Plaidoyer pour la sauvegarde des derniers brise-lames et du bassin d'évacuation
le 12 septembre 2000 à 00h00
Certes, le mur des brise-lames millénaires ne se voit plus aujourd’hui. Ce ne sont plus que quelques rochers qui pointent comme des champignons entre les pierres blanches. Mais il reste encore une partie au nord de la languette, que le remblai n’a pas encore ensevelie. Par conséquent, il est possible d’assurer la conservation de ces vestiges qui illustrent le génie des anciens dans l’architecture maritime. Car ils étaient aménagés pour empêcher l’ensablement du port de Saïda. En fait, ce dernier souffre depuis des millénaires et jusqu’aujourd’hui d’un ensablement continu nécessitant un dragage annuel. Le problème a été accentué dans les années 40, suite à la construction de la jetée en béton visant à agrandir le port des pêcheurs. Afin de régler ce problème majeur, les autorités de l’époque ont fait appel à des spécialistes pour étudier, par des photos aériennes et sous-marines, les origines du problème. Ce dernier était dû aux courants maritimes orientés sud-ouest qui déposent le sable au fond du port. Or, les anciens avaient réglé la question de l’ensablement en aménageant les brise-lames. Le grand archéologue français, Jean Lauffray, a étudié les fondations antiques du port et a compris le rôle des deux bassins taillés dans la languette rocheuse. Dans son article, Les aménagements antiques du port de Saïda, recherches effectuées en collaboration avec le RPA Poidebard, M Lauffray explique les procédés antiques évitant l’ensablement. «Les ingénieurs de l’Antiquité utilisaient divers procédés pour prévenir l’ensablement des ports. Les principaux étaient la construction de brise-lames discontinus et la création d’ouvrages créant des “chasses d’eau”, qui sont “les bassins de chasse” datant de l’Antiquité. En fait, par mer forte, les vents dominants gonflent la houle. Dans ces conditions, le niveau de la pleine mer au sud est parfois supérieur d’un mètre au niveau de l’eau du port. Mais les vagues, qui se brisaient sur les languettes rocheuses et déversaient dans la darse, créaient un contre courant qui s’opposait à la pénétration des eaux boueuses dans le port par la passe d’entrée en contournant l’extrémité du môle nord. Et pour arrêter l’ensablement du port, les anciens avaient taillé deux bassins en pente vers la darse et deux goulets les prolongeant jusqu’à elle. Sur le côté ouest subsistent des témoignages incontestables d’une vanne très épaisse ayant une rainure verticale qui lui servait de glissière. Il est probable qu’elle était fermée en cas de tempête afin d’empêcher les vagues de venir agiter les eaux du port et ne pas permettre au sable de s’accumuler à l’intérieur». Le plus grand de ces deux bassins est malheureusement remblayé aujourd’hui, il ne reste plus que le plus petit aménagé dans le rocher à la limite nord de la languette. Il date de la période des Phéniciens. Ses vannes sont remplies de béton ce qui explique l’ensablement du port, et il risque d’être enseveli sous les remblais. Ce qui signifie la destruction totale d’un vestige naturel aménagé par l’homme datant des périodes les plus anciennes et donnant une petite idée de ce qu’était la Sidon des Phéniciens.
Certes, le mur des brise-lames millénaires ne se voit plus aujourd’hui. Ce ne sont plus que quelques rochers qui pointent comme des champignons entre les pierres blanches. Mais il reste encore une partie au nord de la languette, que le remblai n’a pas encore ensevelie. Par conséquent, il est possible d’assurer la conservation de ces vestiges qui illustrent le génie des anciens dans l’architecture maritime. Car ils étaient aménagés pour empêcher l’ensablement du port de Saïda. En fait, ce dernier souffre depuis des millénaires et jusqu’aujourd’hui d’un ensablement continu nécessitant un dragage annuel. Le problème a été accentué dans les années 40, suite à la construction de la jetée en béton visant à agrandir le port des pêcheurs. Afin de régler ce problème majeur, les autorités de l’époque ont...
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