica Racan a récemment confié à la presse que «dans la période à venir, il y aura probablement une escalade du terrorisme politique en Croatie». Le gouvernement démocratique installé au début de l’année a mis fin à l’obstruction à l’égard du Tribunal pénal international (TPI) et cette coopération a culminé avec l’arrestation mardi par la police croate de deux généraux à la requête du tribunal. Déjà après l’arrestation la semaine dernière en Croatie de deux Croates de Bosnie pour crimes de guerre, le vice-président du gouvernement Goran Granic avait proposé que le TPI se saisisse de leur cas, une initiative approuvée par le président Stipe Mesic. L’extrême droite a réagi ces derniers mois contre ce qu’elle considère comme une trahison, par des déclarations virulentes et des manifestations contre le TPI ou des déprédations de monuments antifascistes. Une étape a été franchie fin août avec l’assassinat dans un attentat à la bombe de Milan Levar, un Croate qui accusait l’armée croate de crimes contre des civils serbes en 1991. Levar avait été entendu par des enquêteurs du TPI en 1997. «Levar n’est qu’un cas parmi beaucoup d’autres, bien que le plus retentissant depuis le changement de pouvoir. La violence politique est plutôt une constante ici», explique Zoran Pusic, chef du Comité croate pour les droits de l’homme. «Il est clair que ceux qui ont commis des crimes se sentaient à l’abri», ajoute M. Pusic, évoquant les crimes contre des civils lors du conflit serbo-croate de 1991 à 1995. Lors des offensives croates, tempête et Éclair, qui ont mis fin à la guerre, de 120 à 400 civils serbes ont été tués. 25 militaires croates ont été jugés, trois peines avec sursis prononcées. Pour M. Pusic, ceux qui au plus haut niveau ont été impliqués dans des crimes de guerre et bénéficiaient de l’impunité sous l’ancien régime nationaliste du président Tudjman craignent maintenant d’être extradés à La Haye, siège du TPI. Il n’y a pas eu encore d’inculpations officielles mais des noms circulent dans les médias et certaines organisations de défense des droits de l’homme, y compris ceux de plusieurs généraux. M. Pusic juge crédible le scénario de groupes d’extrême droite recourant à la violence pour créer le chaos et l’instabilité, aidés par la crise économique et le chômage. Et il critique le gouvernement pour sa répugnance apparente à s’attaquer énergiquement aux criminels de l’ancien régime de crainte d’être accusé de «revanchisme». «Nous sommes tous les otages et les victimes d’un autre revanchisme, celui des voleurs et des meurtriers maintenant que leurs protecteurs ont perdu le pouvoir», estime M. Pusic.
La politique résolue du nouveau gouvernement croate contre les criminels de guerre lui fait courir le risque de réactions des extrémistes qui ont prouvé qu’ils pouvaient recourir à la violence en assassinant fin août un homme ayant accusé l’armée croate de crimes commis contre des civils serbes. Le Premier ministre Ivica Racan a récemment confié à la presse que «dans la période à venir, il y aura probablement une escalade du terrorisme politique en Croatie». Le gouvernement démocratique installé au début de l’année a mis fin à l’obstruction à l’égard du Tribunal pénal international (TPI) et cette coopération a culminé avec l’arrestation mardi par la police croate de deux généraux à la requête du tribunal. Déjà après l’arrestation la semaine dernière en Croatie de deux Croates de Bosnie pour...
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