On a peine à se figurer que les montagnes de Phénicie, actuellement pelées et pierreuses, étaient autrefois couvertes de forêts descendant jusque dans la plaine ; la côte ne connaissait pas alors les conséquences du déboisement ; le débit des fleuves, partant l’irrigation source de la fertilité, était régularisé, et la période de sécheresse des cours d’eau très réduite. Comme le roc affleure presque partout le sol en Phénicie, il y avait deux sortes de culture : les céréales, dans les plaines d’alluvions, les cultures arbustives : palmiers, vignes, oliviers, etc. dans les terrains pierreux où toute autre exploitation était impossible. Les Carthaginois s’adonnaient aux mêmes cultures que les Phéniciens, et deux d’entre eux, Hamilcar et Magon, composèrent des ouvrages sur l’agriculture qui eurent à l’époque une grande célébrité. Il est impossible quant à présent d’identifier ces deux auteurs, car ils portent des noms extrêmement répandus chez les Carthaginois, mais la renommée de Magon était telle qu’à la prise de Carthage, le Sénat romain fit traduire ses œuvres en latin ; elles sont perdues aujourd’hui, quoique l’on puisse supposer que le fond des Géoponiques, compilation de Cassianus Bassus du IVe siècle est emprunté à l’ouvrage de Magon. L’eau potable – Le problème de l’alimentation en eau potable, qui s’est posé à tous les peuples, a été résolu par les Phéniciens d’une façon que nous connaissons en partie grâce aux vestiges archéologiques qui sont parvenus jusqu’à nous. Dans la plupart des installations phéniciennes primitives situées dans les îles, l’eau de boisson était l’eau de pluie recueillie dans des citernes. À Tyr, c’était l’eau des sources de Ras el-Aïn, à proximité de la ville, que des conduites amenaient jusqu’en face de l’île. Mais nous savons par une lettre d’Abimilki, roi de Tyr, au pharaon Aménophis III, que la ville n’avait plus que ses citernes pour l’approvisionner en cas de siège. Les habitants d’Arvad faisaient usage d’une source d’eau jaillissant en pleine mer. Au dire de Strabon, ils appliquaient sur l’orifice une cloche de plomb d’où partait un tuyau de cuir par lequel l’eau douce était recueillie, précieuse ressource en temps de guerre quand l’ennemi occupait la côte face à l’île, et que les habitants utilisent, dit-on, encore aujourd’hui. Le reste du temps, ils emmagasinaient l’eau de pluie dans des réservoirs.
On a peine à se figurer que les montagnes de Phénicie, actuellement pelées et pierreuses, étaient autrefois couvertes de forêts descendant jusque dans la plaine ; la côte ne connaissait pas alors les conséquences du déboisement ; le débit des fleuves, partant l’irrigation source de la fertilité, était régularisé, et la période de sécheresse des cours d’eau très réduite. Comme le roc affleure presque partout le sol en Phénicie, il y avait deux sortes de culture : les céréales, dans les plaines d’alluvions, les cultures arbustives : palmiers, vignes, oliviers, etc. dans les terrains pierreux où toute autre exploitation était impossible. Les Carthaginois s’adonnaient aux mêmes cultures que les Phéniciens, et deux d’entre eux, Hamilcar et Magon, composèrent des ouvrages sur l’agriculture qui eurent à...
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