Un fait divers survenu en France récemment et le procès qui a suivi ont forcé l’attention générale à réaliser que, face à la maladie d’Alzheimer, le monde actuel est totalement désarmé. Aucun traitement efficace n’est capable d’arrêter définitivement la progression du processus destructeur de l’affection. Manque de structures d’accueil spécialisées pour prendre en charge les victimes devenues des épaves inconscientes. Manque aussi de connaissances scientifiques permettant d’établir une prévention ou un traitement efficace contre cette lente descente vers l’anéantissement total de la personnalité du sujet atteint. Le procès en question concernait un homme, époux exemplaire et compagnon aimant, qui après s’être dévoué, corps et âme, six années durant aux côtés de son épouse atteinte de la maladie d’Alzheimer, a fini par la tuer de quatre coups de revolver. «Pour abréger ses souffrances et celles de la famille», a-t-il expliqué. L’homme a été placé sous contrôle judiciaire, avec l’obligation d’être suivi par un psychologue qui devra l’empêcher de se faire justice lui-même... L’entourage des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer est confronté à des difficultés parfois insurmontables. Car il arrive fatalement un moment où le malade ne peut plus être gardé à domicile. On estime que cette affection frappe 5% des personnes de plus de 65 ans. Avec la prolongation de la durée de l’existence, ces victimes sont de plus en plus nombreuses, ce qui constitue un problème grave, autant médical que social. L’atteinte débute par des troubles de la mémoire, évoluant progressivement vers la perte de toutes les fonctions intellectuelles. Les traitements actuels ne permettent pas d’enrayer l’évolution pathologique qui conduit , en moyenne, de 8 à 10 ans plus tard à un état de dépendance totale, nécessitant soins et surveillance permanents. L’épreuve pour l’entourage proche est particulièrement douloureuse. L’incommunicabilité du sujet est totale, devenu incohérent, dangereux même, pour les autres comme pour lui-même. Face à cette situation, même dans les pays nantis aux structures et aux systèmes sociaux savamment plannifiés, on se trouve dépourvu de moyens adéquats pour faire face réellement à ce grave problème, prenant en charge un nombre de plus en plus croissant de personnes atteintes. D’autant plus que le vieillissement des populations s’est accéléré au cours du dernier quart du XXe siècle. Les progrès médicaux, la diffusion de notions d’hygiène, la prévention sociale y sont pour beaucoup dans ce prolongement de l’existence. L’envers de la médaille Même dans les pays nantis, le manque de structures d’hébergement pour les malade d’Alzheimer est flagrant. Il est également aggravé par la pénurie des services de soins à domicile et le prix trop élevé de l’hébergement médicalisé. Ainsi, même dans les pays évolués, on évalue à plus de 64% les malades vivant à domicile, contre 14% en institutions psychiatriques et le reste en maisons de retraite. Le problème donc est général. Le monde (puisque autant les pays avancés que les autres) se trouve désarmé devant la maladie d’Alzheimer. La carence en structures d’accueil spécialisées et abordables est flagrante et générale. La différence toutefois c’est que dans les pays développés les soins spécifiques sont entièrement pris en charge par l’État. Seul l’hébergement étant à la charge des familles. Mais indépendamment du côté financier, c’est une terrible épreuve pour les proches de constater jour après jour le naufrage d’un des leurs... «L’aidant, a-t-il été dit au cours de l’affaire du meurtre de l’épouse malade par son mari, est la victime cachée de la maladie d’Alzheimer. Il est révolté, déchiré par la maladie de son épouse et surtout par le manque de réponse appropriée à son besoin d’aide...»
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